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De l'usage ou du non-usage du terme "homophobie"

Publié le 08 novembre 2012 par Hermas

Le terme d'homophobie n'est pas neutre. Il s'agit d'un terme idéologique forgé à dessein par les lobbies homosexuels eux-mêmes pour fustiger, désarmer et culpabiliser, chez leurs adversaires, les résistances aux avancées de leurs revendications communautaristes.

Le mot homophobe rejoint ainsi d'autres « mots policiers » du même genre, tels que raciste, xénophobe, antisémite, discriminatoire, sexiste, etc. qui ont même vocation, chacun en son domaine. “L'homophobe” n'est pas à proprement parler celui qui n'aime pas les homosexuels en général ou en particulier, c'est celui qui s'oppose à la banalisation sociale de l'homosexualité, comme le “raciste” est celui qui s'oppose à l'immigration ou “l'islamophobe” celui qui met en garde contre les périls liés à l'expansion d'une religion totalitaire. La connotation affective attachée au terme [le fait de ne pas aimer, d'être “intolérant”] n'a pour objet que d'enfermer l'interlocuteur dans cette dialectique : soit entrer d'une manière ou d'une autre, fût-ce par passivité, dans la dynamique de la “revendication homosexuelle”, soit être un méchant, exposé comme de juste à la vindicte sociale. Sous ce rapport, l’opposition à la reconnaissance des unions homosexuelles fait nécessairement encourir le reproche d’être “homophobe”.

Le terme homophobie a également vocation à définir un rapport social où la “communauté homosexuelle” [laquelle n'est qu'un fantasme idéologique, comme la défunte “classe ouvrière” chère au communisme] est présentée comme une minorité culturellement opprimée en quête de ses droits. A cet égard, ne pas être homophobe, c'est sympathiser avec cette aspiration à la liberté et à la pleine citoyenneté, ou du moins ne pas lui être hostile ; l'homophobe, au contraire, est celui qui, généralement aliéné par ses croyances religieuses, s'oppose à cet effort historique d'émancipation et qui, pour cela, doit en être humilié, voire puni par les lois. En réalité, la menace sociale supposée peser sur les homosexuels n'existe pas, bien au contraire, puisqu'un courant puissant porte les groupes qui prétendent agir en leur nom et qu'aucune époque, en France du moins, n'a jamais été aussi tolérante que la nôtre à l'égard des comportements homosexuels. Si les prétentions des lobbies homosexuels et les projets de leurs alliés politiciens font peser sur le mariage, la famille et la société un danger immédiat et grave, aucun péril de cette nature ne pèse sur les homosexuels, que ceux-ci soient considérés en groupe ou individuellement. Parler d'homophobie ou de risque d'homophobie, c'est donner à croire le contraire ou, plus exactement, faire sien le discours malhonnête de groupuscules qui ont tout intérêt à persuader du contraire.

Accepter l'usage de ce terme et laisser entrer dans sa psychologie la réalité qu'il est supposé signifier, c'est en outre déjà se laisser piéger. Il serait en particulier très paradoxal de défendre le droit naturel, la famille, le mariage, la société et d'intégrer un langage forgé, précisément, pour les ruiner. L'exemple apporté par le rapport du 27 septembre 2012 attribué à la Conférence épiscopale sur la question (1) illustre bien les risques auxquels expose l'adoption d'un langage qui entraîne après soi d’inévitables dépendances idéologiques. Préoccupés peut-être par la crainte d'être taxés d'homophobie et se déclarant d'emblée engagés dans un combat contre cette dernière, les auteurs de ce rapport, tout en affirmant être attachés au mariage, ont lâché sur l'essentiel en admettant la nécessité de conférer aux unions homosexuelles un statut juridique stable, socialement reconnu. Comment faire autrement si l'on ne sort pas de la dialectique homophobe/non homophobe ? Certes, ces auteurs tiennent à ce que ce statut ne soit pas appelé “mariage”, mais le combat n'en est pas moins perdu pour eux.

L'usage du terme homophobe, en toute hypothèse, constitue une grave erreur de perspective. En effet, dans les problèmes qui nous occupent et nous mobilisent, la question n'est pas de savoir si l'on est homophobe ou homophile, si l'on aime les crevettes ou si l'on préfère le saucisson, mais de savoir si les projets gouvernementaux et parlementaires sont ou non un danger pour la vie sociale. Or la réponse est à chercher objectivement dans la relation de ces projets à la nature de la vie sociale, du mariage, de la famille, et non pas dans les dispositions subjectives des uns ou des autres. Un “homophobe” n'aura pas raison de l'être au regard notamment des exigences de la charité si cette homophobie s'identifie à une haine de ceux qu'il est désormais convenu d'appeler les « personnes homosexuelles ». Il n'en aura pas moins raison s'il soutient que l'union légalisée et l'adoption par les couples homosexuels sont un mal pour la société. A l'inverse, la bienveillance la plus poussée à l'égard de ces personnes ne suffira jamais à justifier qu'une union homosexuelle soit légalement reconnue comme un statut stable de vie sociale, à l'instar d'un mariage, peu important qu'il en porte ou non le nom. Focaliser l'attention sur les dangers d'une fantomatique “homophobie” revient à détourner l'attention de l'essentiel, qui est non seulement l'incompatibilité absolue d'un “mariage homosexuel” et de la loi naturelle, mais le caractère ruineux de toute reconnaissance légale, institutionnalisée, d'une union homosexuelle prise en tant que telle.

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(1) Ce rapport est l'œuvre, en réalité, d'une commission sur la famille, dite “Conseil Famille et Société”. Il a été suivi, très significativement, par des déclarations personnelles de bien des évêques, autrement mieux inspirées.


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