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Cap sur 2013 : une nouvelle année pour un nouveau Milan

Publié le 30 décembre 2012 par Passionacmilan

El Shaarawy - De SciglioL’année 2013 approche à grand pas et dès aujourd’hui, les Rossoneri reprennent les entrainements (y compris Pato et Robinho) pour préparer la reprise programmée le 6 janvier à San Siro face à Sienne. L’objectif est de retrouver immédiatement la victoire après la déroute à Rome afin d’atteindre les 30 points pile-poil à la mi-saison. Mais actuellement l’attention est toute tournée vers le mercato et notamment le voyage de Galliani au Brésil pour négocier les ventes de Pato et Robinho, qui seraient une petite revolução.

L’AC Milan vient de vivre une année et une première partie de saison très difficile. L’équipe d’Allegri a payé les lourdes conséquences d’une révolution radicale et surtout non programmée. En chiffres, ça donne un Milan avec 10 points de moins par rapport à la saison passée. Sur le plan offensif, surtout grâce à l’explosion d’El Shaarawy, les Rossoneri ont bien supporté le départ d’Ibrahimovic : 34 buts ont été inscrits (contre les 37 de la saison passée). Ils ont par contre eu beaucoup plus de mal à se passer de Nesta et Thiago Silva (mais aussi Ibra dans le jeu aérien sur phases arrêtées) comme le prouvent les 26 buts encaissés (contre les 17 de la saison passée). La défense est le plus gros problème de l’AC Milan avec notamment un nombre incalculable de buts encaissés sur phase arrêtées et ballons aériens très souvent dus à des erreurs individuelles. Comment est-ce possible de voir de telles erreurs à ce niveau et de manière si répétée? La réponse n’arrivera jamais d’Allegri ni des dirigeants, qui, embarrassés, ne peuvent que dire « On doit être plus attentifs ». Mais ce n’est pas une question d’attention… la réponse est simple mais imprononçable pour eux : le problème est la qualité intrinsèque des défenseurs. Aucun d’entre eux n’est à la hauteur. Aucun. Mais ce n’est pas la seule raison : une défense est solide si le milieu de terrain la protège de manière efficace. Ce n’est pas le cas. La grave blessure de De Jong remplacé par un Ambrosini titubant, usé par l’âge, aggravent le problème. Sans parler de Nocerino qui n’est plus que l’ombre de lui-même ni des alternatives pas du tout à la hauteur (et exclus des plans d’Allegri).

L’AC Milan aurait grandement besoin d’un renfort en défense et un au milieu de terrain. Malgré cela, c’est toujours de l’attaque qu’on parle. Et cela pour plusieurs raisons. La première est qu’il ne peut y avoir aucune arrivée sans des départs préalables : contrairement à l’attaque, il n’y a rien de concret concernant le mercato en sortie de la défense et du milieu. La seconde est que Galliani et Allegri affirment qu’il n’y aura aucune opération dans ces secteurs (qu’ils bluffent ou non c’est un autre sujet). La troisième est qu’une (autre?) révolution se prépare. Et c’est l’attaque qui est concernée. Alors que toute notion de révolution semblait archivée et que le club semblait penser uniquement à la reconstruction, voici arriver une revolução. Tout est parti du désir de, d’abord Robinho, ensuite Pato de retourner au Brésil. Le premier par nostalgie, le second pour se relancer, pour changer, car à Milan, il ne se sent plus bien et n’arrive plus à se relever. Les deux (probables) départs en attaque déchainent les rumeurs de mercato en attaque. Si pour les autres secteurs, cela reste discret (Galliani joue très bien le coup : son voyage au Brésil détourne l’attention sur les autres dossiers en cours en Europe!), en attaque tout le monde le sait : un attaquant sera recruté. Un SEUL, mais un quand même. L’autre place sera occupée par Niang, que le club veut valoriser à partir de janvier.

