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LA route du rêve....

Publié le 11 novembre 2012 par Stephanebigeard

LA route du rêve....
Vingt navigateurs ont pris samedi 10 novembre à 13 h 02, aux Sables d’Olonne, le départ de la 7e édition du Vendée Globe, le tour du monde en solitaire et sans escale.
Une course qui, malgré les avancées techniques, reste synonyme de défi et d’aventures...
Portrait des 20 aventuriers qui vont défier les océans : 19 hommes et une femme …
article de Jean-François FOURNEL (aux Sables d’Olonne) pour le journal la croix.com Tous ne partent pas avec les mêmes ambitions.
Une petite dizaine peut gagner, les autres suivront un autre cap, fait d’amour de la mer, d’esprit d’aventure ou de générosité.
LA route du rêve....
SEUL POINT COMMUN ENTRE TOUS : L’AMOUR DE LA MER.
Quel est le point commun entre tous les skippeurs ? «Je crois que nous sommes tous un peu fous», répond Samantha Davies, plutôt bien placée, en tant que seule femme de la flotte, pour juger les particularismes de chacun des vingt marins.
«Pas si sûr», répond Michel Desjoyeaux, double vainqueur de l’épreuve, qui clame depuis longtemps qu’un Vendée Globe se gagne à 80% à terre, à travers des choix d’entraînement et technique où la folie n’a guère de place.
« Les vingt concurrents de cette année sont tous différents, dit ce marin d’exception. Il y a les compétiteurs, les anxieux, les amoureux d’aventure, il y en a même qui partent pour de mauvaises raisons, simplement pour prouver à leur entourage qu’ils en sont capables… »
Une seule chose, commune à tous, relie selon lui ces vingt personnalités :
«Cet amour de la mer sans lequel ils resteraient chez eux.»
LA route du rêve....
Pour ceux qui veulent voir ou revoir le départ : 1h30 d'images de rêve ... 32 mns sur le départ...


