Magazine Humeur

Amen !...

Publié le 13 novembre 2012 par Thelynx

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Quel est le point commun à ces éminences du clergé médiatique que sont Christophe Barbier, Nicolas Beytout, Dominique Seux, François Lenglet, Jean-Marc Vittori, Franz-Olivier Giesbert, Elie Cohen, Eric Dessertine, Yves de Kerdrel et consorts ?

Nonobstant leurs différences, ils ont fait du « coût du travail » leur cible unique. 

Pour eux, c'est simple : si la France va mal c’est parce que le travail coûte trop cher. En vertu de quoi, une économie massive sur les charges devrait remettre la machine en marche et la faire repartir comme par miracle. Amen.

On entend cette petite musique du matin au soir, sans que personne ne s’interroge sur les carences d’un tel raisonnement. S’il suffisait de baisser les charges pour relancer les investissements industriels, cela se saurait. Si la compétitivité était liée au faible niveau des salaires, la Grèce, l’Espagne et le Portugal devraient figurer dans le top du top.

Les hauts dignitaires de l’église médiatique ne rentrent pas dans ce genre de considérations. Le coût du travail est leur nouveau mantra, et nul ne les fera dévier de leur mission évangélisatrice. Habitués à constamment se tromper, ils persistent et signent.

Tout comme ils étaient pour le traité de Maastricht en 1992, pour le traité européen en 2005, pour le nouveau traité européen, ils sont pour la version "coût du travail" et "choc de compétitivité", notion imposée dans le débat public par les tenants de l’orthodoxie néolibérale.

Ces maîtres à (bien) penser ne parlent jamais du coût du capital, du coût des dividendes, du coût de la rente, du coût des délocalisations, du coût des fuites de capitaux, du coût des placements financiers, ou même du coût de la niche fiscale dont ils bénéficient en tant que journalistes. En revanche, le coût du travail salarié, cela les révulse au plus haut point, et ils n’hésitent pas à monter en prêche pour appeler les malheureux à se sacrifier en place publique.

Mais à qui s'adressent ces éminences du clergé médiatique ? Ni aux économistes, ni aux entrepreneurs, ni aux artisans, ni aux investisseurs, ni aux élus... tous ces gens n'ayant sûrement pas besoin des conseils éclairés de ces grenouilles de plateaux télé. Bref, à aucun des citoyens qui anime l'économie française. Alors qui les écoute ? La ménagère de moins de 60 ans, le retraité qui s'ennuie, le chômeur pendant sa vaisselle, le bricoleur en bruit de fond ? 

En somme ils s'expriment pour rien. Ou peut-être s'agit-il de conditionner l'électeur à force de répétition !?

Ces apôtres des idées reçues ont leur feuille de route et ils la respectent. Ils se donnent des airs doctes mais ne font qu'ânonner la leçon apprise. D'ailleurs il n'y en a pas d'autres... Malheur à ceux qui ont l'outrecuidance de démonter leurs arguments, de se gausser de la vacuité de leur pensée, ils s'attirent les sourires entendus, le doigt sur la tempe et les quolibets.

Le modèle dont ils sont les mercenaires intéressés a beau démontrer son inefficacité, ils sont le prototype de ces élites coupées du peuple qui dénoncent comme d'infâmes jouisseurs égoïstes les travailleurs préoccupés de leurs difficiles conditions d'existence et qui n'ont pas le bon goût de se sacrifier spontanément sur l'autel de la rigueur.

Dans le matraquage ambiant, il y a pourtant une manière imparable de trouver une autre vérité : il suffit de s'intéresser aux solutions et au jugement de tous ceux que ces arbitres des élégances doctrinales vouent aux gémonies.

Ceux que moque Giesbert, ceux qui s'attirent les sourires apitoyés de François Lenglet, ceux que Christophe Barbier soupçonne d'être à la limite de la débilité mentale, ceux qui font hurler Nicolas Beytout... bref tous ceux qui font entendre une autre musique et qu'ils accusent de spéculer sur les malheurs de la France.

Si ces propagandistes de la pensée unique néolibérale assènent leurs analyses et "bons conseils" comme s'il n' y avait pas d'autres alternatives, la responsabilité complice en incombe aux médias audio-visuels. Quelque soit la chaîne de télé, la radio, publique ou privée, on ne voit et n'entend qu'eux. On pourrait faire entendre d'autres voix, ou organiser de vrais débats, mais non, vous n'aurez droit qu'à Barbier, Beytout, Fitoussi, Lenglet, et pour nous dire tous la même chose. Pourquoi des économistes aussi brillants que Frédéric Lordon ou Etienne Chouard ne sont jamais invités alors qu'ils apportent d'autres visions et d'autres solutions à la crise que celles dictées par les portes paroles du système responsable de cette crise ?

Il n' y a plus que dans les blogs et forums que l'on trouve des analyses et des propositions différentes.

Quelqu’un a dit : « La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes. » Il s’appelait Keynes. Encore un hérétique...

(Avec l'aide de J.Dion - Marianne)


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