Serais-je d’accord avec Jacques Attali ? Si l’automobile, par exemple, est à l’article de la mort, c’est parce qu’elle n’a pas pris les bonnes décisions au bon moment. Si elle l’avait fait, il n’est pas dit qu’elle n’emploierait pas plus de monde aujourd’hui, qu’hier… Maintenant, il est trop tard. Toute résistance est vaine. C’est parce que la France refuse le changement, qu’elle en est victime. Elle est paralysée par le syndrome de la ligne Maginot, ou de l’autruche.
Le noeud du problème est peut-être bien notre conception du rôle de l’Etat. Du despotisme éclairé que décrit Tocqueville, dirigiste, bureaucratique, taylorien, il doit passer à la République, autre nom de l'économie sociale. Autrement dit, il ne doit plus nous imposer une ligne de conduite rigide, mais être le donneur d’aide de l’initiative individuelle.
Je suis à peu près certain que le petit peuple est prêt pour
cette grande transformation. C’est dans la tête des grands fauves qui nous
gouvernent que doit se faire le changement. Pour la première fois depuis Louis
XIV, un gouvernant doit admettre qu’il n’est pas omniscient. Jacques Attali,
ingénieur des Mines et inspecteur des finances, sera-t-il l’hirondelle qui fait
le printemps ?
