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Mortalité infantile: Atlantico raconte-il n'importe quoi ?

Publié le 23 octobre 2012 par Juan
Mortalité infantile: Atlantico raconte-il n'importe quoi ?
Le fait divers a choqué. Vendredi 21 octobre, une femme a accouché dans sa voiture, sur l'autoroute A20, faute de parvenir à temps à la maternité de Brive, en Corrèze, à une heure de son domicile. Elle a perdu son bébé.
Et l'accident rappelle l'importance de la médecine de proximité, en particulier pour les accouchements. Même François Hollande s'en est ému.
Quelques esprits contradictoires ont cherché l'absence de corrélation entre l'équipement et la mortalité périnatale. Ainsi, Éric Verhaeghe pour Atlantico, conclut-il: « Une étude de l’Insee de juin 2011 montre que, dans tous les cas, la mortalité périnatale frappe beaucoup plus durement les entités de plus de 200.000 habitants que les zones rurales : le taux passe presque du simple au double entre villes de moins de 20.000 habitants et grandes villes. Le fantasme d’une ruralité frappée par la mortalité à la naissance faute de maternités de proximité est donc sans fondement. »

Cette conclusion est formidablement... raccourcie. L'auteur oublie un facteur essentiel: les zones urbaines comprennent davantage de populations fragilisées, immigrées notamment, parmi lesquelles la mortalité périnatale est élevée.
Nous avons trouvé une étude de l'INSEE sur les facteurs de mortalité infantile, datée de 2011. Son auteur explique: « D’après l’analyse multivariée, la mortalité infantile est plus forte pour les jumeaux, les garçons, les enfants de mères de nationalité d’Afrique Noire, de mères de moins de 20 ans, de mères inactives ou de catégorie sociale inconnue, de pères ouvriers, de mères résidant dans des unités urbaines de plus de 200 000 habitants. »
Ouch... l'explication est plus vaste que l'improbable approximation de ce contributeur d'Atlantico.
Nous  avons cherché d'autres explications.
On s'est souvenu des grandes explications d'une ministre de la Santé devenue chroniqueuse sur une chaîne gratuite. Roselyne Bachelot, c'est son nom, justifiait sa réforme "Hôpital, patients, santé et territoires". Cette dernière ne faclitait, ni plus ni moins, la fermeture des établissements ensuite jugés non rentables. Depuis 2003, les hôpitaux n'étaient plus seulement financés par une dotation globale de fonction, mais également par la tarification de leurs actes de soin, la fameuse "tarification à l'activité". Une sacrée réforme qui permettait d'identifier les hôpitaux non rentables pour mieux les fermer ensuite. La loi Bachelot renforçait cette transformation des hôpitaux en entreprises. Les directeurs de CHU pouvaient désormais choisir leurs équipes comme ils le souhaitaient, et seraient évalués sur la « qualité des soins » et la rentabilité de l'établissement.
Puis la Sarkofrance s'est engagée dans un bel exercice de fermeture des établissements de proximité les moins « rentables ». En juillet 2010, la ministre hésite à signer le décret de fermeture d'une cinquantaine d'hôpitaux.
En juillet dernier, un rapport parlementaire aurait dû mettre le feu aux poudres.
Ses auteurs expliquaient que la T2A, qui concerne déjà 75% des actes hospitaliers, ne devraient pas être étendue aux quelques établissements qui y échappent encore (les hôpitaux locaux), faute de comptabilité analytique pertinente (en gros, c'est le bordel, on ne sait pas tarifer), et parce que c'est une méthode inadaptée à la ... médecine. Rien que ça !
Les hôpitaux publics ne sont pas « rentables ». Nicolas Sarkozy nous l'avait pourtant promis. Mais en 2011, les 1.200 établissements ont encore affiché 487 millions d'euros de déficit.
Qui osera réclamer davantage de fermetures ?


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