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Espagne : la crise et la lutte des classes…

Publié le 26 mars 2013 par Eldon

femme espagne Espagne : la crise et la lutte des classes…Article de Résistance.fr

La crise est une occasion, diront certains à juste titre, pour tenter de renverser les rapports de force entre les classes et inverser le processus de démobilisation des forces populaires à travers le monde. Mais la crise est aussi une opportunité pour les classes dominantes.

La bourgeoisie nationale et transnationale a conquis ces dernières années de plus en plus de pouvoir en profitant de la disparition des frontières au sein d’un super État européen et de l’instauration du marché unique pour porter une attaque sans précédent sur les conditions de vie des classes populaires, allant même jusqu’à rétrograder socialement les maillons les plus faibles de leur propre classe.

La majorité des Espagnols est ainsi engagée dans un processus de paupérisation – certains parlent de prolétarisation – qui semble irrémédiable.

Les données publiées par l’ONG catholique espagnole Caritas parlent d’elles-mêmes. Les riches gagnent en moyenne sept fois plus que les pauvres, faisant de l’Espagne l’un des pays connaissant un des taux d’inégalité les plus élevés sur le continent européen. La fourchette entre les riches et les pauvres a d’ailleurs augmenté de 30 % ces dernières années.

L’organisation, qui a vu se multiplier de mois en mois le nombre de personnes en quête d’un repas chaud, de vêtements, d’un toit, de soins médicaux, etc., a comparé la situation des 20 % les plus riches à celle des 20 % les plus pauvres. Les résultats de cette étude sont publiés dans un rapport que nous nous sommes procuré. Comme on pouvait s’y attendre, « le pire effet de la crise est la forte augmentation de l’inégalité sociale, qui aboutit à un niveau de fragmentation sociale jamais atteint jusque-là ».

Le revenu moyen par habitant était l’an dernier de 18.500 euros en Espagne. Il n’a pratiquement pas augmenté depuis dix ans. Pis, il a diminué de 4 % depuis 2007 alors que les prix ont flambé de 10 % depuis cette même date. Si on prend en compte l’augmentation de la fiscalité, directe ou indirecte (y compris sur les franges les moins aisées de la population), c’est au final une perte sévère de pouvoir d’achat à laquelle doivent faire face les Espagnols.

Depuis 2006, le revenu des plus pauvres a diminué de 5 % chaque année tandis que celui des riches a augmenté… et de bien plus. La perte du pouvoir d’achat va de pair avec les coupes claires dans le budget des services sociaux ; depuis quelques années, quantité d’hôpitaux et de centres de soins, d’écoles et d’universités, ont mis la clé sous la porte, rendant infernale la vie de millions de familles.

Depuis cette même date, le nombre de foyers dans lesquels aucun des membres n’a travaillé est passé de 380.000 à 1.800.000. Au dernier trimestre 2012, le taux de chômage s’établissait à 26,02 % de la population active (soit presque six millions de chômeurs).

Ceux qui disent que la crise est une opportunité ont raison. Mais la crise des uns n’est pas celle des autres, et force est de constater que ce sont les classes dirigeantes qui tirent jusqu’à présent les marrons du feu…

Capitaine Martin

Source: Résistance.fr

Aller plus loin:

Pour apprécier la répartition des richesses dans un pays, on a coutume d’utiliser deux indices:

- « L’indice de Gini est un indicateur d’inégalités de salaires qui prend en compte les revenus et le niveau de vie. Il est égal à zéro dans une situation d’égalité parfaite et, à l’inverse, l’indice 100 est celui de l’inégalité absolue.

Actuellement seulement seize pays de la Zone euro ont fourni des renseignements pour établir ce coefficient. Sur la base de cet indicateur, l’Espagne a obtenu la note de 34 en 2011. Un seul pays le devance en termes d’inégalités salariales : la Lettonie, avec 35,2. La France elle est à 29,8, selon les chiffres de 2010.

- L’autre indicateur qui est évoqué dans l’article fait référence à la loi dite de Pareto: c’est  le ratio S80/S20 qui mesure notamment la masse des revenus détenue par les 20% d’individus les plus riches, à celle détenue par les 20% des personnes les plus pauvres.

Sur cette base, l’Espagne bat un record avec la note de 7,5. Il s’agit de la valeur la plus haute des 27 pays européens crédités d’une moyenne de 5,7. A titre de comparaison : la Lettonie obtient 7,3, l’Allemagne 4,6, la France 4,5 et la Norvège 3,3. »

(Source: L’Espagne, championne des inégalités, Europe 1, 11 octobre 2012)


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