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Mais qui es-tu PSG ?

Publié le 29 octobre 2012 par Jodafoot @jodafoot
Mais qui es-tu PSG ?
En un an et demi, le PSG a opéré une mutation aussi rapide qu'impressionnante. Nouveau coach, nouveaux joueurs, nouveaux investisseurs, nouveau président. Bref, le PSG a changé de statut et, les mercatos parisiens sont passés de Pancrate / Camara / Traore à Ibrahimovic / Thiago Silva / Lavezzi. Un gouffre sépare donc le PSG actuel du PSG des dernières années.
   La nomination de Leonardo au poste de directeur sportif en début de saison dernière, conjuguée à l'intronisation de Carlo Ancelotti comme entraîneur, ont permis au PSG de se munir d'un véritable réseau de connaissance dans les hautes sphères du football mondial, et ainsi d'accroître son attractivité auprès des grands joueurs. Ce qui lui a permis de se doter du plus bel effectif de France, voire même d'un des plus beaux d'Europe.
Comme une cerise sur le gâteau, Zlatan Ibrahimovic, et Thiago Silva, deux des meilleurs joueurs du monde à leur poste, complètent un groupe déjà composé de très bons joueurs comme Lavezzi, Alex, Sirigu, Menez, Thiago Motta, et de jeunes espoirs du football mondial : Pastore, Verrati, Lucas Moura, qui sont eux-mêmes venus renforcer la base des "anciens" Jallet, Sakho, Nene ou encore Chantome.
Le groupe Parisien semble donc équilibré: des joueurs de classe mondiale, des stars en devenir, et des "joueurs de l'ombre". Cet équilibre se confirme si l'on regarde la répartition de ces types de joueurs entre les différentes lignes du terrain.
Si pour le moment les résultats parlent en faveur des joueurs de Carlo Ancelotti (premiers de ligue 1, deuxièmes de leur groupe en LDC), le jeu pratiqué par les joueurs parisiens ne convainc pas encore, et les franciliens donnent l'impression de remporter leurs matchs uniquement grâce à leurs talents individuels, Ibrahimovic en tête.

Quel est donc ce jeu parisien? Quels sont les éléments manquants pour le rendre efficace et redoutable?


En premier lieu, il est important de signaler qu'il n'y a aucune continuité entre le jeu pratiqué la saison dernière, et celui de cette saison. Lors de l'exercice passé, le jeu collectif était quasi inexistant, et les éclats de génie venaient essentiellement de Nene.
Cette année, Ancelotti s'appuie sur une véritable colonne vertébrale, qui part de la charnière centrale (Alex-Sakho-Thiago Silva peu importe la combinaison) en passant par le milieu à trois (Matuidi-Chantôme-Verrati) pour finir par la pointe de l'attaque (Zlatan Ibrahimovic).
Cette ligne centrale est donc la base du jeu parisien, et, est exclusivement axiale, avec un trio au milieu de terrain, composé de joueurs à vocation défensive, même si marco Verrati, grâce à sa conservation de balle, et sa qualité de passe, se projette très facilement vers l'avant. Dans ce système de jeu, les seules possibilités de débordement par les ailes sont que les défenseurs latéraux montent pour apporter leur soutien, chose qui arrive quelques fois sur le côté droit avec Jallet ou encore Van Der Wiel, et dans une moindre mesure avec Maxwell à gauche.
Si l'architecture de la formation parisienne n'est pour le moment pas faite pour laisser une vrai place à des joueurs de couloir, la donnée pourrait changer avec l'arrivée de Lucas Moura après le mercato d'hiver, et si Ezequiel Lavezzi retrouve les terrains avec le niveau qui est normalement le sien. Avec deux si bons joueurs pouvant chacun évoluer sur une aile de l'attaque, les solutions vont se multiplier pour le coach italien.
Cependant, pour le moment, le système mis en place ne semble pas être amovible, alors quelles sont les solutions pour que le PSG développe un jeu répondant aux attentes? Le travail fait par les trois milieux défensifs depuis le début de saison est admirable. Matuidi est transcendé et s'impose comme un indispensable des rouges et bleus, et de l'équipe de France, Chantôme retrouve tout son niveau, et confirme qu'il est l'un des plus beaux produits du centre de formation parisien, et Verrati est une vraie révélation, un joueur agressif, élégant, et redoutable. Après quelques matchs de flottement, la charnière centrale quant à elle dégage une solidité impressionante avec un joueur de classe mondiale comme Thiago Silva, ou encore Sakho, qui, la confiance retrouvée, est en train de prouver à son entraîneur qu'il peut lui aussi être l'un des meilleurs défenseurs d'Europe. Enfin, à l'opposé du terrain, Zlatan Ibrahimovic, répond à toutes les attentes en enchaînant buts sur buts, et en permettant à son équipe de glaner de précieux points.
Evoquées de cette façon, les trois lignes parisiennes semblent fonctionner de manière idéale, oui mais voilà, il reste un souci, et non des moindres: il n'y a aucun lien entre le milieu de terrain, et l'attaque. Cette liaison cruciale, censée permettre à une équipe de fluidifier les transmissions de balle entre la phase offensive et la phase défensive est la véritable carence du PSG.
C'est actuellement Javier Pastore qui est censé remplir ce rôle, mais, comme le jeu parisien, l'argentin est irrégulier. Capable d'aligner le sublime et le médiocre. Capable tour à tour, d'enflammer un stade, comme d'énerver au plus au point. En fait, Pastore symbolise ce PSG actuel, parfois énervant, pas toujours bon, mais un énorme talent indéniable, et des statistiques qui parlent en sa faveur.

