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Il paraîtrait...

Publié le 04 décembre 2012 par Ericguillotte
mardi 4 décembre 2012

- qu’à Bonneville-la-Louvet, dans le Calvados, Marcel, 81 ans, produisait lui-même son électricité depuis des années, grâce à la rivière qui passe dans son jardin. Tranquille. Système D, sans rien demander à personne, sans emmerder quiconque. Quoique. Mon préjugé est positif. Marcel a peut-être toujours été un voisin pénible, un ami saoulant, un conjoint horrible. Mais le point de vue du jour concerne le courant créé par le courant. Et qu’apprend-on ? Son installation vient d'être jugée non conforme. Son partenariat avec EDF est suspendu. Car en plus, oui, messieurs dames, il fournissait, en plus de consommer. Stupéfiant, non ? Conséquence directe et moins drôle de la non-conformité du jus qu’on achetait préalablement, le retraité n'a plus d'électricité depuis près de deux mois. Il est donc aussi privé de chauffage. Alors, si en plus, Marcel est sympa, un voisin altruiste, un conjoint oblatif, et un ami fidèle, doit-on dire que c’est pire ? Sortir du contexte ou ne pas sortir du contexte, là est la gestion de la réflexion.

- que le tout premier sms a fêté ses 20 ans. Le message tenait en deux mots : Merry Christmas ! Ce tout, tout, tout premier SMS, Short Messaging Service je vous le rappelle alors que ce n’est aucunement essentiel, a été envoyé d'un ordinateur, un certain 3 décembre 1992, par Neil Papworth, un jeune ingénieur anglais, à un collègue. Avec un préjugé positif, on peut considérer Neil, qui restera dans l’histoire, comme un garçon intelligent, en tout cas suffisamment pour être devenu ingénieur. Mais, quand même, on est obligé de souligner que souhaiter joyeux Noël le 3 décembre, c’est un tantinet tôt. Et puis, s’il était conscient que c’était le premier sms, joyeux Noël, c’est très très très religieux, sympathique, aimable, mais très marqué. C’est trop tard, on ne refait jamais les premières fois, et je ne sais pas si Neil a réfléchi, mais eut-il pu faire mieux ? Etait-il suffisamment intelligent pour ça ? Serait-il devenu une star mondiale avec des mots mieux choisis, un humour plus affûté ? Sortir du contexte ou ne pas sortir du contexte, là est la gestion de la réflexion.

- que l'actrice de cinéma Léa Seydoux est la fille de l'homme d'affaires Henri Seydoux. Elle est également la petite-fille de Jérôme Seydoux, président de Pathé, et la petite-nièce de Nicolas Seydoux, PDG de Gaumont. Le préjugé négatif classique la revêtirait des habits de la môme pistonnée à laquelle aucun réalisateur ou aucun producteur avec une légère volonté de survivre dans le milieu ne pourrait refuser un rôle. Un préjugé empathique pourrait juger que la tâche d’obtenir des critiques positives et surtout de séduire les spectateurs était rendue plus arde par sa naissance. Un autre point de vue avancerait que faire ses preuves alors qu’on en a les moyens et plus facile que de faire ses preuves alors qu’aucune porte de casting ne s’ouvre ! On pourrait aussi dire qu’elle aurait pu se présenter anonyme, mais dans ce monde du net où peu d’informations peuvent être cachées, elle ne le serait pas restée longtemps. Avait-elle le choix ? Devient-on meilleur(e) en étant dirigé(e) par les meilleurs en étant choisi(e) par sa naissance, et la visibilité initiale donne-t-elle accès encore plus facilement à d’autres projets qui donnent encore plus de crédibilité ? Ou le talent se trouve-t-il partout, chez les bien-nés et chez les autres, et qu’un jour ou l’autre, il apparaît au grand jour ? Sortir du contexte ou ne pas sortir un texte con, là est tous les jours la gestion de la réflexion.


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