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Des roses empoisonnées

Publié le 15 avril 2008 par Raymond Viger

Des roses empoisonnées
Par les Débrouillards
Marie-Ève Favron

Les roses de la Saint-Valentin sont-elles cultivées par des gens qui s’empoisonnent en travaillant?

Depuis vingt ans, la culture des roses s’est concentrée dans les pays du Sud. Un quart des roses produites dans le monde le sont en Équateur… souvent au mépris de la santé des travailleurs et de l’environnement.

Certains producteurs brûlent leurs terres à force d’utiliser des pesticides toxiques, qui se retrouvent ensuite dans l’eau de consommation. Plusieurs de ces produits sont interdits, même en Équateur! Ils causent maux de tête, irritations, maladies respiratoires, rénales ou sanguines, cancers chez les travailleurs et même des mutations génétiques chez certains bébés. Les enfants ne sont pas épargnés, car plusieurs travaillent pour faire vivre leur famille.

«Les travailleurs ruinent leur santé et n’ont même pas un salaire adéquat et la sécurité d’emploi!» , s’indigne Roberto Nevado, président d’une compagnie de roses équitables en Équateur.

L’espoir bourgeonne
Des associations se sont formées pour aider les travailleurs à obtenir de meilleures conditions de travail. La moitié des 400 entreprises florales équatoriennes se sont jointes à l’association Expoflores. Elles n’embauchent pas d’enfants et respectent l’environnement ainsi que le code international du travail et la déclaration internationale des droits de la personne.

Julia Malquin, de l’association de certification équitable FLO, est fière des accomplissements des plantations équitables: «Chez Agriful, tous les enfants ont reçu un diagnostic de leur état de santé. De son côté, Planterra a monté un programme de diplomation pour les enfants et chez Nevado Ecuador, on a installé une garderie.»

Carmen Lascano travaille pour une ferme de roses équitables. «Sans l’aide apportée par la certification équitable, je n’aurais pas pu envoyer mes enfants à l’école.»

Vancouver d’abord…
Au Canada, ce n’est qu’à Vancouver qu’on retrouve des roses certifiées «commerce équitable». À travers le pays, certaines compagnies vendent des roses cultivées dans des conditions respectueuses des travailleurs et de l’environnement. Espérons que comme pour le café, on verra bientôt des roses équitables dans les supermarchés.

Un symbole de justice
Voici un des symboles du «commerce équitable»: c’est celui de Transfair. Pour l’obtenir dans l’industrie de la rose, certaines exigences doivent être respectées :
• Interdiction du travail des enfants
• Présence d’une garderie pour les enfants des travailleurs
• Respect des congés de maternité et pauses d’allaitement durant la journée de travail
• Accès à des logements décents près du lieu de travail ou à un moyen de transport gratuit
• Sécurité d’emploi et salaire au-dessus du salaire minimum
• Bannissement d’une centaine de pesticides et port d’habits spéciaux pour protéger les travailleurs des pesticides permis.
• Accès à des visites médicales sur demande pour les employés
• Protection de l’environnement à l’intérieur et autour de la plantation

Merci à Éric Bouron pour la traduction de l’entrevue de Julia Malquin.


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