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Audition de Jean Bassères à l’Assemblée nationale

Publié le 12 décembre 2012 par Mamzelleb @mamzelleb

La mission d’information sur Pôle emploi et le service public de l’emploi est en cours depuis le mardi 11 décembre 2012 à l’Assemblée Nationale.

La Commission des affaires sociales, réunie le 7 novembre 2012, a désigné Dominique Dord, président et Monique Iborra, rapporteuse de cette mission d’information.

JeanBasseres
Les membres de la mission d’information sont : M. Pierre Aylagas, Mme Gisèle Biémouret, M. Jean-Patrick Gille, Mmes Joëlle Huillier, Chaynesse Khirouni, Luce Pane, M. Christophe Sirugue, Mme Véronique Louwagie et MM. Bernard Perrut, Francis Vercamer, Christophe Cavard, Jean-Noël Carpentier.

Suite à la fusion Assedic-ANPE et après un an au poste de Directeur général, Jean Bassères, a répondu hier aux questions des membres de la mission d’information.

L’audition a commencé par une série de trois questions :

1/ A quoi attribuez-vous le fait que les français retrouvent un travail moins vite en France que dans les autres pays ?

2 / Le terme de « client » vous paraît- il toujours approprié par rapport à l’institution que vous dirigez maintenant ? En outre, les médiateurs interviennent énormément sur les problèmes d’indemnisation alors ce que cette médiation devait être terminée.

3 / Pourquoi les tâches des différents personnels sont à ce point parcellisées ? Est-ce le témoin d’une organisation moderne ou est-ce du taylorisme ?

Jean Bassères : Pôle emploi rencontre des problèmes dans la collecte des offres. Les offres vont être qualifiées en tant qu’emplois d’avenir. Nous allons solliciter les entreprises ainsi que les missions locales. Il faut mettre en place l’intermédiation entre l’offre et un demandeur d’emploi.

La fusion fut très difficile dans un contexte économique de crise. Mon objectif est de passer à autre chose et de donner du sens à cette après-fusion. Pôle emploi n’est pas une entreprise et n’a pas de client. Une des causes, est qu’on a voulu utiliser une terminologie qui n’est pas adaptée à notre rôle.

[…]

L’objectif de Pôle emploi 2015 est managérial. Il faut éviter une parcellisation des tâches et s’éloigner d’une organisation taylorienne.

Le plan stratégique pour 2015 définit trois catégories d’accompagnement et de suivi. Les portefeuilles sont élaborés en fonction de l’éloignement du marché du travail du demandeur d’emploi. C’est l’agent qui choisira le rythme des rendez-vous avec le demandeur selon l’éloignement du marché du travail. Il faut en terminer avec cette course aux indicateurs. Il faut des planifications avec des plages plus importantes.

Ce sont les questions d’indemnisation qui sont posées à l’accueil de Pôle emploi. Au premier rendez-vous, on commence par l’entretien d’inscription et de diagnostic qu’il faut alléger, un jugement qu’on porte sur les perspectives professionnelles et après on traite directement les rejets-reprises. L’indemnisation est traitée après cet entretien. Le paiement est effectué dans les délais et atteint 85%.

La réglementation d’assurance chômage m’apparaît particulièrement compliquée. Le rapport du médiateur s’adresse à Pôle emploi mais aussi aux partenaires sociaux. Il faudrait simplifier la réglementation.

MI: Cet entretien de pôle emploi est contesté par les agents. Aujourd’hui il n’y a pas de métier unique. Dans l’éventualité où ceci ne pourrait pas se faire, pourrait-on imaginer comme en Suède une dissociation entre l’indemnisation et l’accompagnement ?

Jean Bassères : Purement factuel, le métier unique est généralisé. La majorité des agents sont favorables aux métiers uniques. Le référentiel des métiers de Pôle emploi, ressurgit la problématique de la liste des métiers parPôle emploi. Pour autant dissocier indemnisation et placement serait contraire aux demandeurs d’emploi. Quel est le socle commun de compétences que doivent avoir les agents de Pôle emploi ? Une discussion doit avoir lieu avec les partenaires sociaux. Un organisme raccorde deux cultures différentes. Il faut rendre de l’unité, du collectif. Un conseiller chargé du placement doit connaître la règlementation pour rendre un bon service. A l’accueil des agences de Pôle emploi, la règlementation doit être maîtrisée. Il ne faut pas faire le métier unique et pas deux filières distinctes. Il fallait faire Pôle emploi. Il faut développer la maîtrise de l’indemnisation et du placement, et encore une fois pas avec le même niveau d’expertise bien évidemment.

[...]

Il faut recréer des partenariats, retravailler avec les CCI.

