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Affaire Cahuzac : une presse étrangement bienveillante

Publié le 07 décembre 2012 par Bernard Girard
On pouvait craindre que la presse de droite, celle qui multiplie les unes ravageuses contre François Hollande ne se saisisse de l'affaire Cahuzac pour dénoncer une nouvelle fois la gauche. Ce n'est pas le cas. La droite politique fait preuve d'une extrême prudence, mais sans doute ses représentants sont-ils tenus par une camaraderie de caste, le souvenir de l'affaire Worth (du regard de celui-ci à certains moments) et de quelques autres. Le comportement de la presse est plus surprenant.
Qu'Ivan Rioufol, qui parle du "piège de Médiapart", prenne pratiquement la défense de Jérôme Cahuzac est étonnant :
Mais on retrouve le même ton dans Le Point qui titre un de ses papiers sur le sujet : Face aux dénégations de Cahuzac, Mediapart sort ses "preuves": Les guillemets témoignent pour le moins d'une réelle neutralité et invite le lecteur à ne surtout pas aboyer avec les loups. L'Express fait un portrait du ministre ambigu, il a beaucoup d'ennemis mais est professionnel, conclu par un "si c'est vrai" à propos de son compte en Suisse qui va dans le même sens. Dans un autre papier, le journal rappelle qu'"il n'y a pas de contre-indication à posséder un compte en Suisse, en soi." Quant au Nouvel Observateur, il ouvre un de ses papiers sur l'affaire par cette déclaration de l'inspecteur du fisc par lequel le scandale serait arrivé : ""Je n'exclus pas l'innocence de Jérôme Cahuzac", déclare Rémy Garnier, l'auteur du rapport fiscal mettant en cause le ministre du Budget."
Prudence? Refus d'accabler sans plus de preuves? Sympathie pour l'homme? C'est possible. Le plus probable est cependant que la presse ne serait pas mécontente que cette information se révèle fausse. Moins par amitié pour le ministre que par défiance à l'égard de Mediapart. Ce journal agace profondément la presse classique. Pour au moins deux motifs :
  • son modèle économique basé sur un journalisme d'investigation dessine un sombre avenir pour des journalistes plus habitués à commenter l'actualité au chaud, du fond de leur fauteuil,
  • la personnalité éruptive, excessive de son directeur, Edwy Plenel qui n'hésite pas à donner des leçons à toute la profession alors qu'il a poussé loin, comme le rappelle Rioufol le bouchon dans l'affaire Baudis, n'a pas hésité à titrer contre toute vraisemblance, dans le Monde, sur l'antisémitisme de Mitterrand et s'est fait, dans la période sarkoziste, le messager clandestin de Villepin. Il est des donneurs de leçon que l'aim voir trébucher.

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