Développeur : Mike Bithell
Genre : Plates-formes / Réflexion
Sortie : 12 novembre 2012
Support : online
Thomas Was Alone fait partie de la légion de petits jeux indépendants faits par «un type tout seul». Sorti de nulle part, c’est un shrapnel de plus dans l’explosion méritée de la scène indie dans le jeu vidéo cette année.
Le monde des jeux indie a connu une ascension médiatique et critique fulgurante depuis un peu plus d’un an notamment grâce à des plateformes dématérialisées comme Steam (sur laquelle vous pouvez d’ailleurs vous procurer le jeu) devenues de vraies mines d‘or.
On est reconnaissant de cette nouvelle visibilité , mais TWA arrive-t-il à tirer son épingle du jeu ?
De la coopération tout seul

Chacune de ces formes disposent de capacités (comme le fait de flotter dans l‘eau, le double-saut, la gravité inversée etc.. ) uniques et d’une inertie (chaque formes a son propre poids et peut sauter plus ou moins loin et haut) propre et il faut jouer avec les complémentarités et les aptitudes des formes pour parcourir les tableaux , éviter les obstacles , pousser des Switch etc…pour in fine atteindre leur portail attitré et passer au tableau suivant.
Si le jeu ne fait pas particulièrement appel à votre dextérité il faut tout de même donner un peu de sa matière grise à la science étant donné que certains niveaux nous demandent de contrôler jusqu’à une dizaine de formes différentes , même si on peut simplement passer de l’une à l’autre à tout moment.
Chaque formes (et personnages) apportent une nouvelle mécanique qu’il faut s’atteler à maîtriser.
Le jeu est grosso modo divisé en deux parties et on trouve dans la seconde des nouveautés venant s’ajouter au gameplay , ainsi , la courbe de progression et d’apprentissage est toujours constante et on ne s’ennuie pas.
Le jeu reste très accessible (il ne se joue qu’avec les directions , espace et le pavé numérique) mais j’ai quand même regretté qu’il ne me mette pas plus à l’épreuve , surtout que l’expérience est relativement courte , cinq heures grand max et que même si certaines idées demeurent sympathiques , le jeu ne vous dépaysera pas d‘un VVVVVV par exemple, la difficulté en moins hélas. Le tout reste honorable pour un jeu du genre et à ce prix , mais heureusement , TWA possède d’autres atouts plus sibyllins et inhabituels pour se démarquer.
Narration , ambiance et imagination

Le tout reste relativement abstrait , mais ce n’est pas par manque d’originalité ou fainéantise comme d’autres petits jeux du genre , c’est bien un parti pris.
Côté ambiance sonore , on ne peut qu’admirer le travail réalisé par David Houdsen avec les musiques du jeu. Variées, mélancoliques et relaxantes (à grands renforts de violons, pianos , arpèges et sonorités 8/16bits), elles renforcent les propos de la narration de belle manière et se mêlent parfaitement avec l’ambiance sonore et visuelle du jeu.
Le récit est dispensé à travers un narrateur (Danny Wallace fait d‘ailleurs un travail formidable à ce niveau) qui énonce les pensées des différentes formes , ainsi , on se retrouve à jouer avec des personnages aux caractères distincts et hauts en couleur, dépendants bien souvent de leur capacité unique, donnant des personnages parfois cocasses ou pensifs mais surtout vivants et crédibles. Les dialogues sont fins, parfois subtils et ils vous donneront sûrement plusieurs fois le sourire, ce fût mon cas à plusieurs reprises.

On est de cette manière acteur ou marionnettiste en faisant interagir les rectangles entre eux , espérant qu’il en découle une bribe d’histoire ou de ressenti.
Doté d’un style visuel épuré auquel on adhère ou pas mais qui n’est pas sans attrait et de cette narration , TWA nous fait redécouvrir quelque chose que l’on a trop perdu avec les nouvelles technologies : le travail de l’imagination en parallèle de l‘expérience narrative.
Et oui , je me suis pris à imaginer des avatars humains de ces petits rectangles , que ce soit ce gros carré bleu nommé Claire qui se prend pour une super-héroine parce qu’elle ne se noie pas contrairement a ce petit carré orange et haineux appelé Chris qui tombe amoureux de la timide et rose Laura , l’IA qui «s‘allonge» littéralement pour qu’on lui saute dessus (difficile de ne pas voir ici une allusion sexuelle)…
Conclusion : 7/10
Bref , je n’ai pas envie de dévoiler plus de pistes , si le jeu a attisé votre curiosité , c’est que vous êtes quelqu’un de bien et je vous aime. Euh en tout cas n’hésitez pas à tenter l’expérience proposée par Thomas Was Alone , c’est une petite parenthèse appréciable dans un monde du jeu vidéo un peu trop conventionnel et sérieux et on aime à voir se dessiner de nouvelles pistes narratives avec des jeux qui explorent des manières originales de faire avec humilité et talent.
NB : le jeu n’est pas disponible en Français , mais si une communauté de fans se forment dans nos contrées , peut-être aurons-nous un jour droit à un patch de leur part !
Télécharger la démo de Thomas Was Alone (PC)
