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Le carrefour des écrasés, polar historique de Claude Izner

Publié le 05 février 2013 par Mpbernet

barfoliesbergère

Il faut le reconnaitre, les romans écrits sous la plume de Claude Izner portent tous des titres qui parlent ! Le carrefour des écrasés fait allusion à un croisement riche en accidents entre les nouvelles voies ouvertes par le baron Haussmann que sont la rue Montmartre et le faubourg Poissonnière. Dans ce troisième épisode des enquêtes officieuses de Victor Legris, on y découvre gisant le cadavre d’une jeune fille toute habillée de rouge, étranglée puis défigurée au vitriol, et pieds nus.

carrefour

Et le roman est bâti sur trois principes : une description minutieuse de quartiers de la capitale, la mise en perspective des événements et des personnages historiques qui s’y imbriquent, une intrigue machiavélique à tiroirs avec beaucoup de cadavres. Tant il est vrai qu’à l’époque où l’on envoyait les condamnés pour meurtre à la guillotine, une fois le pas franchi, le tarif pour un ou plusieurs crimes était le même !

Dans cette histoire, nous sommes transportés successivement à Saint-Mandé, chaussée de l’étang, au Jardin des Plantes et aux abords de la halle aux vins et au n°4 de la rue Linné, dans les pavillons de l’asile d’aliénés de la Salpêtrière ou officie le Professeur Charcot, puis au cœur du quartier de la presse rue du Croissant, parmi les énormes rouleaux de papier et des jeunes crieurs de journaux, et plus loin encore, dans les lieux de plaisir de la butte Montmartre, à l'Eldorado, au Moulin Rouge et au cabaret du Chat Noir.

Nous y rencontrons Henri de Toulouse-Lautrec, Eric Satie, Gabriel Tapié de Celeyran, les frères Natanson, la Goulue, Grille d’Egout et Valentin le Désossé dans un formidable chahut, sous la lumière des becs de gaz et dans ces salles sentant la fumée et la sueur. C’est tout juste si on ne se retrouve pas en train de commander un bock à Suzon, la triste barmaid des Folies bergère de Manet … Quelle belle époque !

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Parallèlement, comme toujours dans les « séries », on en apprend davantage sur la vie privée de nos héros : Le si discret père adoptif de Victor, Kenji Mori, aurait-il une liaison avec une jeune femme ramenée de Londres ? Victor et Sacha vont-ils se mettre en ménage …

Comment Victor Legris va-il mettre à contribution son fidèle commis Joseph, que l’envie d’écrire des romans policiers démange pour, sans indices autres que des bouts de papier froissés retrouvés dans une poche ou servant de semelle à une chaussure, pour confondre les assassins …. Bref, tout est un peu trop foisonnant, et on a du mal à suivre les fils de cette intrigue. Cependant, on n’en lâche pas le bouquin avant d’en avoir le cœur net !

Le carrefour des écrasés, roman de Claude Izner, collection 10/18 Grands détectives, 285 p. 7,50 €


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