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Obésité: Les médicaments de perte de poids sont-ils dangereux ?

Publié le 30 octobre 2012 par Santelog @santelog

De nombreux médicaments de perte de poids, qui semblaient au départ prometteurs, ont été abandonnés en raison de graves effets toxiques. Cet article de perspective d'experts de l'Agence américaine du Médicament (FDA), publié dans l'édition du 25 octobre du New England Jounal of Medicine met en avant des connaissances encore très partielles et l'absence de certitude de ces experts sur les risques possibles des médicaments de perte de poids aujourd'hui disponibles. Mais, expliquent les auteurs, dans ce contexte d'épidémie d'obésité, la voie pharmacologique ne peut être négligée.

OBÉSITÉ: Les médicaments de perte de poids sont-ils dangereux? – NEJM
Ainsi, ont été arrêtés, Aminorex (pour hypertension artérielle pulmonaire), la fenfluramine/benfluorex et la dexfenfluramine (valvulopathie), la phénylpropanolamine (AVC), le rimonabant (Acomplia® pour troubles dépressifs, suicide, risque cardiovasculaire), et plus récemment la sibutramine (infarctus du myocarde et accident vasculaire cérébral).

Reste l'orlistat (Alli® et Xenical® sur prescription), approuvé pour le traitement à long terme de l'obésité, mais non sans suggestion d'effets indésirables, tels que le risque de lésions hépatiques.

2 nouveaux médicaments aux Etats-Unis : Récemment, l'Agence américaine du médicament, la Food and Drug Administration (FDA) approuvait 2 nouveaux médicaments, à prendre en complément d'un régime hypocalorique et d'une activité physique accrue, pour la gestion du poids chez les adultes atteints d'obésité :

·   Belviq (lorcaserin, Arena Pharmaceuticals) autorisé en juin dernier,

·   Qsymia (phentermine + topiramate, Vivus), 2 médicaments qui réduisent l'appétit et, chez certaines personnes, entraînent un bilan énergétique négatif.

Des essais cliniques menés sur 1 an en complément d'un mode de vie de sain, ont montré que ces 2 produits répondaient aux critères d'efficacité de la FDA pour la perte de poids et, par rapport au placebo, pouvaient présenter des effets favorables sur certains facteurs métaboliques, comme, la pression artérielle, le taux de cholestérol et le tour de taille. Les deux médicaments ont également amélioré le taux d'hémoglobine glyquée chez les participants en surpoids et obèses avec diabète de type 2.

Si Lorcaserin a été l'objet d'inquiétudes

-   sur un effet de risque de tumeurs, chez les rats, une étude clinique récente a démontré que seule une petite fraction de la dose administrée de lorcaserin pénètre dans le système nerveux central, et a rassuré sur le risque de tumeurs cérébrales chez l'Homme.

-   Le risque de valvulopathie a également été évoqué avec Lorcaserin et à partir de données échocardiographiques de plus de 5200 participants traités a été estimé, vs placebo, à RR : 1,16 (intervalle de confiance 95% de 0,81 à 1,67), soit une augmentation de 16% du risque. Mais, après dosage des récepteurs in vitro, la FDA a conclu qu'il est peu probable que lorcaserin augmente le risque de valvulopathie chez l'Homme.

-   Enfin, les autres effets indésirables évoqués sont le risque de troubles psychiatriques et cognitifs.

Avec la combinaison phentermine+ topiramate c'est la tératogénicité et l'élévation de la fréquence cardiaque au repos qui ont été évoquées.

-   Les données préliminaires suggèrent que les femmes qui ont reçu topiramate pendant la grossesse sont plus susceptibles d'avoir des bébés nés avec une fente palatine. Cet effet tératogène a été mentionné sur la notice.

-   Le traitement par phentermine-topiramate à des doses de 7,5 mg et 15 mg/46 mg/92 mg a également été associé à des augmentations moyennes de la fréquence cardiaque de 0,6 battements par minute (bpm) et 1,6 bpm, respectivement, par rapport au placebo. Mais, compte tenu de l'ampleur de la perte de poids et de variations favorables de la pression artérielle, la FDA a conclu que le rapport bénéfice-risque restait positif.

-   Enfin, les autres effets indésirables évoqués sont le risque d'acidose métabolique, de glaucome et le risque de troubles psychiatriques et cognitifs.

Compte-tenu de ces éléments, la FDA a exigé que les fabricants procèdent à un certain nombre d'essais cliniques post-approbation. L'Agence américaine a précisé que, si après 12 semaines de traitement le patient n'a pas perdu au moins 5% pour Lorcaserin ou 3% pour phentermine+topiramate de son poids corporel initial, le médicament doit être arrêté.

Mais, face à l'épidémie d'obésité, les thérapies médicamenteuses ne doivent pas être négligées. Ces thérapies vont de pair avec un régime alimentaire équilibré et la pratique de l'exercice physique. Et si le rapport bénéfice-risque reste, pour la FDA, favorable, pour ces 2 nouveaux médicaments, pour la gestion des profils de poids chronique chez certains patients obèses et en surpoids, cet article de perspective illustre et confirme bien l'absence de connaissance complète, à l'heure actuelle, des véritables effets de ces médicaments.

Source: Engl J Med 2012; 367:1577-1579 October 25, 2012DOI: 10.1056/NEJMp1211277 The FDA's Assessment of Two Drugs for Chronic Weight Management (Visuel © Ifolie - Fotolia.com)

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