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L’arbre de vie des Amérindiens, remède oublié

Publié le 13 mars 2013 par Raymondviger

L’arbre de vie des Amérindiens

Notre cèdre des haies, un remède miracle oublié?

débat société social réflexions socialesL’hiver apporte tout un lot de maladies – rhumes, grippes et affections diverses – que les ancêtres autochtones guérissaient en se servant surtout de conifères. Des plantes pour la plupart toujours vertes, même quand il neige. Or, nous semblons avoir complétement oublié ces remèdes locaux et naturels, plus de quatre siècles plus tard.

Normand Charest - chronique Valeurs de société - dossiers Autochtone, Environnement, Santé

Des Français sauvés par les Indiens

thuja_occidentalis remèdes autochtones
La plupart des gens connaissent cette anecdote.  Lors d’un voyage d’exploration au Canada, le navire de Jacques Cartier reste prisonnier des glaces et celui-ci doit passer l’hiver sur place avec son équipage. Après quelque temps, tous souffrent du scorbut, une maladie qui attaque les gencives et déchausse les dents, une affectation qui résulte d’un manque de vitamine C. Cette maladie était fréquente sur les bateaux, parce qu’on y consommait surtout des viandes salées et préservées.

Jacques Cartier fréquentait des Hurons (Wendats). Ceux-ci les guérirent à l’aide d’un remède miracle, une décoction d’anneda. Cartier rapporte ce fait mémorable dans son journal de voyage, mais ne décrit pas la plante. On sait seulement qu’il s’agit d’un conifère de bonne taille, qui peut faire «trois brasses» de circonférence.

On sait que les autochtones utilisaient presque tous les conifères de manière médicinale, et les Français du Canada les ont imités à l’époque. Décoctions de pruche (Tsuga canadensis), d’épinette, de sapin ; utilisation de la résine ; potions, sirops, cataplasmes ; «petite bière» à base d’épinette blanche, pour le plaisir (la bière d’épinette). Mais on semble ignorer quelle était cette plante miracle, l’anneda que les Français ont alors appelée «arbre de vie» à cause de ses vertus médicinales.

Un arbre de vie

Jacques Rousseau
Dans une recherche publiée en 1954, le botaniste Jacques Rousseau, alors directeur du Jardin botanique de Montréal, explore les différents aspects botaniques, linguistiques et historiques.

Les Hurons étant des Iroquoiens, tout comme les Iroquois (les Mohawks), l’auteur explore donc ces deux langues iroquoiennes pour y trouver des traces du mot «anneda». Un dictionnaire huron du 18e siècle nous donne onnenta, qui se rapporte à tous les conifères. Mais un mot mohawk : o-nen-ta-wken-ten-tse-ra est utilisé pour le cèdre blanc (Thuja occidentalis) ; Cartier n’aurait retenu que le début du mot trop long, onenta ou anneda.


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