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La croisière s’amuse… ou pas (4/6) – Palerme

Publié le 05 février 2013 par Caraporters @Caraporters

Cathédrale de Palerme

Palerme est sans aucun doute le coup de cœur de cette croisière. La belle sicilienne, de par son patrimoine architectural extrêmement riche, sa douceur de vivre, son accueil remarquable et une « saleté » digne des villes du sud qui se respectent, est à recommander pour tous les amoureux de voyage.

On est bien loin du cliché. Pas de clan des Siciliens, pas de veuves tout de noir vêtues, pleurant un être cher tombé sous les balles d’une mafia que l’on ne croisera jamais. Ça, c’est dans les films (ou sur les magnets qu’on trouve dans tous les magasins de souvenirs) ou alors tout est peut être question d’omerta !
Quoi qu’il en soit, Palerme mérite bien une escale. La Sicile, elle, mériterait bien que l’on reste sur place beaucoup plus longtemps. Mais encore une fois, c’est le jeu de la croisière : visiter en un temps record.

L’avantage, c’est que le port est à quelques minutes à pied du centre-ville et que les principaux monuments sont regroupés dans le même secteur. Pas de problème de transport donc, sauf si on veut sortir de la ville. Mais est-ce bien utile pour une journée ?

La plus catholique des villes italiennes ?

Martorana
Bien difficile de répondre à la question même si, de toutes les villes parcourues en Italie, elle semble effectivement tenir le haut du tableau en terme de foi. Une foi qui semble décuplée en cette fin décembre. Des crèches, petites ou grandes, originales ou traditionnelles, fleurissent un peu partout dans la ville.

Dans les vitrines des magasins, au fond des cours, dans les impasses des ruelles sombres… Et bien évidemment dans les (très) nombreuses églises qui sont disséminées dans la ville. La religion ne s’arrête pas là. Oh non ! Levez un peu la tête ou approchez vous des petites bougies qui semblent éclairer un bout de mur. Elles n’ont pas été mises là par hasard. C’est qu’il y a certainement un oratoire, qui n’est autre qu’un petit (ou pas d’ailleurs) édifice qui appelle à la prière et qui est voué au culte d’un saint ou d’une sainte, représenté par une statue, une plaque, une image ou une croix… En général, c’est aussi un lieu d’offrande ou de remerciement afin de bénéficier de la protection du saint. Et à Palerme, on ne déroge pas à la règle en les fleurissant allègrement. On en trouve partout, incrustés dans les murs des maisons pour les plus discrets au place pour les plus ostentatoires.

Mais, ce n’est pas tout. Près de la cathédrale, le long de la via Vittorio-Emmanuele, les magasins « religieux » sont les uns à côté des autres. Logiquement, on retrouve de nombreuses librairies spécialisées dans le genre mais aussi des boutiques d’art, des magasins de crèches et une petite boutique qui fait la part belle aux soutanes, vêtements liturgiques et autres robes de moine et habits de religieuse.

De l’architecture arabo-normande au style baroque

La richesse de l’architecture palermitaine se respire un peu partout. Même si, il faut le signaler, de nombreux bâtiments et maisons tombent en ruine. Néanmoins, petit à petit, le centre historique se refait une beauté.

En une journée, on en a déjà un bel aperçu, à pied toujours ou, si le cœur vous en dit, en calèche pour le folklore (moyennant plusieurs dizaines d’euros). Au gré de la balade, les églises vont se dévoiler. Mais, il y en a certaines qui sont incontournables. On citera, en premier lieu, la monumentale cathédrale (dédiée à Notre-Dame de l’Assomption), construite au XIIe siècle, et qui bénéficie de diverses influences. Toujours dans le style arabo-normand, les églises de La Martonara et San Cataldo sur la place Bellini sont à couper le souffle alors que Santa Caterina, qui est, elle, du pur baroque sicilien, leur fait face.

On fait quelques pas et on se retrouve sur une place exceptionnelle : la piazza Pretoria. C’est la fontaine (XVIe) imposante qui attire l’œil cette fois-ci, avec ses statues grecques, nues (ça a son importance car, pour la petite histoire, elles ont choqué les Palermitains, qui avaient surnommé la place Pretoria, place de la Honte) qui se dressent majestueuses devant l’hôtel de ville.

Quelques pas plus tard, bienvenue devant les Quattro Canti, dans le plus pur style baroque (XVIIe). Un carrefour, mais pas n’importe lequel, qui divise la ville en quatre quartiers. Sa particularité ? Ce sont quatre fontaines monumentales, adossées à des façades. Si elles représentent les quatre saisons, elles sont aussi ornées de différentes statues (rois et saints de la ville).

