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Le pont des assassins, roman de cape et d'épée d'Arturo Perez-Reverte

Publié le 28 octobre 2012 par Mpbernet

pontassassins

Nous voici à la fin de l’année 1627, juste avant Noël. Dans ce septième épisode des aventures de Don Diego Alatriste y Tenero, l'envoyé du roi Philippe IV, Francisco de Quevedo, charge le capitaine de prendre part à une conjuration pour assassiner le doge Cornari pendant la messe de Noël et imposer par la force un gouvernement plus favorable à la cour du roi catholique. Parmi les conjurés, les amis du capitaine : Sebastian Coppons et le Maure Gurriato, mais aussi le plus terrible de ses ennemis, Gualterio Malatesta, avec qui Alatriste sera bien obligé de composer. Juste le temps de la mission. Et puis le narrateur, son jeune fils spirituel, Inigo Balboa, spectateur engagé dans l’action, qui commence à bien décoder son maître et à nous le faire connaître ... et apprécier.

Encore un épisode de cette guerre de Trente Ans, véritablement commencée à la bataille de la Montagne Blanche sept ans auparavant et dont nous, Français, ignorons tant … Mais qui secoua l’Europe, mettant aux prises l’Autriche et l’Espagne, la France et les Princes luthériens. Nous sommes à Venise, richissime et sérénissime, grouillante de peuples et de marchands, des spadassins et de sicaires aux joues et aux mains tailladées d’égratignures plus ou moins profondes. Au coeur des tableaux de Canaletto à venir ... et dans le sillage des romans de Pierre Legrand et Claudine Cambier.

Il s’agit d’un coup d’Etat classique fomenté par une puissance étrangère – L’Espagne, employeur du capitaine Alatriste, maîtresse de la Sicile, du royaume de Naples et du Milanais toujours convoité par la France – contre le gouvernement de Venise qui ne lui convient pas.

Arturo Perez-Reverte connaît parfaitement les tours et détours des services secrets, leurs techniques et leurs avatars. On constitue plusieurs équipes, qui pénètrent dans la ville par petits groupes, doivent convenir de points de rendez-vous discrets, tremblent à chaque instant d’être démasquées … Souvenons-nous de la fameuse « troisième équipe » lors de la calamiteuse affaire du « Rainbow Warrior ». Qu’un seul maillon de la chaîne cède, et c’est toute la mission qui plonge.

Le cadre est à la fois sublime et sinistre. Quatre jours avant la nuit de Noël, il se met à neiger densément sur Venise. Tout est ourlé de blanc, le lourd ciel gris telle la panse d’une ânesse comme ont coutume de dire les Espagnols … le froid  mordant, les moustaches des spadassins perlent de givre … Le style est haletant, la traduction de françois Maspero comme toujours éblouissante. Belle courtisane, mouchards, combats à la dague et à l’épée, capes remontées jusqu’aux yeux, giclements de sang et mains poisseuses que l’on tente d’essuyer dans la neige … Un vrai suspens jusqu’à la fin, qui, selon l’usage, ménage les deux héros, le bon et le méchant, pour la prochaine aventure. Puisque l’on sait maintenant, grâce (ou à cause du) au narrateur, la date et les circonstances de la mort du Capitaine Alatriste … (ce sera à Rocroi en 1643 ...)

Le Pont des assassins, roman par Arturo Perez-Reverte, traduit par François Maspero, au Seuil, 350 p.19,50€


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