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Intermède

Publié le 27 octobre 2012 par Lemondedejess @lemondedejess

Pourquoi un blog cruelty free en France? J’entends des choses telles que les tests, c’est fini! En France, nous sommes en avance et tout va bien…

Mon âme de militante fait un bond à ces arguments et ne s’en contente évidemment pas!

D’abord quelques chiffres officiels datant de 2005 (les derniers connus et publiés) :

12,1 millions d’animaux utilisés à des fins expérimentales dans les 27 pays de l’UE
3 pays réalisent 50 % des tests sur animaux : en ordre décroissant, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne
33% des animaux utilisés par la recherche scientifique. Sans résultat direct sur le plan médical.
+ 892 % pour le nombre de tests réalisés pour la mise au point des aliments pour les animaux familiers
+ 107 % pour les tests cosmétiques alors que la directive 2003/15/CE vise à interdire l’utilisation des animaux
+ 4,86 % en France pour le nombre d’animaux utilisés par rapport à 2001
+ 140 000 souris utilisées en France par rapport à 2001
- 336 727 animaux euthanasiés, en France, dont 285 chiens et 229 primates

Source : Rapport statistique 2005 de la Commission européenne et du Rapport statistique 2004 du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche français

  • L’état de la législation européenne

    Actuellement, les expérimentations menées sur des animaux  sont réglementées au niveau européen par une directive 86/609/CEE (je n’ai volontairement pas mis les liens des textes qui sont peu digestes pour des non-juristes et je vais essayer d’être le plus pédagogue possible, n’hésitez pas si quelque chose n’est pas clair).
    Une directive constitue au niveau européen un cadre légal minimum obligatoire. Ensuite, chaque pays membre adopte ses propres lois en respectant le cadre posé par la directive et peut opter pour une législation plus restrictive mais pas plus libérale.

    La directive européenne avait pour but de diminuer le nombre d’animaux utilisés pour les tests et d’encourager le développements de ùéthodes alternatives aux tests sur animaux.
    La France a transposé ladite directive par deux décrets des 19 octobre 1987 et 29 mai 2001.

    Concernant les produits cosmétiques, d’hygiène et d’entretien, une directive de 1993, actualisée en 2003 a permis quelques avancées…

La législation en vigueur fait une distinction entre les tests de produits finis et les tests des ingrédients constituant lesdits produits finis.
En effet, les tests sur animaux pour les produits finis sont interdits au sein de l’Union Européenne depuis 2004. L’interdiction des tests sur animaux relatifs aux ingrédients est quand à elle entrée en vigueur en 2009.

Il y a un gros MAIS! Un délai supplémentaire a été accordé jusqu’en 2013 pour trois tests en particulier : la mesure de la toxicité des doses répétées, la mesure de la toxicité pour la reproduction et la toxico-cinétique (pour faire simple, il s’agit d’observer l’évolution des substances toxiques dans un organisme vivant au cours du temps).

Je pense que l’intitulé même des types de tests sont parlants. Il s’agit des tests les plus utilisés dans la mise au point de produits de beauté, d’hygiène et d’entretien.
Inutile de vous préciser que ce sont également les tests qui provoquent le plus de souffrances chez les animaux de laboratoire.

Vous me direz que la date de 2013 approche à grands pas. Néanmoins, la Commission Européenne planifie de repousser le délai à 2019  car le développement des méthodes alternatives n’est pas satisfaisant.

Une grande mobilisation est en cours pour tenter de faire maintenir l’interdiction totale et absolue en mars 2013, notamment de la part de One Voice, qui représente la France au sein de la Coalition européenne de lutte contre les tests sur animaux mais le droit s’appliquera néanmoins.

 En l’absence de tests alternatifs validés scientifiquement, il n’y aura d’autre choix que de repousser la date butoir.

Il faut être précis : les tests sur animaux ne concernent donc, au sein de l’Union Européenne, qu’une part résiduelle des ingrédients nouvellement créés qui n’ont pas encore été autorisés, soit une infime partie des formules. Les tests relatifs aux cosmétiques ont quasiment disparus.

Mais il est important de préciser que cette législation européenne ne concerne que les produits fabriqués en Europe. L’interdiction d’exportation de produits testés est prévue en même temps que l’interdiction totale et absolue des tests au sein de l’UE, soit en passe d’être repoussée aussi en 2019.

Je vous laisse faire le test de vous rendre dans votre Sephora et de vérifier la part du maquillage fabriqué en Europe! C’est là où le bas blesse : une immense majorité des cosmétiques sur le marché française est fabriqué hors UE, là à la législation européenne ne s’applique pas.

Un autre problème concerne les marques vendant en CHINE. En effet, le gouvernement chinois subordonne l’autorisation de vendre sur son territoire à des tests sur animaux. Ainsi, les marques acceptent un cahier des charges précis en cas de demande et rémunèrent le gouvernement chinois pour que ce dernier procède à des tests. Les marques se dédouanent en précisant ne pas être prescripteurs de ces tests et ne se soumettre qu’à la loi du pays. Cependant, d’autres marques font le choix de refuser de vendre en Chine pour des raisons éthiques et je préfère sincèrement consommer auprès de ces marques qui font le choix de préférer leurs valeurs à la raison économique. Je précise tout de même que la législation chinoise est tout à fait claire sur ses exigences et que les grandes organismes chargées d’établir les listes Cruelty Free (Peta, One Voice et Leaping Bunny par exemple) exclut d’emblée les marques vendant en CHINE; je ne sors donc pas ces informations de mon chapeau.

Je prends l’exemple d’Urban Decay qui avait envisagé un temps de se positionner sur le marché chinois et qui a finalement renoncé devant les protestations des consommatrices.

L’exigence de tests en Chine n’est applicable que concernant les produits VENDUS en Chine. Les produits fabriqués ou juste livrés en Chine ne sont pas soumis à cette réglementation.

Pour conclure, chacun fait ses propres choix mais le mien est clair : ma conscience ne s’arrête pas aux frontières de l’Union Européenne pour toutes ces raisons exposées ci-dessus.

Désolée pour ce long discours mais je me sentais devoir justifier ma position pour que mes lectrices sachent exactement ce qu’elles trouveront ici : des marques qui ne testent pas, qui ne vendent pas en CHINE!

Une petite précision : des négociations sont en cours avec le gouvernement chinois pour valider des méthodes substitutives  aux tests sur animaux. L’espoir est de mise.


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