The Booth at the End // Saison 1. 5 épisodes.
BILAN
Je ne suis pas un spécialiste des web-séries et à raison puisque ce n'est pas un format que j'aime généralement. D'une part car le temps n'est pas suffisant pour raconter des histoires mais
d'autre part car les productions sont souvent très amateurs et médiocrement écrites. Je reçois parfois des recommandations de votre part très chers lecteurs et je suis content de mettre la main à
la patte afin de découvrir ce qui vous anime vous aussi. Je me suis donc lancé dans la première saison de The Booth at the End, une web-série de plusieurs épisodes recoupés en 5 épisodes de 20
minutes. Nous allons donc suivre au fur et à mesure des épisodes les histoires des gens qui ont besoin de l'aide de ce fameux Homme imposant incarné par le très bon Xander Berkeley (récemment vu
dans Nikita ou encore 24). Toutes les histoires racontées ne sont pas forcément intéressantes mais il y a quelque chose d'assez bien construit avec une suite petit à petit des évènements qui se
déroulent.
Imaginez un resto routier américain typique, des gens sont installés au bar et discutent, et au fond de la salle, assis à une table, se trouve un homme. Des inconnus viennent le voir
régulièrement, ils discutent avec lui quelques minutes et repartent immédiatement après. Certains partent énervés, d’autres rassurés ou bouleversés. Cet homme, grâce à son mystérieux
carnet, peut vous permettre de réaliser vos souhaits les plus insensés. Il vous suffira juste d’accomplir une mission en échange.
J'ai
beaucoup apprécié la petite histoire de Sister Carmel. Surtout parce que cette dernière est incarnée par l'excellente Sarah Clarke (24, Covert Affairs) mais aussi parce que son histoire est
vraiment intéressante. En effet, elle va devoir tomber enceinte alors qu'elle est une bonne soeur tout cela pour entendre Dieu de nouveau. Il y a tellement de paradoxe dans ce que je viens de
dire mais ce paradoxe est rapidement effacé avec le côté assez touchant de l'histoire en elle même. Du coup, on peut aussi parler d'Allen, le flic qui va se retrouver à faire toutes sortes de
choses pour venir à bout de son rêve. Jack Conley (Angel, Sons of Anarchy) lui donne un ton très intéressant. Le fait que la web-série ne se déroule que dans le diner et ne nous laisse pas voir
les actions des divers intervenants nous permet de mieux les imaginer. C'est presque encore plus sadique mais au moins The Booth at the End ne fait pas de problème d'interprétation. Chacun est
libre de comprendre ce qu'il voit comme le ressent.
Il y avait également Doris, qui au bout de ces 5 épisodes, semble encore avoir des choses à raconter. Incarnée par la charmante Jenni Blong (Big Love, True Blood), elle nous offre une prestation
légère et apporte une sorte de futilité à la série. C'est aussi ce que j'ai trouvé d'assez intéressant durant cette première saison. Nous avons tout type de personnages, des plus méchants aux
plus gentils et c'était réellement intéressant. Il y avait même des gens désespérés comme cette vieille dame qui a dû construire une bombe et la faire exploser afin de pouvoir retrouver son mari.
Je pense que The Booth at the End tente aussi de nous plonger dans le "ce que l'on est prêt à faire pour avoir quelque chose". C'est une série qui pousse assez loin le vice et c'est à mon sens
pour cela qu'elle est réussie car elle fait réfléchir le téléspectateur qui se demande si lui aussi il pourrait être capable de faire ces terribles choses uniquement par orgueil.
Note : 5.5/10. En bref, sans être parfaite cette web-série pose de vraies questions existentielles sur l'homme et ce dont il est capable pour accéder à ses rêves. L'homme
régissant le propos même de la série impose un charisme prenant et la série n'en est donc que plus charmante.