UNE DOUZAINE DEVRAIENT REVENIR À BON PORT
Parmi ces vingt candidats au départ, combien seront à l’arrivée dans un peu moins de trois mois, après avoir parcouru 45000 kms ?
Sans doute guère plus d’une douzaine, si l’on se réfère au taux d’abandon moyen de 30 % des six précédentes éditions, avec un pic à plus de 60% lors de l’édition 2008-2009, particulièrement «cassante» avec onze bateaux classés sur trente partants.
« Comme toujours, l’équation que nous avons dû résoudre dans la préparation du bateau et qui nous attend tous les jours en mer, c’est le bon équilibre entre la vitesse et la fiabilité », souligne Marc Guillemot, skippeur de Safran , un bateau en pointe sur la technologie, du fait de son sponsor, spécialisé dans l’aéronautique civile et militaire.
Marc Guillemot pourrait ajouter une troisième notion à son équation, la sécurité.
Rappelons que le Vendée Globe pleure deux marins perdus en mer depuis les origines : Nigel Burgess en 1992 et Gerry Roufs en 1996.
LA route du rêve....
QUATRE FAVORIS SE DÉTACHENT
Armel Le Cléach’, Vincent Riou, François Gabart et Mike Golding.
Quels que soient les spécialistes interrogés, ces quatre noms reviennent invariablement pour le podium, avec des variantes selon les sensibilités.
Les Britanniques, très nombreux sur les pontons des Sables d’Olonne, mettent régulièrement leur compatriote Mike Golding sur une des plus hautes marches.
Ce qui serait un aboutissement pour cet ancien pompier qui en est à sa quatrième participation au Vendée Globe.
Principal handicap de l’Anglais, son bateau, un peu plus ancien que celui de ses trois principaux challengers qui disposent tous d’un voilier neuf.
Armel Le Cléach’, Vincent Riou et François Gabart, les trois favoris, qui s’entraînent ensemble au pôle Course au large de Port-La-Forêt, dans le Finistère, véritable académie de la course en solitaire, bénéficient tous les trois des derniers développements de l’architecture navale.
Vincent Riou, vainqueur en 2004-2005, et Armel Le Cléach’, deuxième en 2008-2009, ont l’avantage de l’expérience.
Mais François Gabart, novice du Vendée Globe, du haut de ses 29 ans, dispose d’un atout maître : le double vainqueur Michel Desjoyeaux a supervisé la construction de son bateau et sera en permanence à portée de téléphone en cas de choix difficile à faire.
QUATRE CHALLENGERS
Derrière ce carré d’as, quatre autres marins de très bon niveau peuvent provoquer la surprise : Jean-Pierre Dick et Jérémie Beyou feront flotter le drapeau tricolore quand Bernard Stamm, Breton d’adoption, portera les couleurs de la Suisse, Alex Thomson brandira le chardon gallois.
Jérémie Beyou est le seul des trois francophones à ne pas bénéficier d’un bateau neuf, mais ses galons sont incontestables en solitaire, puisqu’il a remporté deux fois la course du Figaro, référence en la matière.
Bernard Stamm, un temps détenteur du record de la traversée de l’Atlantique en solitaire, attend une première grande victoire dans son palmarès. Idem pour Jean-Pierre Dick, à l’aise en double mais rarement au rendez-vous en solitaire.
Alex Thomson peut déborder les meilleurs à condition de faire, pour cette fois-ci, alliance avec celle qui lui a beaucoup manqué ces dernières années : la chance.
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UNE FEMME SEULE CONTRE TOUS
Depuis l’édition 1996-1997, il y a eu les deux pionnières, Catherine Chabaud et Isabelle Autissier.
Puis, en 2000-2001, Ellen Mac Arthur, seule femme sur un podium et plus jeune participante de l’histoire (elle avait 24 ans).
Pour cette septième édition, Samantha Davies, déjà présente dans l’édition précédente où elle avait fini quatrième.
« Je regrette d’être la seule femme, sourit-elle. Surtout pour les blagues que j’échangeais par mail avec Dee Caffari (l’autre femme de la course en 2009). Avec les garçons, on ne rigole pas des mêmes choses. »
Pour des raisons physiques, Samatha Davies devra renoncer à certaines manœuvres dans des conditions de gros temps.
Avant d’installer le spinnaker qui pèse 75 kg à sec, elle y regardera à plusieurs fois.
Embarquée à bord d’un bateau relativement ancien, la jeune femme doit une fière chandelle à son mari, également navigateur, qui lui a prêté son sponsor le temps de la course, pendant que lui s’occupe de leur bébé.
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UNE FLOTTE D’OUTSIDERS
Une demi-douzaine de marins pointent le bout de l’étrave à quelques encablures des meilleurs.
Certains sont des vieux routiers du Vendée Globe comme Jean Le Cam (2e en 2004-2005), Bertrand de Broc, navigateur célèbre pour l’opération à la langue qu’il avait dû réaliser en pleine mer lors de l’édition 1992-1993.
Et aussi Kito de Pavant qui avait démâté en 2008 ou Dominique Wavre, doyen à 57 ans d’une flotte qui compte cinq quinquagénaires.
À l’inverse, on trouve dans cette catégorie le bizuth Louis Burton, benjamin de l’escadre à 27 ans, qui entame son premier Vendée Globe.
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DEUX SKIPPEURS QUI COURENT AVEC LEUR CŒUR
Alessandro Di Benedetto et Tanguy de Lamotte.
Leurs deux noms résonnent de manière sympathique et généreuse dans un monde de la course qui ne l’est pas toujours.
Le premier, autodidacte et quasi-amateur, s’est fait connaître l’an dernier en réalisant le premier tour du monde en solitaire sans escale sur un bateau de 6,50 m, le plus petit du monde à avoir réussi cet exploit.
Il part pour ce Vendée Globe sur un bateau trois fois plus grand, sans autre ambition qu’assouvir son goût de l’aventure.
Tanguy de Lamotte, architecte naval et skippeur de renom, a lui choisi de porter les couleurs de Initiatives-cœur/Mécénat chirurgie cardiaque.
Son bateau, assez ancien, fut la propriété de Catherine Chabaud, déjà porte-drapeau de l’association fondée par Francine Leca, première femme chirurgien cardiaque française, dans le but de financer des opérations à cœur ouvert pour des enfants des pays sous-développés.
Pour son premier Vendée Globe, Tanguy de Lamotte part avec l’objectif de financer des interventions pour au moins six enfants.
Et de rentrer à bon port en février, «sans doute longtemps après les premiers, mais j’espère avec un comité d’accueil unique de petits opérés qui m’aideront à amarrer le bateau».
Jean-François FOURNEL (aux Sables d’Olonne) pour la croix.com
Allez, au plaisir de vous lire...

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