On travaille sur la prospection et le travail en entreprise. Notre responsabilité est de mettre en relation les CV et les offres. J’appelle cela la transparence du marché du travail, faire que tous les marchés soient les moins cachés possibles. Il faut faire de la prospection. La nouveauté : il faut analyser nos portefeuilles de demandeurs d’emploi pour savoir quelles entreprises démarcher.

[...] un service entièrement dématérialisé basé sur le volontariat en 2013-2014.

[...] On n’est pas assez présent sur l’alternance.

MI : Est ce que de la fusion est estimée, comment expliquez-vous votre déficit, est-ce un reliquat de la fusion ? Il ne s’agit pas de recrutements supplémentaires à Pôle emploi mais d’un redéploiement. Cela risque donc de prendre un certain temps. Abandonner le suivi mensuel pour moduler en fonction des besoins ? A partir du moment où on a parlé de parcellisation des tâches par rapport au référencement métiers : 2 800 temps plein back-office, 2 600 TP Accueil, 16 700 TP Intermédiation, sans toucher à cette organisation du travail, est-ce que vous pensez aboutir à l’accompagnement renforcé pour un certain nombres de demandeurs d’emploi ?

Jean Bassères : le coût de la fusion : personnel 300-380 millions d’euros et immobiliers 500 millions d’euros, le droit d’option 259 millions, CCN 300 millions, 70 millions d’accords ultérieurs. Que ce serait-il passer sans la création de Pôle emploi ?

L’objectif est de supprimer le déficit à Pôle emploi, de présenter un budget au Conseil d’administration réduit de 10 à 15 millions et de passer à l’équilibre en 2014. Un Pôle emploi qui est en déficit est en danger. J’ai beaucoup de respect pour l’Unédic et ses financeurs mais Pôle emploi ne doit plus être en déficit.

Recrutement net de 2 000 CDI cet été. L’objectif sera atteint en janvier. + 700 CDI hors AFPA dans un premier temps + 1 redéploiement = remettre des forces devant les demandeurs d’emploi et les entreprises. On va jouer naturellement sur les départs volontaires à la retraite.

MI : Je parle d’ETP et non de personnes. Le taux de fonction support est plus important qu’à l’étranger, 9 600 au RU et 19 000 à Pôle emploi ?

Jean Bassères : Trop de cadres issus de la fusion, on a un travail autour de l’encadrement. Lorsqu’on va simplifier les tâches, on va alors alléger le temps des ETP. Il faut de l’accompagnement individuel pour arriver à cela.

On triche avec le SMP (suivi mensuel personnalisé). On n’arrête le SMP. Je considère qu’il n’était pas adapté.

Les mêmes agents ne peuvent pas être à l’accueil. Des rotations doivent être effectuées. Il restera une forme de différenciation des activités. Un des enjeux de Pôle emploi 2015 est qu’il y ait un manager spécialisé dans l’accueil. Un accueil qui fonctionne bien est un management qui fonctionne par la formation et la cohésion.

Les agences de proximité sont au nombre de 900 et 135 dans les agences spécialisées [...] 75% des opérations engagées et fin 2014, atteindre 95% des opérations.

MI : Les organisations ne sont pas particulièrement favorables sur Pôle emploi 2015 ? Quelles ont été les raisons de leur position ?

Jean Bassères : Des organisations syndicales sont d’accord sur la stratégie et attendent sa bonne mise en œuvre. Les autres organisations pensent que la stratégie ne va pas dans le bon sens. Mais quelle est leur solution ? Le dialogue social même s’il est difficile à Pôle emploi, il est respecté. On sera très transparent, on respecta les règles du dialogue social dans le cadre du CCE. On attend les élections à Pôle emploi pour voir les évolutions du dialogue social, en cas de changements des mandats. Les agents de Pôle emploi adhèrent sur le fond à la stratégie 2015.

[...] Les 100 millions d’euros donnés par l’Etat sont déjà utilisés.

Sur la formation, avec la loi de la décentralisation, que ce soit les régions qui soient leader sur les commandes groupées, cela serait une bonne dynamique sur le pilotage et un gain de temps et de supports. C’est une autre rupture. J’ai juste trois bémols : est-ce qu’on sera associé au diagnostic sur le marché du travail ? Les outils de prescriptions : l’agent de Pôle emploi aura-t-il tous les outils disponibles et toutes les formations ? Il faut laisser à la main des conseillers de Pôle emploi le financement de la POE et de l’ AFPR pour des formations individuelles.

MI : Problèmes informatiques : une centralisation trop importante ?

Jean Bassères : Notre système informatique a évolué. Les agents doivent se battre quotidiennement avec les services informatiques […] une mauvaise anticipation des bugs et une mauvaise communication… On est en train d’unifier le poste de travail… L’agent de Pôle emploi ne supporte pas les déconnexions informatiques. On a mis en place une stabilisation informatique.

Jean Bassères termine l’audition en rendant hommage à ce qui a été fait par Christian Charpy et ses équipes.


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