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Critique Ciné : A la Merveille, merveilleuse allégorie

Publié le 13 avril 2013 par Delromainzika @cabreakingnews

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A la Merveille // De Terrence Malick. Avec Ben Affleck, Olga Kurylenko, Javier Bardem et Rachel McAdams.


Lors de la sortie en sales de Tree of Life il y a de ça un petit moment maintenant, j'avais crié mon amour pour le cinéma de Terrence Malick. Un cinéma laissant le spectateur rêveur mais aussi émerveillé par la beauté des images. Ce que Terrence Malick parvient à faire une nouvelle fois avec To the Wonder (ou A la Merveille en VF) c'est nous parler d'une histoire d'amour avec la finesse poétique des images qu'il nous dispose sous les yeux. C'est du cinéma très contemplatif mais c'est si éblouissant que l'on n'en ressort jamais totalement guéri. Quand j'ai vu que To the Wonder avait été assez mal accueilli par la critique, je me suis demandé comment les gens ont fait pour ne pas adhérer. Surtout ceux qui avaient adhéré à son excellent Tree of Life. Il était pour moi impossible de passer à côté de To the Wonder. D'autant plus qu'il reprend les codes qui font son succès et surtout la poésie de son cinéma. J'ai été subjugué car derrière cette allégorie, pas toujours joyeuse, de l'amour, se cache aussi une âme. Un film merveilleux qui nous plonge au coeur de l'amour comme on peut le ressentir.
Même s’ils se sont connus sur le tard, la passion qu’ont vécue Neil et Marina à la Merveille - Le Mont-Saint-Michel - efface les années perdues. Neil est certain d’avoir trouvé la femme de sa vie. Belle, pleine d’humour, originaire d’Ukraine, Marina est divorcée et mère d’une fillette de 10 ans, Tatiana.
Désormais, le couple est installé dans l’Oklahoma. Leur relation s’est fragilisée : Marina se sent piégée. Dans cette petite communauté américaine, elle cherche conseil auprès d’un autre expatrié, un prêtre catholique nommé Quintana. L’homme a ses propres problèmes : il doute de sa vocation…
Marina décide de retourner en France avec sa fille. Neil se console avec Jane, une ancienne amie à laquelle il s’attache de plus en plus. Lorsqu’il apprend que rien ne va plus pour Marina, il se retrouve écartelé entre les deux femmes de sa vie. Le père Quintana continue à lutter pour retrouver la foi. Face à deux formes d’amour bien différentes, les deux hommes sont confrontés aux mêmes questions.
Ce que j'aime chez Malick c'est qu'il prend son temps pour faire les choses et surtout évite les dialogues. Le dialogue est presque fait pour ceux qui ne savent pas raconter quelque chose au travers des images. Alors certes, le cinéma c'est des images et du son mais le mélange est respecté dans To the Wonder. Car au travers d'une bande son millimétrée, de quelques susurres aux oreilles des personnages, on retrouve alors ce cinéaste fasciné par ce qu'il fait et bien entendu je ne peux que le remercier de m'avoir encore une fois donner une claque en pleine figure. Pas aussi grosse que Tree of Life j'en conviens, mais suffisamment grosse tout de même. J'ai pleuré. Je suis passé par tous les états, même celui de l'euphorie lors des scènes parisiennes au début du film. C'est le début d'une belle histoire d'amour, immuable. En apparence. C'est fascinant. L'image est magnifique, sensationnelle. Elle nous plonge quelque part, puis ailleurs et encore ailleurs. C'est d'une poésie sans cesse mettant en avant certains personnages pendant que d'autres restent presque hors champ (je pense par exemple à Ben Affleck).
Je savais que Malick avait une fascination pour les femmes (on avait pu le voir dans Tree of Life), mais c'est encore plus marqué ici. Chacun des gestes du réalisateur est contrôlé, afin de envouté comme une merveilleuse chose que je n'aurais jamais encore goûté. Le délicieux mélange des images, des décors (on passe de Paris aux Etats-Unis en passant par ces terrains de chantier froids et glacials). Par ailleurs, et contrairement à ses deux premiers films, je trouve que Terrence Malick se dévoile ici. Il se met à nu. Tout simplement. Nous racontant une partie de sa vie au travers du regard qu'il porte sur ses personnages. C'est un film très personnel qui nous permet d'entrevoir aussi un peu plus le personnage qui au delà de son côté torturé (puisque l'on sent qu'il y a quelque chose dans les scènes de disputes notamment) mais aussi rêveur et fasciné (les débuts de relation sont toujours intenses de beauté et d'une émotion sans fin).
Note : 10/10. En bref, un film immuable et plein de poésie qui emporte le spectateur au travers de la beauté des images et du regard allégorique que porte Terrence Malick sur l'amour. Et si je lui demandais un jour de réaliser un film sur ma vie amoureuse ? Ce serait surement le plus beau cadeau que l'on pourrait me faire.


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