Magazine Culture

COUTURE - 22 janvier 2013

Publié le 22 janvier 2013 par Fabricegil @thenewreporter

Douzième collection haute-couture pour le couturier Stéphane Rolland qui ne perd jamais l’occasion d’être remarqué. En témoigne un colorama de robes du soir noires, blanches et gris perle dont la théâtralité a laissé bouche bée ses riches clientes venues pour l’admirer. De la fourrure, des diamants pour les invitées et, clou du spectacle, le mannequin Carmen Dell’Orefice, assumant clairement ses 81 ans, en mariée toute vêtue de blanc.
COUTURE - 22 janvier 2013Rien de plus naturel, pour le couturier, que d’investir le cadre spacieux du Palais de Tokyo avec comme point d’orgue de l’été 2013, une cape inversée en crêpe de laine révélant le dos nu d’une combi-pantalon graphique à souhait… comme le lieu.Très attaché au travail du trait, de la ligne, Stéphane Rolland manifeste le désir récurrent d’attribuer une dimension "monumental" à ses créations. Une patte qui rappelle toutefois le travail stylé d’un Monsieur Scherrer inspiré du Bauhaus.Un coup d’œil d’inattention incite à considérer cette collection comme une nouvelle ébauche minimaliste. Mais on comprend vite qu’il s’agit d’une erreur de jugement tant chaque pièce est ponctuée ici et là de broderies scintillantes. L’architecte de la mode, comme se plaisent à souligner certaines rédactrices, sculpte des fourreaux sous différentes couches, différentes épaisseurs de gazar, d’organza et de dentelles. Les robes exhalent un parfum de féminité achevée voire revendicateur… est-ce cependant bien nécessaire de l’admettre aux vues des silhouettes longilignes, étirées et traînantes. Les effets textiles s’ajustent et s’ouvrent telle une corolle, plissures et verre coulé, brisé en monticule d’émeraudes sur les hanches agrémentent une pièce de haute facture.Fière et sculpturale la collection évoque la sensuelle austérité d’une femme impassible et troublante. 
Stéphane Rolland signe, ici, pour cet été, un roman stylé, concis et percutant.
COUTURE - 22 janvier 2013On dit qu’Adeline André préfère les rendez-vous intimistes à l’effervescence des défilés. Dépouillée à l’extrême, ce fut le cas ce soir, de sa nouvelle présentation. Une atmosphère de sagesse et de vérité semblait planer au dessus de nous. Les mannequins, à la démarche déliée, d’une lenteur calculée, évoluaient autour d’une maquette numérique posée à même le sol, toutes enveloppées des notes douces et graves d’une ambiance musicale choisie, très feng shui.Manteaux droit ¾ en cachemire terreau ou nuit à peine épaulés, robes fluides qu’il doit être bon de porter quelle que soit la corpulence, pantalons coupé dans le biais… Les modèles, pour tous âges, pour tous physiques sont d’une apparente simplicité et tous ont leurs astuces de coupe, leur cachet discret. Les robes offrent de larges encolures bateau, la taille s’ajoure et invite une ceinture déclinée en lien lâche.Adeline André dont le style lui vaut le surnom de "mère du minimalisme" aime travailler les matières traditionnelles : cachemire, voile de laine, coton, crêpon – mousseline et georgette de soie… A noter une sublime robe longue coupée dans le biais en coton double-face qu’une femme d’âge mûre porte gracieusement. Impressionnante aussi cette "fanto-romantique" apparition d’une longue femme brune vêtue, elle aussi, d’une robe devant replié à l’intérieur imperceptiblement cintrée.Certains vêtements évoquent une touche "artiste-peintre", petit clin d’œil de la créatrice à son passé : cours de dessin aux côtés de Salvador Dali, collaboration effective avec le duo Pierre et Gilles, recours aux tableaux du peintre-décorateur Gérard Garouste, en toile de fond de son tout premier défilé…Le surréalisme du peintre catalan et les délires fantasmagoriques du duo photographes n’auront donc pas entamé le goût de la pureté des lignes et de l’équilibre des formes propre à la styliste, née en 1949 à Bangui.L’année dernière, Didier Grumbach lui a remis les insignes de Chevalier dans l’ordre national de la Légion d’Honneur.Un titre honorifique, pour une grande dame de la mode.Fabrice GilDemain : Elie Saab et Yiqing Yin

Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Fabricegil 617 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte