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François LAUR (France).

Par Ananda

FARIGOULE

Elles avaient joliment raison, les femmes qui, selon Werner Lambersy, s’en glissaient une ramille ou quelques gouttes entre les seins. Le parfum de la farigoule, un brin âpre un brin furtif, vivifiant et, oui, mutin, conserve un charme riche de ferveur, telle une bouffée d’oliban, mais un oliban rieur, capiteux, nullement offert aux dieux.

Moins m’as-tu-vu que le jasmin d’Espagne, elle, si résistante par la grâce de sudations, ses corolles délicates, lèvres blanc rose ou teintées corail à peine, révèle dans sa pudeur exquise tous les régimes du désir, splendeur sobre et frisson d’effluves comme on en sait sous le soleil lorsque se froissent feuilles ou touffes.

Vestibule, souvent, du régal amoureux, l’art culinaire la connait fort bien qui en consomme tellement, en bouquets, liqueur en légères goulées, miel. Et combien de thérapies, réputées peu fariboleuses, la font prodigue d’eupepsie, dissolvante de ferments pourris, dispensatrice de cœur à l’ouvrage.

Mes lèvres ne peuvent plus guère s’ouvrir sans que je songe aux tiennes à qui les siennes me conduisent. Sous rosée du petit matin, la fièvre est neuve aux commissures.

François Laur


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