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L’Église et l’interprétation de Vatican II, le cri de détresse

Publié le 12 mars 2013 par Tchekfou @Vivien_hoch
Maintenant que la porte de la Chapelle Sixtine est fermée en attendant la fumée blanche, on peut sortir les textes les plus puissants.

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Les cinquante ans du Concile de Vatican II marquent une période extrêmement riche et complexe pour l’Eglise catholique. Il convient d’en tirer les enseignements majeurs, les grandes victoires, mais aussi les échecs et surtout les manipulations qui ont été commises en son nom. L’herméneutique du Concile reste bien inachevée, alors même que d’aucuns estiment que l’Eglise a 200 ans de retard… (même s’il s’afit peut-être d’une manipulation) et d’autres – non catholiques ! – affirment de manière complètement absconte qu’il faut un Concile Vatican III

J-M Le Guillou est un grand théologien. Dans son maitre ouvrage de 1974, Le mystère du Père, il retranscrit le cri de détresse d’un certain René Pucheu à propos de la réception de Vatican II. Le bon sens et la lucidité n’excluent pas la bienveillance et la charité. Bien au contraire, elles en constituent les réquisits.

On pouvait espérer pour l’ensemble de l’Univers catholique une jeunesse renouvelée, une cohésion plus forte pour un nouveau départ, un enthousiasme plus vif et mieux fondé dans l’accomplissement de la grande mission d’unité eçue du Christ. L’espoir, semblait-il, pouvait être d’autant plus ferme que le concile y mettait, comme condition de base pour la diffusion de l’Evangile, une « profonde rénovation intérieure » et que son oeuvre doctrinale s’accompagnait de tout un programme de réformes, dont l’autorité de l’Eglise entreprenait aussiôt l’accomplissement méthodique en faisant appel à la collaboration de tous.

Or chacun sait ce qu’il advint : les anciens germes de dissolution gagnant en virulence, – une certaine agitation paraconciliaire s’imposant à l’opinion comme seule interprète authentique de l’esprit du concile

- un ressentiment contre les abus d’hier rendant auveugle aux bienfaits reçus de l’Eglise,

- l’ouverture au monde à évangéliser se changeant en médiocre et parfois scandaleuse mondialisation,

- de nombreux prêtres et religieux perdant la conscience de leur identité en perdant celle de leur mission,

- la confiance que le concile avait accordée à tous les fidèles en faisant appel à leur initiative trahie par des groupes influents,

- le dédain de la tradition que le concile avait exaltée,

- l’arrogance de théologiens voulant imposer à l’Eglise leur propre pensée, d’autant plus tyranniquement qu’elle est plus hâtive et plus arbitraire, s’employant à intimider les évêques,

- une campagne insidieuse contre la papauté,

- sous le couvert d’une lutte contre ce travers d’esprit qu’est le dogmatisme, un rejet de la dogmatique, c’est à dire de la foi chrétienne en son double caractère originel, comportant un contenu objectif et reçu d’autorité

- les pires abandons se masquant de slogans flatteur, toute une floraison de prétentions pseudo-prophétiques,

- à la suite du siècle, une volonté de rupture et un esprit d’universelle contestation contre lequel une foi plus éclairée aurait dû se prémunir,

- un relâchement moral présenté comme un progrès irréversible de l’homme adulte que l’Eglise se doit d’entériner,

- un obscurcissement intellectuel et spirituel aboutissant d’une part, au règne incontrôlé de « sciences humaines » qui ne pourraient être raisonnablement que des auxiliaires et, d’autre part, à une politisation de l’Évangile…

Un constat froid, lucide sur beaucoup de points, et pessimiste pour une grande part. Mais J-M Le Guillou continue après cet extrait : « et pourtant, au coeur même de cette crise, à tâtons et dans les décombres, se dévoile une véritable quête spirituelle« …


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