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Jean de LA FONTAINE : L’Oiseleur, l’Autour et l’Alouette

Par Unpeudetao

   Les injustices des pervers
   Servent souvent d’excuse aux nôtres.
   Telle est la loi de l’univers ;
Si tu veux qu’on t’épargne, épargne aussi les autres.

Un Manant au miroir prenait des Oisillons.
Le fantôme brillant attire une Alouette.
Aussitôt un Autour planant sur les sillons
   Descend des airs, fond et se jette
Sur celle qui chantait, quoique près du tombeau.
Elle avait évité la perfide machine,
Lorsque se rencontrant sous la main de l’Oiseau
   Elle sent son ongle maline.
Pendant qu’à la plumer l’Autour est occupé,
Lui-même sous les rets demeure enveloppé.
Oiseleur laisse-moi, dit-il en son langage ;
   Je ne t’ai jamais fait de mal.
L’Oiseleur repartit : Ce petit animal
   T’en avait-il fait davantage ?

Jean de LA FONTAINE (1621-1695).

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