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ataya/thé/tea

Publié le 23 octobre 2012 par Mainsdoeuvres
Performance - installation vidéo
Ataya/thé/tea est un œuvre-parcours qui se construit au gré des rencontres. Trinity Session présentent la première étape de cette création, avec l'artiste invité Samuel Nja Kwa (France/Cameroun). Cet événement prendra forme dans l'espace public à Hilbrow (Johannesburg), avec une cérémonie du thé performative, accompagnée d'une projection d'images et de vidéos.
ataya/thé/tea Découvir l'univers de la création sur l'émission de France Culture Ville-Monde "Johannesburg, périphéries et townships” • 7 octobre 2012

Ataya/thé/tea, une œuvre-parcours

... qui se construit au fil des rencontres ! Les temps forts si dessous sont conçus comme autant d'étapes de travail intermédiaires participant au développement de la création :

1/ En création • The Trinity Session depuis le 1er juillet 2012. Résidence de Samuel Nja Kwa (France/Cameroun) à Johannesburg du 11 au 21 novembre 2012.

2/ Cérémonie du thé • Performance et installation vidéo à Hilbrow (Johannesburg, Afrique du sud) le 15 novembre 2012, avec l'artiste invité Samuel Nja Kwa (France/Cameroun).

3/ Cycle de conférences "L'art dans l'espace public" • Organisé par The Trinity Session, du 16 au 19 novembre 2012.

4/ Séjour de repérage • Résidence de recherche à Mains d'Œuvres du 1er au 10 décembre 2012 : repérage de lieux pour une future cérémonie du thé, rencontres et découverte du territoire pour nourrir la création 2013.

5/ Rencontres • À Johannesburg, en vue de déterminer qui sera l'artiste invité (sud-africain) pour collaborer au projet en France en 2013.

6/ En création • Résidence à Mains d'Œuvres (Saint-Ouen, 93, France) : The Trinity Session + un artiste invité Sud africain, juin 2013.

7/ Cérémonie du thé • Performance et installation vidéo à Saint-Ouen (93, France) en collaboration avec un artiste invité Sud africain, juin 2013.

L'ensemble de ces événements et temps de résidences participeront à la production d'une installation visuelle et sonore adaptée à la diffusion dans l'espace public. Cette création sera diffusée en France, en Afrique du sud... et ailleurs, à partir de juillet 2013.

Les artistes "invités"

Pour cette première intervention à Johannesburg, Samuel Nja Kwa est invité à collaborer avec The Trinity Session sur l'installation vidéo qui sera projetée pendant la cérémonie du thé, et à documenter l'événement. À travers son regard, il proposera un portrait photographique de la cérémonie organisée à Johannesburg, qui sera intégré en tant que matériau pour la création d'une installation en juin 2013.
Samuel Nja Kwa, journaliste de formation, apprend la photographie en autodidacte. Il passe une partie de son enfance au Cameroun. Aujourd'hui, il vit et travaille à Paris comme photographe, en particulier dans le milieu de la musique sur la question de l'Africanité dans le jazz américain (cf. Route du Jazz), et sur la visibilité des Africains dans le cinéma français (cf. l'essai "Minorité visible, cinéma invisible" paru en octobre 2011). Lors de ses voyages en Asie et en Afrique, il a déjà photographié de nombreuses cérémonies du thé, en se concentrant sur les différents codes sociaux et culturels, l'histoire de la cérémonie, ou sur des aspects plus plastiques tels que la couleur et la texture du thé.

Les axes de création

L'immigration

Stephen Hobbs et Marcus Neustetter sont deux artistes d'Afrique du sud travaillant sur les problématiques d'immigration et d'apartheid. Le travail avec des communautés étrangères – notamment issues d'Afrique francophone - fait partie de leur processus de création depuis plusieurs années. Globalement, les interactions et les collaborations développées avec ces communautés ont donné à Marcus Neustteter et Stephen Hobbs une meilleure compréhension de leur propre ville.

Au delà de la taille que représente ces communautés à Johannesburg, ils portent leur attention sur la marginalisation due à la xénophobie et aux conditions dans lesquelles beaucoup d'étrangers vivent au cœur de la ville. The Trinity Session s'intéresse à la façon dont les migrants se sont appropriés et utilisent la ville de Johannesburg.

