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Les syndicats français, la cauteleuse mafia qui détruit de l’emploi

Publié le 05 novembre 2012 par H16

Le syndicalisme, en France, c’est cette façon subtile de trouver des chemins alternatifs pour imposer la loi du plus fort sans risquer de se retrouver dans les pattes d’une justice heureusement accommodante. Si je fais ce constat dans ces colonnes de façon assez régulière, ce n’est pas par acharnement mais simplement parce que l’actualité oblige à constater l’évidence : le syndicalisme français n’est plus guère qu’une mafia.

Je sais déjà, à l’évidence, qu’on me reprochera mes avis à l’emporte-pièce : ce qui est caricatural ou exagéré devient insignifiant, et tout l’habituel tralala. En réalité, le plus dur ici est d’accepter les faits (que je vais lister, ci-après), l’amoncèlement d’événements marquants, la montagne d’éléments difficilement discutables, et d’en tirer les conclusions, aussi caricaturales soient-elles.

Ainsi, on pourrait parler de cette tendance des syndicats à saboter l’entreprise dans laquelle ils opèrent, surtout si cette entreprise a été grassement subventionnée par l’État. L’exemple encore récent de Seafrance doit revenir aux oreilles de tous. Les nombreux rebondissements qui ont accompagné la lente descente vers la déroute complète de la SNCM forment un autre exemple, bizarrement proche du cas précédent.

On pourrait évoquer les méthodes de gros-bras, parfaitement illégales, parfois à la limite d’un terrorisme qui ne veut pas dire son nom, rarement poursuivies ou accompagnées de peines symboliques le cas échéant, des salariés dès lors qu’ils sont syndiqués et soutenus par les grandes centrales de la « négociation » salariale à coup de clef à molette dans les gencives. Evidemment, le Syndicat du Livre CGT représente à ce sujet un chapitre entier de techniques parfaitement mafieuses, et, j’insiste, sans aucune exagération : trafic d’armes, détournement de stocks, censure, étouffement des affaires judiciaires correspondantes, intimidations, tout y est. J’avais évoqué l’importance de la syndication pour éviter les ennuis dans un précédent billet qui avait fait mousser la commissure des lèvres des intéressés.

Et puis, une mafia ne serait pas une mafia sans quelques séquestrations, de-ci, de-là, parce qu’après tout, en République Démocratique du Bisounoursland, il est admis qu’une entreprise appartient à ses employés en premier lieu, que les syndicalistes décident de ce que le patron a le droit de faire ou pas, et que si ce dernier se la joue un peu trop autonome, pif, paf, pouf, on séquestre et on en discute. Ce serait caricatural, si cela ne se répétait pas de façon assez mécanique, assez régulièrement, dans l’actualité.

Bactéries de Syndicalus Profitans

Tout ceci serait caricatural si on ne trouvait pas, là encore avec une régularité de métronome suisse, des affaires sordides de détournements de fonds, de manoeuvres camouflant des privilèges ahurissants et un comportement en interne de ces syndicats parfaitement en accord avec leur comportement à l’extérieur (Marc Blondel de FO fut par exemple condamné aux prud’hommes, la CGT pour licenciement abusif, …) Et ce qui est vrai des syndicats de salariés l’est aussi de celui de patrons, les mêmes causes (protections, privilèges et opacités des syndicats) provoquant les mêmes effets (corruption, détournement, arrangements fiscaux, …)

Le comportement mafieux ne s’arrête pas là : on se rappellera sans effort les manœuvres lamentables de ces syndicalistes, aidés par toute un rang de députés aussi pleutres que démagogues lorsque le rapport Perruchot sur le financement des syndicats était sorti à l’Assemblée Nationale. Dans un épisode consternant de la 5ème République d’un Bisounoursland en déliquescence totale, on avait assisté, pour la première fois dans l’histoire de la Chambre des députés, à l’enterrement d’un rapport issu d’une Commission d’enquête dont la majorité de l’époque avait absolument tout fait pour ne pas l’adopter.