C’est la fin du Samba-Milan. L’AC Milan a longtemps été lié au Brésil, pour sa mentalité, sa joie de vivre, sa qualité technique. Lors de la saison 2007-2008, Milan comptait pas moins de 8 Brésiliens dans son effectif (Dida, Cafu, Digao, Serginho, Emerson, Kaka, Pato et Ronaldo). La présence de Leonardo n’y était pas pour rien… Peu à peu, le cycle des Brésiliens s’est éteint. Les départs de Pato et Robinho (ainsi que Gabriel, qui de toute façon est « invisible ») risquent de mettre un terme à l’épopée brésilienne à Milan. Il y a de nombreuses raisons comme par exemple le départ de Leonardo. Une autre raison pourrait simplement être une décision de Milan, lassé par la nostalgie qui frappe tôt ou tard chaque Brésilien mais aussi par le manque de professionnalisme de la plupart d’entre eux (pour eux le football c’est un plaisir, pas un travail). Mais la raison principale est que le Brésil est devenu plus puissant, plus riche, les clubs brésiliens ne sous-vendent plus leurs pépites (au contraire!) et ont maintenant les moyens de payer des salaires importants à des joueurs qui ne cherchent plus à fuir la misère. Il suffit de voir un joueur comme Neymar, considéré comme un des plus grands talents du monde qui reste sans problème au Brésil. Et il est loin d’être le seul, il y a de nombreux exemples alors qu’il y a quelques années encore, tous les meilleurs Brésiliens évoluaient en Europe. Il est devenu impossible de conclure de bonnes affaires au Brésil. Si on ajoute à tout cela l’organisation de la Coupe du Monde 2014, on comprend mieux cette croissance du football brésilien, qui est maintenant capable de garder ses meilleurs joueurs, d’en faire revenir d’autres d’Europe et pourquoi pas un jour attirer des joueurs européens… le monde change et Milan doit s’y adapter. Maintenant, l’objectif est devenu de fabriquer soi-même ses champions en dénichant les meilleurs jeunes Italiens et construire l’équipe avec son centre de formation, en inculquant directement les valeurs du club. C’est en quelque sorte l’effet boomerang de la mondialisation et un retour aux « produits locaux ».

Tout cela pour en revenir à Robinho et Pato. Alors qu’au début le départ du premier semblait beaucoup plus probable que celui du second, la situation s’est inversée. Galliani a en effet des difficultés à trouver un club brésilien prêt à payer les 10M réclamés par Milan (pour éviter toute moins-value). Flamengo s’est rapidement retiré du dossier et Santos a bien du mal à rassembler l’argent nécessaire. La situation de Pato est différente. Milan ne croit plus en lui et le Papero ne croit plus en Milan. C’est la fin d’une histoire durant laquelle Milan aura tout fait pour récupérer ce potentiel champion. Corinthians est prêt à débourser 15M pour se payer les services de Pato. Exactement comme toute son aventure à Milan, ce transfert est très débattu.

Est-ce une bonne affaire? Oui et non. NON car 15M ça semble peu un an après avoir refusé les 28M+7M de bonus du PSG, pour un potentiel fuoriclasse. OUI car récupérer 15M d’un joueur qui n’a pratiquement plus joué depuis deux ans (16 blessures et absent lors de 86 matches de 2010 à aujourd’hui) est pratiquement un miracle. Milan ne peut pas prendre le risque de refuser à nouveau et de voir son prix diminuer par deux d’ici 6 mois ou le perdre gratuitement en juin 2014 (l’autre solution aurait été de prolonger son contrat mais le joueur veut partir). Sans oublier l’économie intéressante réalisée sur le (gros) salaire d’un joueur sur lequel Allegri ne peut pas compter et qui a un mental encore plus fragile que son physique. Milan ne peut plus attendre et a besoin d’un attaquant apte immédiatement pour accrocher le podium de Serie A. C’est une triste fin d’histoire d’un joueur qui aurait pu battre tous les records à Milan mais qui n’a jamais fait aucun progrès en 5 ans de travail à Milanello, sans jamais prendre exemple sur les grands champions (et exemples de professionnalisme) qui l’entouraient. Cela reste un adieu douloureux car Pato devait être le futur de Milan, le club (et les tifosi) croyaient en lui… c’est une défaite pour tout le monde : Milan pour son investissement et Pato qui n’a jamais exploité toute ses qualités et retourne maintenant au Brésil la queue entre les jambes.

Ces ventes vont permettre d’alléger encore plus la masse salariale (16M bruts par an) et apporter des fonds pour construire le futur (Milan veut récupérer 25M de ces ventes). Berlusconi veut revoir son Milan au top d’ici trois ans. Si cela doit passer par la revolução, qu’il en soit ainsi. Sans regret, sans laisser place aux sentiments. Le club passe avant tout. Milan a la possibilité d’initier sa reconstruction. C’est même une nécessité car le club doit absolument réussir à arracher une qualification en Champions League (Galliani a fixé l’objectif : la seconde place). Pour cela, il faudra raisonner intelligemment et pour une fois, ne pas juste penser à engager un attaquant mais aussi penser à régler les problèmes bien plus graves, avec une défense trop fragile et au milieu sans leader et sans qualité (mis à part Montolivo). Et surtout, surtout, surtout ne plus commettre les erreurs du passé en gaspillant les ressources financières en salaires pour vieux mammouth, ce qui contredirait totalement et incroyablement le projet annoncé d’un Milan basé sur des jeunes. Les tifosi ne sont plus disposés à voir l’AC Milan sombrer. Nos dirigeants (taillés en pièces par une interview de l’immense Paolo Maldini) sont-ils encore capables de construire un grand Milan? Réponse dès l’année prochaine. En attendant, j’en profite pour souhaiter une excellente année 2013 à tous. Que cette année puisse vous apporter ce dont vous avez besoin dans votre vie. Footballistiquement, elle ne pourra être que meilleure que cette année 2012 qu’on enterrera avec grand plaisir.

Forza Milan

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