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Climat : Greenpeace boycotte le MEM et demande à Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo de faire de même

Publié le 15 avril 2008 par Greenpeacefrance

Alors que la troisième Conférence des grandes puissances économiques sur les changements climatiques – baptisée « MEM » pour « Major economies meeting » – doit se tenir à Paris les 17 et 18 avril, Greenpeace déplore que la France accueille cette réunion et participe ainsi à l’institutionnalisation d’un processus inutile et dangereux.

« Ces réunions parallèles aux négociations sur la suite du protocole de Kyoto, impulsées en septembre dernier par l’Administration américaine, n’aboutissent à aucun engagement sur des objectifs nationaux chiffrés et contraignants de réduction des émissions de gaz à effet se serre et font la part belle aux engagements volontaires, qui ont déjà fait la preuve de leur inefficacité. George W. Bush ne poursuit qu’un seul objectif : faire dérailler le processus multilatéral, torpiller le protocole de Kyoto, déclare Karine Gavand, responsable de la campagne Climat de Greenpeace France. Alors que la présidence de l’Union européenne va donner à la France un rôle tout particulier dans la mise en œuvre de la feuille de route de Bali, nous appelons le Président Sarkozy et le ministre Jean-Louis Borloo à ne pas cautionner cette initiative par leur présence. »

Greenpeace boycotte l’atelier ouvert aux ONG le 16 avril et appelle officiellement le président de la République Nicolas Sarkozy et le ministre Jean-Louis Borloo à faire de même avec le sommet, les 16 et 17 avril.

« Nous regrettons que la France ne s’en tienne pas à sa position courageuse adoptée lors de la dernière réunion de l’Onu sur le climat, à Bali, en décembre », reprend Karine Gavand. À l’époque, Greenpeace et d’autres ONG avaient salué la France, qui avait poussé l’Union européenne à contester la légitimité du MEM comme processus parallèle risquant de parasiter le cadre onusien.

Avec seulement 4 % de la population mondiale, les États-Unis ont contribué pour plus d’un quart aux émissions de gaz à effet de serre (GES) actuellement dans l’atmosphère et demeurent les premiers émetteurs de la planète avec 24,3 % des rejets mondiaux de CO2. Leur refus de s’engager dans le cadre du protocole de Kyoto est lourd de conséquence. Parce qu’ils ne réduisent pas leurs émissions polluantes, parce qu’ils font tout pour nuire aux négociations internationales et parce qu’ils donnent le mauvais exemple à des pays comme la Chine et l’Inde. « Je doute de l’engagement de ces pays en développement tant qu’ils n’auront pas vu les pays développés prendre une position claire », confirmait l’Indien Rajendra Pachauri, président du Giec (The Guardian, 14 avril 2008).

« À la veille de prendre la présidence de l’Union européenne, la France fait fausse route en cédant à l’Administration Bush, ouvertement opposée au protocole de Kyoto, s’inquiète Karine Gavand. À moins qu’il faille y voir un dernier avatar de la diplomatie nucléaire française, utilisant toutes les tribunes et tous les voyages officiels pour vendre une technologie pourtant en difficulté en Finlande et à Flamanville. Pour le climat, le nucléaire c’est trop tard, trop cher, trop risqué ! Le protocole de Kyoto ne l’envisage d’ailleurs pas comme solution au défi énergétique et climatique pour les pays en développement. La France doit concentrer ses efforts sur la négociation du paquet climat/énergie européen, dont le succès seul assurera son leadership dans la lutte contre le dérèglement du climat et pour la sécurité des approvisionnements énergétiques. »


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