Quelles solutions s'offrent à Ancelotti pour résoudre cette problématique?


 - jouer avec deux milieux offensifs en soutien de Zlatan. Pastore pourrait s'y exprimer, mais le jeu ne dépendra pas uniquement de lui. Il peut être épaulé par Nene, Lavezzi, ou encore Menez qui a déjà prouvé sa bonne entente avec l'avant-centre suédois. Cette solution a pour avantage de permettre de multiplier les possibilités de création de jeu, et pourrait donner d'avantage de ballons intéressants à Ibrahimovic, capable d'évoluer seul en pointe. De plus, l'attaquant suédois ne serait plus contraint de redescendre vers le milieu de terrain, de manière à participer à la construction du jeu, il pourrait alors se concentrer sur ce qu'il sait faire de mieux: la finition.
- Évoluer sans milieu offensif, mais avec deux ailiers, et une seule pointe. Le PSG possède les joueurs pour évoluer selon ce schéma. Matuidi, Chantôme et Verrati sont physiquement capables de ratisser des ballons pendant 90 minutes pour assurer le travail défensif. Offensivement les ailiers ne manquent pas: Menez et Lavezzi peuvent faire le boulot à droite ,et Nene, puis Lucas à partir de janvier sont en mesure d'animer le couloir gauche.
Enfin, la donnée à ne pas négliger est le temps. Le PSG a besoin de temps pour mettre sur pied un jeu collectif solide, une animation offensive léchée. Les automatismes et la complicité sur le terrain demandent toujours du temps, peu importe la qualité des joueurs. Seulement voilà, du temps le PSG n'en a pas. Car le plus gros bouleversement de ces deux dernières années réside certainement dans l'attente portée envers le club francilien. Être premier du classement, et en bonne voie pour se qualifier pour les 8émes de finale de la Ligue Des Champions ne suffit plus. Les supporters et journalistes ont réévalué leurs attentes envers les parisiens. Le PSG doit désormais offrir du spectacle, des buts de folie, un festival offensif, et des gestes techniques de classe pour convaincre les (nombreux) sceptiques qui, pour le moment, ne sont pas en mesure de fustiger l'absence de résultats ...
Jo Dafoot
image: psg.fr

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