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Paris : bibliothèques à poil

Publié le 08 janvier 2013 par Delanopolis
Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour les bibliothèques parisiennes, variables d'ajustement des crédits qu'il faut rogner pour compenser les nombreuses gabegies de la mairie. Paris : bibliothèques à poil Les bibliothécaires parisiens étaient nombreux le 20 décembre 2012, plus de quatre-vingt, au moment d’entrer dans l’auditorium de Marguerite Duras en plein séminaire des chefs d’établissements afin de dénoncer le manque chronique de moyens et de manifester leur ras-le-bol. Directement interpellé, le directeur des Affaires Culturelles, visiblement mal à l’aise, ne pu rétorquer que : «le budget de la Ville est difficile à mettre en place », mais que les revendications de tous sont «connues». Pas encore reconnues, cependant... comme le remarqua perfidement un témoin.

Les clameurs des manifestants à peine éteinte, l’administration entre dans le vif du sujet et annonce des budgets d’acquisition …en baisse. Le budget 2013 est identique au précédent, auquel viennent se greffer les trois nouvelles bibliothèques (Pajol, St Lazare et Canopée) diminuant d’autant l’acquisition de nouveautés pour les autres. Face à ce mauvais coup pour la politique culturelle municipale, la Direction des Affaires Culturelles (DAC) ne s’en sort qu’en usant et abusant d’éléments de langage fumeux: « au niveau des acquisitions, il semble qu’on puisse rester à peu près à niveau » est il balancé à l’assistance sans convaincre vraiment ! L’administration sort alors son ultime cartouche : « pour le budget la situation est toujours tendue, mais pas en baisse ». Bref, pour la Mairie de Paris, la situation est grave mais toujours pas désespérée !

Si l’administration rame avec cet argumentaire qui sent un peu le faisandé, c’est que l’astuce était la même l’année dernière, lorsque elle mélangeait sans vergogne budgets de fonctionnement et d’investissement afin de masquer ces baisses importantes. Une pratique qui a fait défaillir tous les amoureux de la comptabilité en finance publique !

Après le hors-d’œuvre « budgétaire », la DAC présente le plat de résistance : Les effectifs ! Plus fort que ce 20 décembre pluvieux, c’est carrément une douche froide qui s’est abattue en plein séminaire ...
Après cette douche froide, vient une autre mauvaise nouvelle : La Direction des Affaires Culturelles « n’a pas obtenu l’intégralité des postes nécessaires au fonctionnement des nouvelles bibliothèques St Lazare et de la Canopée ». Cela fait tout de même 12 postes manquants ! Auparavant la Mairie de Paris daignait au moins recruter pour l’ouverture de nouveau établissement. Même ça, la DAC ne l’obtient plus ! Très mauvais signe. Conséquence : L’administration réfléchit à « rééquilibrer les effectifs sur le réseau ». Elle veut sans doute dire le déséquilibrer !

Mais attention, « les bibliothèques de l’Heure Joyeuse et de Château d’Eau, impactées par les ouvertures, seront « pleinement maintenues » essaye de se rassurer l’administration. Elle n’a toutefois pas précisé qu’elles seraient « maintenues pleinement » La Mairie précise non sans humour « qu’il en serait de même pour l’Isle St Louis, selon des modalités qui restent à préciser ». Pour connaître ces modalités, réponse au prochain séminaire sans doute.

Arrive alors sur le tapis un autre des sujets qui fâchent : La centaine de postes vacants recensés dans le réseau des bibliothèques parisiennes. La Direction des Affaires Culturelles annonce piteusement « que la DRH n’est pas en capacité de les pourvoir par des recrutements ni de titulaires et pas même de contractuels » c’est pourquoi elle précise aussitôt « que seules les situations d’urgence seront prioritaires ». Comme il semble désormais avéré que c’est tout le réseau qui soit « prioritaire » il est peu probable que les chefs d’établissements soient sortis requinqués et motivés de ce symposium.

Le directeur des affaires culturelles n’avait pourtant pas ménagé ses efforts en déclarant franco « je rappelle l’importance et la place primordiale de la lecture publique dans les politiques culturelles ». On ne sait pas qui lui a conseillé cette tirade, mais il n’avait pas dû vérifier par avance le contenu du séminaire.

Si les bibliothèques parisiennes glissent inexorablement vers la paupérisation (certaines d’entre elles ont déjà réduit leurs horaires faute de personnel) cela n’a pas empêché toutefois un membre éminent du bureau des bibliothèques de vanter les mérites de QualiParis, ce nouveau machin inventé par la municipalité pour faire croire aux parisiens que les bibliothèques parisiennes sont « engagées dans un programme visant à améliorer en continu la qualité des services qui accueillent du public ». Ce trait d’humour fut le signe que l’administration voulait apporter un petit moment de détente à une assemblée qui en avait sûrement bien besoin après toutes ces péripéties.

La mobilisation du 21 décembre n’est que le commencement d’un mouvement parti pour durer, vu la situation catastrophique, probablement dans une intersyndicale la plus large possible. L’année 2013 s’annonce très conflictuelle pour Bertrand Delanoë, le Maire de Paris et en premier lieu Bruno Julliard, son adjoint à la culture. Dans les bibliothèques, le roi est nu désormais !

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