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La vilaine portée de la bête immonde

Publié le 05 novembre 2012 par Legraoully @legraoully

La vilaine portée de la bête immonde

Ce weekend, le Bloc Identitaire fêtait ses dix ans. Voilà des gens avec qui on n’a pas envie de souffler des bougies, et encore moins de couper des parts de gâteau quand on sait ce qu’ils font en général des longs couteaux. Les aryens made in France, après avoir investi le chantier d’une mosquée de Poitiers pour faire valoir leur connaissance très imparfaite de l’Histoire, se sont donc réunis à Orange pour une petite fiesta nauséabonde. Rien qu’à voir la liste des invités, de Vanneste à Mario Borghezio (qui s’est fait dessus de plaisir en évoquant les blancs d’Europe, sous les ovations des nazillons) on a envie d’envoyer Hervé Morin sur une plage normande pour voir si les Alliés arrivent.

Entre autres réjouissances, on a eu droit à des attaques en règle contre les Musulmans et contre l’immigration, à un éloge de Brasillach, à la désormais célèbre antienne du racisme anti-blancs chère au cœur de Copé, ou à une virulente critique de la loi Pleven (qui punit l’incitation à la haine raciale) au motif qu’elle entrave la liberté d’expression. D’ailleurs, les fachos aiment tellement la liberté d’expression et d’information qu’ils ont viré un journaliste de l’AFP moins doué pour le léchage de rangers qu’un journaliste de TF1. Bref, du Français de souche à en vomir, du drapeau et de la revendication identitaire à en attraper une sévère dysenterie, et du racisme fièrement assumé.

C’est d’ailleurs un signe distinctif du jeune identitaire: il est fier. Le problème, c’est que comme il est incapable de trouver le moindre motif de fierté en lui-même, il puise son amour-propre dans une adhésion jubilatoire à un troupeau réactionnaire et stupide (comme le sont tous les troupeaux) qui s’invente un panthéon de bric et de broc, en général dans l’aire géographique où il vit, cherchant en vain dans l’Histoire des exemples qui justifieraient sa morne existence. Il cultive néanmoins toujours une certaine jalousie à l’endroit de quiconque présente la moindre originalité par rapport au groupe bêlant, jalousie qui peut le pousser à la violence. Mais cette description théorique ne suffit pas à comprendre le petit facho grégaire qui se cherche une identité collective faute de pouvoir s’en forger une personnelle.

Disséquons un nazillon. Que trouve t-on à l’intérieur? Rien de plus que les organes assurant les fonctions vitales, si ce n’est une hypertrophie du bras droit qu’il a l’habitude de porter bien tendu à l’évocation de certains stimuli comme « Nation », « pureté » et « ratonnade », et une légère débilité due à son goût pour la consanguinité. Il convient donc d’observer le jeune identitaire dans son milieu naturel. Bien qu’il soit contre le progrès, le sujet sait se servir d’Internet et n’hésite pas à se prendre en photo avec ses congénères. On observe au premier abord que si les moutons sont assemblés par le berger pour leur laine, les identitaires sont tellement bêtes qu’ils se tondent eux-mêmes. Cherchez votre assemblée locale de fascistes en herbe. C’est extrêmement facile, attendu qu’ils se regroupent en entités locales: plus l’entité est petite, plus le jeune identitaire est fier.

En Lorraine, notre troupeau lorrain de souche s’assemble sous la bannière de Kerkant, qui en patois messin signifierait « indomptable, hardi ». La présentation est un petit chef-d’œuvre d’hypocrisie où nos moutons précisent vouloir défendre leurs racines, mais sans nationalisme qui mène à la guerre, pas de ça chez nous. Déja, compte-tenu de l’histoire mouvementée de la Lorraine, bon courage pour dégager un corpus théorique cohérent et une identité régionale. Rien qu’entre la place Saint-Jacques et la place Saint-Louis, pour rester à Metz, ça risque d’être compliqué; alors de la Meuse au sud-est des Vosges, il va falloir dégager des trésors de syncrétisme.

Parmi ses références historiques, Kerkant cite Charles V de Lorraine et Jean III Sobieski de Pologne, essentiellement parce qu’ils ont repoussé les Turcs lors de la bataille de Saint Gothard. On pourra penser que convoquer les mânes d’un aristocrate autrichien et d’un roi polonais, c’est pas terrible question « lorrainitude », même si le second a été surnommé par le Pape « sauveur de la civilisation occidentale », ce qui colle aux obsessions de nos amis. Les identitaires reprochent au pouvoir de dissimuler l’Histoire de France pour empêcher les jeunes Français d’en être fier. Toutefois, en manipulant les dates et les caractères historiques sans la moindre perspective scientifique pour justifier leur paranoïa, ils reproduisent exactement le comportement dudit pouvoir, qui cherche toujours à se créer une mythologie pour justifier son existence.

Un peu plus bas sur la page d’accueil, on apprend que Kerkant et Génération identitaire organisent des camps d’été, où l’on prend des cours d’Histoire sélective et où on s’initie à la baston. Les organisateurs se gardent bien d’expliquer en quoi l’identité lorraine est compatible avec l’ultimate fighting (sans doute pour éviter qu’un lorrain de souche ne se fasse braquer son schneck ou son pain au chocolat par un allogène). Le seul but avoué est d’offrir une formation « intellectuelle et militante » aux futurs cadres du mouvement, entendez par là une bonne lobotomie pour seulement 60 euros la semaine. Laquelle formation permettra de s’insurger contre l’existence d’un camp de réfugiés à Bellecroix et de laisser moultes commentaires de haute tenue intellectuelle sous les articles de nos amis de Lor’Actu, en revendiquant crânement sa détestation du « monde moderne ».

Pour finir, des infos qui devraient faire plaisir à Jérôme, notre très estimé président du Graoully Déchaîné: Kerkant est très fier que le Tour de France soit passé par Metz, et pense que le FC Metz devrait mettre fin à sa filière sénégalaise de recrutement.

A part ça, Génération Identitaire et tous ses avatars régionaux ne sont pas racistes et nationalistes. Et les alliances proposées au Front National, c’est juste pour draguer Marion Maréchal-Le Pen pour avoir de magnifiques enfants de souche, beaux comme Gilbert Collard et intelligents comme Alain Soral.


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