Nom : BouletPrénom : LaurencePromo : 1996-97
Issue d'une longue lignée de boulanger, Laurence Boulet (pionnière du CFA BPF) est aujourd'hui installée avec son mari Thibaud à Belle-Ile-en-Mer.Cette maman de 4 enfants a trouvé son bonheur en Bretagne où elle concilie vie de famille et travail...
Pointe des Poulains Quelles sont vos spécialités ?Les recettes de pâtisserie de Thibaud sont toutes travaillées avec sa touche personnelle, de même pour les viennoiseries. Nous avons aussi développé une gamme, incontournable en Bretagne, de caramels : les caramelous (avec une déclinaison fruits et crème de caramel). Nous avons également décidé de continuer une gamme de confiserie, déjà proposée par nos prédécesseurs avec un petit air rétro pour se démarquer.Hum.... Ça a l'air trop bon tout ça !Est-il facile de s’approvisionner sur une île ?C'est effectivement un point délicat. Disons que les fournisseurs sont présents comme partout. C'est la livraison qui pose problème. On est dépendant du monopole de la société de transport de l'île qui livre donc quand elle veut et parfois dans des conditions difficiles...
Port CotonSatisfaite de ta première « saison » ?Oui. Une saison intense mais des résultats dépassants nos objectifs. La météo n'a pas été très favorable en juillet, donc l'affluence s'est essentiellement concentrée sur août. On a donc travaillé à flux tendu et on a été content quand ça s'est calmé !! Tu es boulangère ; tu as ton CAP, un Brevet de Maîtrise, un Brevet Professionnel (passé à l'INBP en 1999) et vous ne fabriquez pas de pain (pour le moment). Pas trop frustrant ? La boulange ne te manque pas trop ? Non ! On cherchait une pâtisserie pure de façon à conserver une vie de famille. Avec la boulange, en plus de la pâtisserie, c'est du 200 % pour un couple. Nos enfants sont encore jeunes et nous voulions pouvoir concilier l'ensemble des contraintes.
Il y a 17 ans nous faisions partis des 8 pionniers du CFA BPF (première promo 1996). Retrace-nous en quelques lignes les différentes expériences professionnelles qui t'ont conduite jusqu'à Belle-Ile? Après l'obtention de mon CAP boulanger (j'étais apprentie chez Mr Viard à Rouen), j'ai fait un détour rapide en Amérique du Sud puis je suis revenue travailler chez mes parents dans le Jura pour acquérir une autre expérience. Ensuite je suis retournée à l'INBP pour passer le BM boulanger.Suite à cette formation, j'ai fait un tour en meunerie, pour le groupe Soufflet à Pantin (Paris) puis à Rouen. Cela a été une bonne expérience mais je voulais retourner à l'artisanat.C'est à ce moment-là que j'ai rencontré Thibaud qui venait juste de créer sa boulangerie-pâtisserie sur Rouen.Puis, nous avons vendu notre boutique de Rouen et nous nous sommes installés dans une vie plus standard dans le sud ouest où nous avons eu 4 enfants.Nous sommes aujourd'hui sur Belle-Ile-en-Mer où nous avons racheté une pâtisserie qui correspondait vraiment à tous nos critères de recherches.
La pâtisserie de LaurenceLa boulangerie, après un bac +, ce n'est pas politiquement correct, aux yeux du plus grand nombre. Même si tu es issue d’une famille de boulanger, quelle a été la réaction de ton entourage quand tu leur as annoncé ton choix ? Tes parents ont-ils été surpris ?Des encouragements bien sûr, de toute la famille puisque tout le monde y est boulanger (parent/grand-parent/frère/sœur...), des questions des amis de l'époque, mais sans à priori. De toute façon, ça n'a pas été du jour au lendemain, j'en ai parlé, j'ai demandé conseil...
Confitures MAISON !Tu rencontres un jeune qui hésite à devenir boulanger-pâtissier. Sois franche, et te connaissant je n’en doute pas, cite les 2 avantages qui te paraissent majeurs et 2 inconvénients (y'a pas de raison, y'en a aussi !).Les côtés positifs : • la diversité : dans le travail en lui-même, dans les opportunités inépuisables qu'il offre, dans les rencontres qu'il entraîne...• la facilité : pour se former, pour trouver du travail, pour évoluer dans différents secteursLes côtés négatifs :
• les stéréotypes, les à priori qui sont malheureusement encore dans les mentalités françaises (la boulange n'est pas un boulot pour les filles, par exemple)• le « tout ou rien » : c'est passionnant mais prenant. En gros, si tu veux arriver à tes fins, il n'y a pas de demi-mesure. C'est 200 % de boulot, boulot et de boulot.Un petit conseil en plus pour une fille qui voudrait se lancer dans ce métier de boulanger ?Sortir des sentiers battus !!Imagine : aujourd'hui, tout est à refaire. Signes-tu toujours pour la boulangerie ou changes-tu de métier ?Je signe à nouveau bien sûr, mais tout n'est pas noir ou blanc. La boulange m'a emmenée où je suis aujourd'hui et pourtant, cela fait bientôt 10 ans que je n'ai rien produit. En gros, il faut rester "open", quoi !! Pour finir, quel est ton produit de boulangerie ou pâtisserie « chouchou » ?La brioche de mon papa, les gâteaux de mon homme... Je suis une sentimentale ;-)Si je te dis CFA-BPF, à quoi cela te fait penser ?A toutes les rencontres que j'y ai faites mais surtout 4 visages :Mon frère Luc qui m'y a inscrit, Bernard Comboroure et Pierre Capron qui m'ont transmis leur passion et toi Laurent, pour ton amitié depuis 15 ans.Le mot de la fin (s’il y a) :Comme on dit ici BON VENT***********************Laurence et Thibaud Le Palais Gourmand Place de l'Hôtel-de-ville56360 Le Palais Belle-île-en-MerOuvert tous les jours de 8 h 30 à 13 h 00 et de 15 h 00 à 19 h 00, fermé le mercredi et le dimanche après-midi.