En introduction, je parlais de l’actualité qui remet le couvert, régulièrement, sur le sujet des efforts syndicaux pour accroître le chômage en France. Exactement à l’instar de l’État dont seul les naïfs pensent encore qu’il est là pour les aider, et dont le seul but réel est sa propre survie, au détriment logique et terminal de son hôte, les syndicats sont rapidement devenus, à la suite du cocon juridique douillet et inattaquable qui leur a été construit, de véritables bastions d’un autre âge, arcboutés sur leurs méthodes et qui visent non pas à protéger les salariés, mais à perdurer par toutes les manigances et magouilles possibles. Parfois, cela peut se faire au bénéfice du salarié (et dans ce cas, comptez sur une publicité maximale des actions menées). Le plus souvent, c’est à son pur détriment, que ce soit par l’organisation de grèves dont il aura à souffrir, ou … en attaquant obstinément les entreprises qui l’emploient.

Miam, rien de tel qu’un bon coup de code du travail derrière la nuque pour calmer les ardeurs d’un patron ! Prenons le cas de Bricorama, puisqu’il s’offre à nous sur un plateau.

On sait que les syndicalistes sont extrêmement pointilleux sur le respect de la semaine chrétienne et de la fermeture catholique du dimanche, probablement pour aller à la Messe (le syndicaliste n’est pas juif et peut travailler le samedi, il n’est pas musulman et peut trouver à s’employer le vendredi, il peut éventuellement être athée voire anticlérical mais en tout cas, il tient à son dimanche chômé, et pas un autre jour). Bricorama, tout comme Leroy-Merlin et Castorama, ont pris la fâcheuse habitude d’ouvrir leurs enseignes pendant le jour de l’office dominical (les hommes bricolant connement le dimanche) et cela, c’était intolérable pour Force-Ouvrière qui a bien vite attaqué les magasins auprès du TGI de Pontoise puis de la cour d’appel de Versailles.

L’obligation de fermer, pour Bricorama, signifie une perte de 15% de son chiffre d’affaire. Quant à l’amende de 18 millions d’euros, due à Force Ouvrière (dont on comprend alors immédiatement la réelle motivation), la payer revient à supprimer purement et simplement toute prime d’intéressement aux salariés. Le pompon de l’affaire reste tout de même que pour compenser la baisse de chiffre d’affaire et l’évaporation du bénéfice, l’enseigne se verrait contrainte à fermer 5 ou 6 magasins, soit 500 emplois.

Oui, le syndicalisme, c’est bien pour les syndicalistes, mais moins choupinet pour les salariés qui en « bénéficient ». Ceux qui se retrouveront au chômage suite aux belles actions en justice de FO apprécieront sans aucun doute les prochaines grèves (qui les empêcheront de passer des entretiens ?) avec toute la force d’une expérience vécue au plus près.

Le tableau ne serait pas complet si on n’évoquait pas, comme dernier comportement mafieux, celui des syndicats face à une éventuelle concurrence. De la même façon que la Mafia n’aime guère se retrouver confrontée aux agents du fisc (qui chassent sur leurs terres) ou qu’elle pète joyeusement les rotules de ceux qui auraient l’idée de s’entêter à lui jouer concurrence, les syndicats français s’y prennent de la même façon face à l’arrivée d’un nouveau syndicat, d’autant plus qu’il n’est pas « dans la combine ». Pour le moment, on en est encore qu’aux passes d’armes juridiques, avec tous les bâtons légaux jetés dans les roues des nouveaux arrivants, mais on peut sans mal imaginer qu’un petit matin, l’un ou l’autre dirigeant du nouveau syndicat décède dans un tragique « accident » de voiture, ou que leurs locaux partent en fumée (un mégot mal éteint, même chez des non-fumeurs compulsifs, est si vite arrivé).

Entre les administrations qui pompent de l’argent à tous les niveaux pour entrer en concurrence avec le commerce traditionnel et les syndicats qui sabotent les entreprises de l’intérieur, je ne vois pas très bien comment, au juste, le pays pourrait subitement échapper au sort qui l’attend. Pour moi, cela me semble clair : ce pays est foutu.
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Note : on pourra lire avec profit le billet récent de V. Benard sur le même sujet



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