A ne pas rater non plus, les palais. On en recense plusieurs dans Palerme dont le palais des Normands, aux influences diverses : puniques, romaines, byzantines, arabes… A travers lui, les siècles défilent. Il accueille en son sein la chapelle Palatine et ses remarquables mosaïques byzantines. Aujourd’hui, le palais des Normands abrite l’Assemblée régionale sicilienne.

Poisson frais

Le Palerme populaire pour se fondre dans la culture

En déambulant dans les ruelles de Palerme, bizarrement, on se surprend à fredonner « Le Sud » de Nino Ferrer. Peut être parce qu’il y a du linge étendu, non pas sur la terrasse, mais à toutes les fenêtres. Peut-être aussi parce qu’il y a plein d’enfants, qui ne se roulent pas sur la pelouse, mais qui jouent… Peut-être aussi parce que les Palermitains se retrouvent sur les places, chaises branlantes sous le bras, pour disputer quelques parties de cartes (avec un gain d’argent à la clé). Alors oui, on est dans le Sud, il n’y a aucun doute.

Le cliché est bien là. Les ruelles étroites sont sales. Les habitants vivent dehors. Les portes des maisons sont ouvertes (dévoilant un lieu sombre, où la lumière naturelle a bien du mal à entrer et les objets religieux s’entassent sur les meubles), la musique crie à tue-tête et le touriste qui s’aventure là au milieu est dévisagé. Mais c’est ce qui fait la beauté du coin et son authenticité surtout. Et ça, on ne peut qu’aimer !

Tous les sens en éveil

Et puis, il y a les rues « commerciales ». Mais non, pas la via Roma où boutiques et grands magasins se sont installés. Les autres rues. Plus petites, plus sinueuses mais tellement vivantes. C’est ici que l’on trouve les trois grands marchés de la ville : Capo, Vucceria et Ballaro, avec des étals qui n’ont rien en commun mais qui se côtoient généreusement. Fruits (et notamment les agrumes réputés de Sicile), légumes, vins, bières, huile d’olives, épices, gâteux, mais aussi babioles en plastiques, barils de lessive et autres balais cohabitent sans se poser de question. Odeurs de la « pasta », des arancini (une des spécialités siciliennes… à tomber par terre d’ailleurs!) et autres pizzas des restaurants embaument. Les gens parlent forts, très forts, avec les mains aussi ! Benvenuto in Sicilia !

Mais, il ne faudrait pas oublier que la belle Palerme est en bord de mer. Alors forcement, les étals de poissons frais (sardines, thons, espadons, oursins, poulpes, langoustes…) sont très nombreux. Les vendeurs les découpent et les pèsent sur des balances d’un autre temps sous les yeux ébahis des enfants touristes et connaisseurs des locaux.

C’est l’heure de repartir… A regret, d’ailleurs. Mais avant, faites vous plaisir en dégustant un « gelato » (la « vraie » glace italienne) dans un des nombreux glaciers de la ville ou les « cannolis » (espèce de gâteau croquant fourrés à la ricotta, chocolat et crème pâtissière). On en trouve dans toutes les pâtisseries et restaurants.

Theatre Politeama
Marchand de fleurs
Charme sicilien
Bureau de tabac
Theatre Massimo
Statue
Ruelle typique
Crèche
Eglise Saint-Dominique
Etals dans la rue
Piazza Pretoria
Piazza Vigliena
Divin enfant
Linge dans la rue
Poisson frais
Foi catholique
Voyage dans le temps
Eglises
Piazza Bellini
Martorana
Caleche
Cathédrale de Palerme

> Note
- Des circuits en bus touristiques sont disponibles à la sortie du port (20 euros par personne et 10 euros de 5 à 15 ans).
- Un ticket de bus coûte 1,70 euro pour 90 minutes. Pour les promenades en calèche, les tarifs sont variables (tout dépend de son sens de la négociation).
- Certaines églises se visitent gratuitement. Pour d’autres, un droit d’entrée est demandé variant en général de 1 à 4 euros.
- Palais des Normands et la chapelle Palatine : 6 euros.
- En ce qui concerne la restauration, on trouve de nombreux restaurants un peu partout, à des prix corrects. Privilégiez ceux qui proposent du poisson (car il est frais) ou ceux proposant des spécialités locales comme les arancini (boulettes de riz farcies à la viande, au fromage…). Le tarif des consommations et des glaces restent, eux aussi, abordables.
- Les excursions avec le bateau varient entre 38 euros/adulte (27 euros/enfant) pour visiter la grotte de Santa Rosalia et Mondello sur les hauteurs de Palerme à 75 euros/adulte (53 euros/enfant) pour visiter « la Vallée des temples » (un des plus grands sites archéologiques au monde, classé patrimoine mondial de l’Unesco) à 2 heures de Palerme.

Date du reportage : décembre 2012

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