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Hollande peut-il sauver la droite ?

Publié le 02 avril 2013 par Juan
Hollande peut-il sauver la droite ?
A droite, on s'inquiète. On a beau multiplier les bons mots contre l'équipe Hollande, rien n'y fait. La droite classique semble dévorée de l'intérieur, incapable de se redresser et d'appréhender l'avenir autrement que sur des coups personnels.
1. Le Point du 28 mars publiait les bonnes feuilles d'un ouvrage sur les coulisses du naufrage de l'UMP en novembre dernier. Où l'on apprend comment Nicolas Sarkozy soutenait Jean-François Copé dans une opération de tricherie électorale hors normes et sans scrupules pour saboter la conquête du parti par l'équipe Fillon. "Le coup monté - Comment ils ont roulé Fillon" est écrit par Bruno Jeudy (JDD) et Carole Barjon.
"Copé est vraiment un nul. Il ne sait même pas tricher correctement"
Nicolas Sarkozy.
Sans surprise, la livre ne fait pas plaisir à droite. Copé a paraît-il voulu joué le mépris avant d'accuser publiquement les deux de soutenir le camp Fillon: «Il s'agit là d'une forme de baroud d'honneur de deux journalistes très engagés, ce n'est un secret pour personne ici». C'était drôle...  L'un des auteurs de l'ouvrage, l'ex-sarkophile Bruno Jeudy conteste: «C'est un livre sans propos off où les 49 protagonistes cités parlent sans masques».
2. Pour l'heure, l'avenir de la droite classique repose sur une hypothèse - l'hypothétique retour du sauveur sur fond d'effondrement national. En d'autres termes, la perspective d'un Hollande disqualifié du second tour de l'élection présidentielle de  2017. Une sorte d'alignement des astres souhaité par les proches de l'ancien monarque. Dans les colonnes du Point daté du 28 mars, Camille Pascal, ancienne plume sans talent des discours xénophobes de Sarkozy, expliquait: "Si Nicolas Sarkozy revient, c'est qu'il sera porté par un vague, une évidence." Par exemple, ajoute le journaliste du Point," dans une situation où Marine Le Pen serait à 35% et Hollande potentiellement absent du second tour..."

Hollande peut-il sauver la droite comme Sarkozy a permis l'alternance contre lui ?
3. A gauche, certains invoquent déjà, avec quatre ans d'avance, une furieuse envie d'abstention contre tout candidat socialiste. Notre confrère du Cri du Peuple, dans les colonnes de Ragemag, résume la chose: "l’inaction du Parti solférinien constitue une insulte aux classes populaires qui attendaient autre chose que la continuité de la politique de Nicolas Sarkozy." Au parti socialiste, certains militants réclament la scission, afin de clarifier débats et positionnement.
Les élections municipales de l'an prochain auront valeur de test, notamment pour le Parti Communiste qui a toujours eu besoin d'un renfort socialiste et écologiste pour maintenir son implantation.
Ce scénario - la défaite de la gauche faute d'unité ne ressemblerait qu'à un énième et inutile chantage au vote utile si deux conditions, alternatives, ne se réunissent pas.
Primo, il faudrait que l'opposition de gauche, aussi incroyablement virulente qu'elle est politiquement fragile, progresse comme rarement en très peu de temps dans notre Vème République maladive. Il y a bien sûr des sous-scénarios possibles, où la rupture viendrait d'un effondrement total du système. Et pourtant là encore, où sont les signes que les Français préféraient la révolution solidaire au repli sur soi ? La seconde condition est celle d'une gauche qui comprend qu'elle doit se réconcilier. Nulle évidence... Avril 2002 est passé par là sans servir à grand chose.
Cette réconciliation supposerait un joli revirement du camp Hollande qui réaliserait donc qu'il a besoin d'écouter sa gauche. Elle nécessite aussi, à "gauche de la gauche", que toutes les portes n'aient pas été brutalement et définitivement refermées.
A vous de jouer.


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