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Rituel de printemps

Publié le 15 avril 2008 par Jlhuss

lyceens.1207906992.jpg Le gouvernement cherche à supprimer des postes dans la fonction publique et donc dans l’Education Nationale où sont les gros bataillons. Le passage du bac pro de 4 à 3 ans et la suppression de deux heures d’enseignement dans l’élémentaire et au collège n’ont pas d’autre objectif (c’est Fillon, dont il faut saluer la franchise, qui l’a dit).

La première mesure inquiète justement (les bacs pros sont des filières qui accueillent une majorité d’élèves ayant quelques pb avec le système éducatif et qui ont souvent besoin d’un peu plus de temps que d’autres pour progresser ou recoller les morceaux).

La seconde, pourtant scandaleuse si on veut bien admettre que ce n’est pas avec moins d’école qu’on satisfera plus d’exigences, n’a pas soulevé de réelle indignation ni chez les associations de parents, ni dans les syndicats enseignants. Quelque chose me dit qu’il y a là comme une incohérence.
Ou je me trompe ou, chaque année depuis une décennie, il y a une mobilisation lycéenne aux alentours des vacances de Pâques. C’est devenu presque un rituel au même titre que le carnaval de l’ancien régime avec lequel ces manifestations ont plus d’un point commun (y compris les autodafés de mannequins et les affrontements avec les chevaliers du guet royal et l’exorcisme des peurs du siècle). Assisterions nous à la naissance d’une tradition ?
Dernière remarque, je considère que ces agitations, pour l’instant de surface, sont l’expression du profond malaise de la société vis à vis de son Ecole et de son Université. Tout le monde sent bien que les choses vont mal et que les réponses habituelles ne sont pas satisfaisantes (ainsi la question des moyens où l’on constate avec un taux d’encadrement enseignant qui s’est beaucoup amélioré sur les trente dernières années, une baisse de niveau qui ne peut plus être niée).

On invoque volontiers, à ce sujet, et selon ses choix, les mânes de Jules Ferry ou de Langevin et Wallon en oubliant systématiquement que ces hommes dont l’idéologie était sinon antagoniste du moins très différente (j’aurais pu en citer d’autres) ne se contentaient pas de parler pédagogie ou contenu mais qu’ils inscrivaient leur action dans un projet politique à la foit global et lisible auquel les citoyens et en particulier les enseignants pouvaient se référer (ce qui n’alla pas sans grincements de dents et fortes difficultés).

Rien de tout cela aujourd’hui où entre des utilitaristes “au front étroit”, des conservateurs qui ne s’avouent pas comme tels et de prétendus novateurs le débat sur l’école est devenu inciompréhensible.

Chambolle, il réagissait à la note “Manipulés


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