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Cheveux chéris, frivolités et trophées – exposition au musée du Quai Branly

Publié le 27 décembre 2012 par Mpbernet

bouclesdemarbre

afficheexpo

La variété capillaire est à la hauteur du ­génie humain: infinie. Le parcours commence par l’opposition de bustes blancs et noirs : les uns en marbre comme Louis XIV enfant, la reine Marie-Amélie …. Les autres en bronze comme cette sublime africaine par Charles Nodier.

superbe buste

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mérovingiens

L’image joue sur les correspondances. Par exemple entre ­les rois fainéants peints au XIXe et des photographies d'hommes ­politiques africains du XXe siècle. Qui sont les plus beaux ? Les plus originaux ? À ­chacun son style, sa coupe.

Une réflexion sur la notion de beauté absolue … ou relative.

La première partie du parcours est donc légère, où l’on saisit la chevelure comme une marque de coquetterie, un invariant universel.

Les brunes pulpeuses (Ava Gardner, Gina Lollobrigida) ou les blondes évanescentes (Michèle Morgan, Sylvie Vartan), ou la rousse mousseuse Yvette Horner.

bijou
Puis l'ambiance change. Lorsqu'on passe de la frivolité des bouclettes aux reliques, lcomme ces étranges bijoux de cheveux si en vogue au XIXème siècle …. Un brin dérangeant.

Plus loin enfin, on passe aux cheveux-trophées.

La symbolique des cheveux comme expression de puissance éclate dans toutes les civilisations : Sanson dans la Bible, les scalps, les têtes réduites des jivaros, une momie précolombienne qui évoque pour moi illico les cauchemars que j’eus si longtemps après la lecture des 7 boules de Cristal.

Ces «pièces» ethnographiques - dont le musée regorge - ont beau être présentées avec un maximum de tact et de précautions, leur présence pourra choquer ou dégoûter. «Le cheveu est un matériau réputé imputrescible » rappelle le commissaire. « À ce titre, il est utilisé dans de nombreuses représentations d'ancêtres pour “vitaliser” un objet rituel, un masque, un cycle de relations.» Plastiquement, cela aboutit parfois à des merveilles. Comme ce crâne égyptien momifié à la feuille d'or. Ou ces masques kanaks d'une puissance expressionniste dont les montagnes de cheveux, emblèmes du pouvoir, sont les substituts du chef défunt.

On termine par la tonsure des femmes réputées avoir fricoté avec les Allemands pendant la dernière guerre … filmée avec une jouissance malsaine. Une évocation pénible pour toutes celles qui, comme moi, ont jadis perdu la totalité de leur chevelure à cause de la maladie. Car même si l'on sait très bien que l'absence est temporaire, elle recèle une charge d'humiliation considérable.

Supports de mémoire, reliques, talismans, trophées, les cheveux conservent pour beaucoup l’aura et l’énergie de leur propriétaire : voici donc une exposition intéressante, mais à ne pas mettre entre toutes les mains.

37, quai Branly - 75007 Paris, tous les jours sauf le lundi - à partir de 11 heures


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