Pendant le régime de l'apartheid, Hillbrow était un melting-pot de la culture européenne avec des endroits comme « Le Café de Paris » qui répondait aux sensibilités eurocentriste de la classe moyenne de l'époque. Après le départ des résidents blancs de Hillbrow dans les années 80 et 90, le centre de Johannesburg est devenu le lieu de résidence non seulement de la population noire sud-africaine, mais aussi d'une large population venant d'autres régions du continent africain. Les cafés parisiens sont désormais remplacés - et ce n'est qu'un exemple - par des cantines sénégalaises qui répondent aux besoins d'une nouvelle clientèle d'Afrique de l'Ouest.

Tout comme les communautés d'Afrique francophones à Johannesburg, les villes de France comme Marseille, Lyon et Paris sont mis au défi de la ségrégation culturelle, de la redéfinition de l'espace culturel et socio-politique par rapport aux migrants. Là aussi, l'identité et l'intégration des différentes populations dans ces villes est remise en question.

C'est en partant de cette refonte et de ce repeuplement de la ville encore sous une forme d'apartheid que Hobbs / Neustetter travailleront sur le projet « Ataya / thé / tea », restant dans cette forme de recherche et de production qui leur est propre.

La cérémonie du thé

Le titre de ce projet se rapporte à cette tradition ouest-africaine de la prise du thé qui a été une cérémonie de bienvenue pour Hobbs / Neustetter, lors de leurs voyages dans des pays d'Afrique de l'Ouest francophone.

L'acte presque rituel de faire le thé n'a pas seulement la fonction de relier les gens, mais c'est aussi un geste de générosité et d'engagement. Contrairement à l'image négative de Hillbrow et aux dures réalités d'un paysage urbain complexe, boire du thé dans ce contexte social est un passe-temps réconfortant, un moment intime et personnel qui passe souvent inaperçu dans la survie quotidienne de ces villes animées.

Le thé est plus qu'une boisson, c'est une cérémonie, une sorte d'institution. Les gens boivent du thé surtout après les repas. C'est aussi la boisson que l'on offre aux amis et aux visiteurs. Boire le thé permet la discussion et entretient l'amitié car s'il est préparé dans les règles de l'art, la préparation est longue. Un thé à la menthe est servi, à trois reprises, d'où son appellation "les trois normaux". Les feuilles de thé vert de Chine sont mises dans la théière avec de l'eau et des feuilles de menthe, puis le thé est mis à bouillir au-dessus d'un fourneau à charbon. Ensuite, on ajoute le sucre dans la théière, puis on verse le thé dans de petits verres d'une certaine hauteur. On transvase du verre à la théière, à plusieurs reprises, pour que se forme dans le verre une mousse. Plus la mousse est épaisse, et plus le thé est réussi. Le premier thé est amer et peu sucré, le second moins amer et plus sucré, le troisième est douceâtre et n'a plus beaucoup de goût car ce sont les mêmes feuilles qui servent à la préparation des trois verres : le premier est le plus amer (on dit amer comme la mort) ; le deuxième verre est plus doux (on dit doux comme la vie) ; le troisième, bien sûr, est plus sucré (on dit doux comme l'amour).

Ce rituel du thé, qui peut durer une heure, est considéré comme un moment de détente et semble être un stimulus pour la conversation et l'échange depuis le processus de brassage jusqu'à la troisième étape d'échange des petits verres à thé. Les trois étapes pour servir le thé ont une signification culturelle liée à la création de l'amitié. La première dose de thé est au début de la phase de brassage forte et amère, le second thé est plus doux et le troisième est très doux et lisse. Cette évolution représenterait la croissance d'une amitié le temps de boire ce thé.


Le projet « Ataya / thé / tea » est porté par le lieu Mains d'Œuvres et Trinity session avec le soutien de Ker Thiossane. Il rentre dans le cadre des saisons croisées France – Afrique du sud 2012 & 2013. Le volet 2012 du projet est financé par l'Institut Francais et le National Art Council.

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