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Carnet littéraire – Coups de coeur

Publié le 12 mars 2013 par Alex75

« La vérité sur la tragédie des Romanov », Marc Ferro, Tallandier, 2012

Directeur d’études à l’EHESS, co-directeur de la revue Les Annales, Marc Ferro est notamment l’auteur de La Révolution de 1917, La Grande Guerre, de Cinéma et Histoire, d’un Pétain et de l’Histoire des colonisations. Il a animé pendant onze ans l’émission Histoire parallèle sur ARTE.

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II, sa femme et leurs enfants – Olga (22 ans), Tatiana (21 ans), Marie (19 ans), Anastasia (17 ans), et Alexis, le tsarévitch (13 ans) – sont exécutés par les bolcheviks. Cette version officielle, Marc Ferro n’y a jamais cru.

Documents à l’appui, avec la rigueur du grand historien, il remet en cause l’assassinat des Romanov. Des juges ou des témoins morts subitement ou exécutés, des documents tronqués, des pièces du dossier d’instruction subtilisées, des tests ADN controversés, le mettent sur la piste d’une hypothèse inavouable et sacrilège : les filles et la tsarine ont été sauvées grâce à un accord secret conclu entre les bolcheviks et les Allemands. Elles se sont tues pour ne pas ébruiter leur sauvetage. Seul le sort du tsarévitch, Alexis, reste inconnu, faute de sources.

Dans un récit palpitant, Marc Ferro bat en brèche un véritable tabou de l’histoire et fait la lumière sur un des plus grands mystères du XXe siècle.

Carnet littéraire - Coups de coeur dans Focus litteraire

« Bonbon Robespierre ; La Terreur à visage humain », Sergio Luzzatto, arléa, 2012

Auteur de nombreux ouvrages, Sergio Luzzatto enseigne l’histoire contemporaine à l’université de Turin.

Le nom de « Robespierre » renvoie bien sûr à Maximilien, à la Révolution française et à la Terreur. Mais Robespierre est aussi le nom de son jeune frère, Augustin Bon Joseph, « Bonbon » pour ses proches, personnage dont il n’est que rarement mention dans les livres d’histoire, si ce n’est à la date du 28 juillet 1794, jour où les deux frères furent condamnés à mort.

Augustin eut cependant un rôle important pendant la Révolution. Homme de loi lui aussi, jacobin militant, député de la Montagne, nommé « représentant en mission », c’est en homme de terrain qu’il parcourut la France de la Révolution du nord au sud.

Face au sectarisme et aux excès meurtriers de certains représentants et des potentats locaux, il comprit que, pour préserver les acquis de la Révolution, il fallait faire cesser la violence.

Mais s’il osa parfois s’opposer à Maximilien, il fit preuve à la fin d’un rare courage en demandant à être associés à son frère dans le supplice de l’échafaud.

 dans Focus litteraire

« Le Grand Cœur », Jean-Christophe Rufin, Gallimard, 2012

Jean-Christophe Rufin, médecin, voyageur, écrivain, est l’auteur de romans désormais classiques, tels que L’Abyssin, Globalia ou Rouge Brésil, prix Goncourt 2001.

Dans la chaleur d’une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l’écheveau de son destin.

Fils d’un modeste pelletier, il est devenu l’homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l’Orient. Avec lui, l’Europe est passée du temps des croisades à celui de l’échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d’un côté et palais Renaissance de l’autre, c’est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu.

Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune.

Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Soral, la Dame de Beauté, première favorite royale de l’Histoire de France, disparue à vingt-huit ans. Son nom est Jacques Cœur.

Il faut tout oublier de ce que l’on sait sur le Moyen Age et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d’un roman picaresque, la précision d’une biographie et le charme mélancolique des confessions.

Carnet littéraire – Coups de coeur

« Peste & Choléra », Patrick Deville, Fiction & Cie, 2012

Grand voyageur, esprit cosmopolite, Patrick Deville, né en 1957, dirige la Maison des Ecrivains Etrangers et Traducteurs (MEET) de Saint-Nazaire. Son œuvre a été traduite en dix langues, notamment sa trilogie publiée au Seuil : Pura Vida (2004), Equatoria (2006), Kampuchéa (2011).

Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 188 7, Alexandre Yersin aura mené l’existence la plus mouvementée. « Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger », écrit-il. Très vite, il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise.

Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.

Carnet littéraire – Coups de coeur

« Sur la route du papier ; Petit précis de mondialisation III », Erik Orsenna, Stock, 2012

Erik Orsenna, de son véritable Erik Arnoult, est un romancier et académicien français, né le 22 mars 1947 à Paris. Après des études de philosophie, de sciences politiques, et surtout d’économie, il devient chercheur et enseignant, dans le domaine de la finance internationale et de l’économie du développement. Conseiller au ministère de la Coopération, en 1981 auprès de Jean-Pierre Cot, puis conseiller culturel de François Mitterrand de 1983 à 84, il est nommé maître des requêtes au Conseil d’Etat en décembre 1985, puis conseiller d’Etat en juillet 2000. Il a reçu le prix Goncourt en 1988 pour l’Exposition coloniale.

Après le coton, l’eau, dans la trilogie « Petit précis de mondialisation », Erik Orsenna s’attaque au papier. Pourtant, nous lui devons nos lectures. Et que serions-nous, qui serions-nous sans lire et surtout sans avoir lu ? Pourtant, c’est sur son dos, que chaque matin, depuis près de soixante année, l’auteur tente de faire avancer, pas à pas, et gomme aidant, ses histoires.

Et que serait sa vie sans raconter ? Il n’avait que trop tardé. L’heure était venue de lui rendre hommage. D’autant qu’on le disait fragile et menacé. Alors l’auteur a pris la route. Sa route.

De la Chine à la forêt canadienne, en passant par la Finlande, la Suède, la Russie, l’Inde, le Japon, l’Indonésie, l’Ouzbékistan, le Brésil, l’Italie, le Portugal et bien sûr la France, il a rendu visite aux souvenirs les plus anciens du papier. Mais il s’est aussi émerveillé devant les technologies les plus modernes, dans cette vaste enquête. Saviez-vous que le chiffre d’affaires du papier l’emporte sur celui de l’aéronautique ?

Comme il se préparait au départ, une petite voix lui avait soufflé : « Deux mille ans que la planète et le papier cohabitent. Plus tu en sauras sur lui, mieux tu apprendras sur elle. » La petite voix n’avait pas tort. »

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