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POLLUTION: Appel à une politique européenne plus radicale – InVS

Publié le 08 janvier 2013 par Santelog @santelog

POLLUTION: Appel à une politique européenne plus radicale  – InVSRéduire les niveaux de pollution, c'est réduire de manière linéaire les risques sanitaires, cardiaques et respiratoires, car le lien entre morbidité et mortalité et niveaux d'exposition, même faibles, aux polluants des villes européennes, est aujourd'hui bien établi. Lutter contre la pollution, c'est aussi réduire les disparités de santé car ce sont les groupes les plus vulnérables qui sont les plus exposés et les plus sensibles aux effets de la pollution. C'est un examen des données des études disponibles en France et en Europe que propose ce numéro spécial du Bulletin hebdo de l'Institut de Veille sanitaire qui appelle, au-delà des initiatives locales et ciblées à une politique européenne plus « radicale ».


 


POLLUTION: Appel à une politique européenne plus radicale  – InVS
L'étude Aphekom, menée dans 25 villes de 12 pays européens, a mis en évidence l'ampleur des effets sur la santé publique des niveaux actuels de pollution dans les villes européennes, démontrant qu'habiter à proximité du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique. Près de 2 ans d'espérance de vie pourraient être gagnés dans les villes les plus polluées d'Europe si la pollution pouvait être ramenée aux niveaux préconisés dans les lignes directrices de l'OMS relatives à la qualité de l'air. Enfin, respecter cette valeur guide se traduirait par un bénéfice d'environ 31,5 milliards d'euros lié à la diminution des dépenses de santé.


Même à de faibles niveaux, des effets sanitaires : Les différents programmes français (comme le Programme de surveillance air et santé- Psas) et européens (études Aphea et Aphena) ont démontré la persistance d'effets sanitaires à court terme de la pollution de l'air, et ceci même à de faibles niveaux de pollution, car il n'existe pas de seuil en deçà duquel aucun impact n'est observé. En particulier, le rôle des particules fines (PM2,5) émises principalement par le trafic routier, et leur implication dans l'aggravation, voire l'apparition de pathologies chroniques respiratoires et cardiovasculaires, a été mis en évidence. De petites augmentations de niveaux de pollution entraînent une augmentation des risques sanitaires « dose-dépendante ». Ainsi, quand sur la période 1998-2003, le système de surveillance montre en France une augmentation de 10 µg/m3 des niveaux de PM10 ou des PM2,5 et de 0,5% pour le NO2, le risque d'hospitalisation pour cause cardiovasculaire sur l'ensemble de la population augmente de 0,7%.


Diminuer les niveaux de pollution, c'est réduire les risques sanitaires : Une étude bibliographique montre une réduction du risque qui suit la diminution des niveaux de pollution atmosphérique. Les différentes interventions décrites, quelle que soit leur nature, permettent de réduire effectivement les niveaux de pollution atmosphérique et s'avèrent bénéfiques sur la santé, avec une réduction de la mortalité et/ou de la morbidité cardiovasculaire ou respiratoire. S'il n'existe pas d'approche unique ou standard, des actions ciblées en fonction des niveaux ou des types (particules fines, dioxydes d'azote et ozone) de pollution présentent, dans chaque exemple, des avantages pour la santé publique, y compris dans des villes présentant des niveaux de pollution relativement bas.


Diminuer les niveaux de pollution, c'est aussi réduire les inégalités de santé : L'exposition à la pollution atmosphérique peut également être invoquée comme contribuant aux inégalités sociales de santé (ISS). L'InVS l'explique par 2 mécanismes, documentés par des études : D'une part les populations défavorisées sont exposées à un plus grand nombre de nuisances et/ou à des niveaux d'expositions plus élevés et d'autre part, ces populations pourraient être plus vulnérables aux effets de l'environnement en raison d'un état de santé plus fragile. La crise économique pourrait amplifier les risques de santé liés à l'environnement déjà existants.


En conclusion, s'il reste nécessaire, selon les experts de poursuivre encore les recherches sur les effets de la pollution sur la santé, les données disponibles, actuellement en cours d'étude par la Commission européenne vont permettre la révision, en 2013, des politiques de l'Union européenne relatives à la qualité de l'air. L'occasion d'élaborer une politique efficace, plus radicale et fondée sur des preuves en Europe, qui viendra compléter des actions locales essentielles mais insuffisantes à protéger la santé des Européens.


Source : BEH 8 janvier 2013 / n° 1-2 (Visuel OMS)


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