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Le marché du jeudi de Ouakam part two

Publié le 27 janvier 2013 par Dioufaleyna

marché

Voilà la suite ! Comme je vous le disais dans la première partie  cette petite sortie  est une bouffée d’air frais ! parfois j’arrive à laisser tous les enfants à la maison et je peux errer tranquillement dans les allées du bruyant marché.

Au début je me forçais à faire de ce jeudi une routine sans grand enthousiasme mais au fur et à mesure des rencontres c’est devenu un vrai plaisir d’y aller.

C’est ainsi que j’ai fais la connaissance d’Aissatou  la vendeuse de soutien-gorge qui le premier jour a voulu me faire croire qu’un soutien gorge coûtait 5000 francs et qui essaye toujours d’augmenter un peu le prix en me disant : »ah mais ma belle c’est le prix , toi-même tu sais ! » Auquel je rétorque « ah mais ma jolie tu sais très bien que je ne paierais pas ce prix là ! » C’est devenu notre petit jeu  et maintenant elle connait ma taille et me garde les plus beaux.

J’ai aussi mon vendeur de bijoux fantaisies préféré qui  me dit pour toi je te fais un prix car tu as une bonne tête alors que tous ses bijoux ont un prix unique 100 francs ,le même pour tout le monde.

Il y a aussi mon vendeur de wax qui râle chaque jeudi  car je ne suis toujours pas venue lui montrer ce que j’en fais de tous ces mètres de tissus achetés !

Les vendeuses de Bine Bine et thiouraye me connaissent mais veulent encore et toujours m’apprendre comment garder mon mari à la maison avec leurs petits pagnes et leurs secrets de séduction.

Un jour un marchand de fripes s’égosillait  avec ses « madame  toubaaaaaaaaaaaaaaaab kaye ! » , que  j’ignorais royalement  jusqu’au moment où cette douce mélodie eu raison de ma patience ,je me tournais alors  vers ce monsieur lui répondant : « waw Mr Nioul ! » .

Une  dame choquée s’est mise à marmonner dans sa barbe de mécontentement et  s’est  fait copieusement réprimander par le vendeur  me défendant : «  mais elle a raison !! toubab=blanc , nioul = noir » , le trouvant plutôt sympathique je lui dis mon nom pour lui  éviter  quelques cris à se  casser la voix pour les jeudis suivant.

Ce qui m’a le plus amusée ce sont les « tatoueurs » au henné, un jour après que l’un d’eux m’ait suivie dans les dédales du marché je me suis laissée convaincre de me faire tatouer les ongles au henné. Une fois mes ongles peints le jeune me dit  qu’il se nommait Maguette pour que je demande après lui la prochaine fois qu’il me prendrait  l’envie de retenter l’expérience .les semaines passèrent , son visage effacé de ma mémoire , je suis allée en quête de Maguette et là un jeune homme m’affirma que c’était bien lui.Assise sur ma chaise le vrai Maguette débarqua et s’en suiva une vive discussion entre lui et les deux tatoueurs qui s’occupaient de mes petites mains ? Tout ça en wolof bien sûr mais grâce à mes supers bases je pu tout de suite comprendre les raisons de la dispute et les dessous de l’arnaque . Je me suis lancée alors en wolof puis en français , une fois mon vocabulaire épuisé pour leur expliquer que je m’en fichais bien du nom de celui que j’avais en face de moi mais que le « vrai » Maguette n’avais qu’à me faire les ongles des pieds et qu’à l’avenir ce serait chacun leur tour ! Depuis une alternance Khadim/Maguette s’est mise en place  et moi j’ai de jolis ongles .

Les fois où je porte ma fille au dos (en mbotu ) ou devant (en sling) apportent leurs lots de discussions sympa ou pas !

Au dos , malgré mes incessantes explications et démonstrations  pour faire comprendre à ces dames su marché et du quartier que ma fille adooooore regarder le ciel et que je peux la mettre comme je veux , elle finira toujours par se mettre dans une position improbable , la tête qui pend en arrière , et bien NON j’ai toujours le droit à des remarques qui laissent bien insinuer que moi la toubab je ne sais pas porter au dos .

Tant et si bien que lorsque je vois des femmes sénégalaises et leurs bébés au dos avec la tête qui pend exactement de la même façon j’ai presque envie d’aller leur dire : « mais madame ça ne va pas ça !! ce n’est pas comme  ça qu’il faut faire voyons ! » mais je me retiens.

Toujours au dos , croiser une femme congolaise avec sa fille métisse portée en écharpe storchenwiege  devant et l’entendre me dire qu’elle ne pourrait jamais la mettre au dos tant elle a peur de la faire tomber ou encore de mal l’installer …le monde à l’envers !

Dans le sling par contre ma fille devient une vraie curiosité, d’autant plus que mon sling à moi est juste composé d’un mousor en wax (sorte de foulard que les femmes sénégalaises mettent sur la tête) et de deux anneaux . Les questions fusent, tout le monde trouve ça génial d’ailleurs comme système de portage.

J’espère bientôt découvrir d’autres marchés , d’autres marchands, repérer les bons plans et vivre ma vie de Dakaroise comme si j’avais toujours vécu ici! en attendant mon petit marché m’attend jeudi prochain!


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