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Encore un homme à abattre: le journaliste grec qui avait dénoncé les fraudeurs au fisc

Publié le 30 octobre 2012 par Eldon

© Inconnu

Dans un précédent article, nous avions rapporté le destin de Hervé Falciani, ancien collaborateur d’HSBC accusé de soustraction de données, d’espionnage économique et de violation du secret bancaire , arrêté en Espagne au mois de juillet après une courte cavale et toujours en attente d’extradition vers la Suisse. Son crime? Avoir communiqué  entre autres à la France, le nom de ressortissants étrangers ayant des comptes dans la banque suisse.

Aujourd’hui, c’est au tour d’un journaliste grec,  Costas Vaxevanis, de comparaître en justice pour avoir publié une liste contenant les noms de plus de 2000 fraudeurs au fisc ayant un compte en Suisse.

La criminologie des cols blancs ne se dénonce pas sachez-le. C’est pas beau et donc très mal vu. On voit bien comment les systèmes judiciaires sont verrouillés. Du sur mesure.

Cols blancs, mais les mains souvent sales.

« L’affaire suscite une vive émotion en Grèce. Le journaliste Costas Vaxevanis va comparaître jeudi en justice pour avoir publié une liste d’individus accusés de détenir des comptes en Suisse. Alors que le nouveau gouvernement de coalition est confronté à la colère croissante de la rue face à une politique d’austérité accusée d’épargner les riches et les puissants, le journaliste est poursuivi pour avoir publié samedi dans le magazine « Hot doc » une liste comprenant 2.059 noms d’individus présentés comme détenteurs de comptes bancaires en Suisse.

Un déluge de réactions sur les réseaux sociaux

« Au lieu de lutter contre les crimes des fraudeurs au fisc, la justice s’occupe de moi alors que j’ai fait mon devoir, mon devoir de transparence », a déclaré à la presse M. Vaxevanis, après avoir obtenu le report du procès à jeudi. La liste, qui a suscité des déluges de réactions sur les réseaux sociaux, a été republiée lundi par le grand quotidien grec Ta Néa. Aucune poursuite n’a été annoncée contre Ta Néa, détenu par le puissant groupe Lambrakis. Elle comprend des entrepreneurs, avocats, armateurs, médecins, commerçants, joailliers, anciens hommes politiques ou leurs proches, mais aussi des « femmes au foyer », et de nombreuses « sociétés domiciliées ».

Selon le journaliste, la liste provient de documents révélés par un employé de la banque HSBC en Suisse. Elle avait été transmise au gouvernement grec en 2010 par l’actuelle patronne du FMI Christine Lagarde, alors ministre des Finances en France. En France, une affaire similaire s’était produite en 2009 lorsque la justice française avait reçu des fichiers similaires, sur la base desquels des fraudeurs français ont subi un redressement fiscal, mais dans la plus grande discrétion. Suite à une mini-crise entre Paris et Berne concernant cette liste, les fichiers initialement volés par un employé ont finalement été restitués à la Suisse. Mais la France les avait auparavant transmis, courant 2010, à d’autres pays, dont la Grèce.

Une question de justice sociale

Le journaliste a affirmé avoir obtenu la liste via une lettre anonyme dont l’expéditeur affirmait l’avoir lui-même reçue d’un homme politique. Surnommée « liste Lagarde » par les médias grecs, la liste provoque depuis des semaines une polémique en Grèce, l’Etat étant accusé de ne pas en faire assez pour lutter contre l’évasion fiscale. Le nouveau gouvernement de coalition avait indiqué il y a quelques semaines l’avoir « perdue ».

« Au lieu d’arrêter les voleurs et les ministres violant la loi, ils veulent arrêter la vérité », avait commenté Costas Vaxevanis sur son compte twitter samedi soir, avant son arrestation. Il a reçu le soutien de l’association Reporters sans frontières (RSF) et des syndicats de journalistes grecs. Interrogé sur cette affaire, lors de son point de presse quotidien lundi à Bruxelles, Simon O’Connor, porte-parole d’Olli Rehn (bien Rehn), commissaire européen chargé des Affaires économiques, n’a pas voulu commenter. Mais il a saisi l’occasion pour rappeler qu’ »il était nécessaire d’intensifier la lutte contre l’évasion fiscale en Grèce ».

« La perception efficace des recettes fiscales est une question de justice sociale et surtout au moment où l’on demande aux Grecs de faire des sacrifices importants afin de garantir l’assainissement des finances du pays », a dit M. O’Connor. La Grèce est en train de finaliser avec ses créanciers un troisième paquet de mesures d’austérité comprenant baisses des salaires et des retraites et nouvelles hausses d’impôts. Il devrait être présenté dans les prochains jours au parlement. »

Source: L’Expansion


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