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Les Chambres d'agriculture mobilisées pour relancer le bio

Publié le 15 avril 2013 par Bioaddict @bioaddict

Devant la baisse des conversions en agriculture bio en France les Chambres d'Agriculture se mobilisent pour motiver les agriculteurs et leur donner les bons conseils pour réussir leur projet. Les Chambres d'agriculture mobilisées pour relancer le bio 

Alors que la demande de produits bio ne cesse de progresser en France, très paradoxalement les agriculteurs bio ont le " blues ". " Les conversions ralentissent, et lors de successions la poursuite de l'activité en bio n'est plus toujours assurée ", vient de confirmer dans une conférence de presse Etienne Gangneron, le nouveau Président de l'Agence Bio et administrateur à l'assemblée permanente des Chambres d'Agriculture. Et, précise-t-il, " plusieurs régions n'ont reçu aucune demande de conversion depuis le début de l'année ".

Les raisons avancées sont multiples. L'agriculture bio est exigeante en travail et en main d'oeuvre. Elle coûte plus cher que l'agriculture conventionnelle. Les rendements ne sont pas réguliers, ni toujours suffisants. Les prix de revient sont donc plus élevés que dans l'agriculture conventionnelle. Pendant la période de conversion de trois ans les produits ne peuvent pas être labellisés bio. Et les prix de vente des produits bio ont baissé. A tel point que certains produits bio sont aujourd'hui au même prix que les produits non bio. A cela s'ajoute la concurrence des produits bio importés, moins chers que les produits français du fait d'une d'oeuvre beaucoup moins payée qu'en France et soumise à moins de charges sociales, et naturellement préférés par les grandes surfaces qui recherchent toujours les prix bas. Enfin les agriculteurs qui souhaitent développer leur activité dans le bio pour être plus compétitifs et rentables, se heurtent à la difficulté de trouver des terres à cultiver.

Face à cette situation de crise pour l'agriculture bio, le Gouvernement fait peu. Certes le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll est favorable au bio. Le Plan Eco-phyto, le plan Agro-écologie, le Plan Ambition Bio 2017 le prouvent. Mais en pratique les aides à l'agriculture bio françaises et les aides de la PAC (50 millions d'Euros) comparées à celles de l'agriculture conventionnelle sont trop faibles, et particulièrement insuffisantes pour les petites et moyennes surfaces qui sont très nombreuses dans le bio.

Pour autant " le problème de la compétitivité et de la rentabilité de l'agriculture bio peut aussi se poser en termes de structuration, et d'organisation " estime Christophe Cardet, Conseiller maraîchage de la Chambre d'agriculture du Maine et Loire. Car selon lui trop d'agriculteurs se lancent dans le bio par idéologie ou conviction mais sans avoir fait une étude de marché. Or une exploitation agricole ne peut être créée qu'après une étude des sols bien précise pour savoir ce qu'on peut y cultiver, une étude sur la mise en marché des produits pour savoir à qui et comment on va les commercialiser (vente directe ou expédition ?). Une étude aussi sur la concurrence, locale notamment, pour savoir si les produits pourront être vendus sans difficulté aux supermarchés environnants.

Cette approche globale est fondamentale avant la création d'une entreprise agricole bio, mais aussi après. C'est pourquoi les Chambres d'Agriculture ont décidé de renforcer leurs actions pour remotiver les conversions au bio, mieux former les futurs agriculteurs bio dans le cadre des lycées professionnels notamment, et accompagner, techniquement et commercialement, ceux qui sont en difficulté.

Enfin les Chambres d'Agriculture veulent créer un lien permanent avec les agriculteurs bio via l'envoi régulier d'une lettre d'information, l'animation de réunions de formation et d'échange, la fourniture de références techniques et économiques et juridiques et administratives pour aider les agriculteurs bio à optimiser la gestion de leur entreprise et de leur production. 250 experts bio (sur les 6 000 conseillers que comptent les Chambres d'agriculture) vont ainsi intensifier leur action auprès des agriculteurs pour les accompagner dans la conversion.

GuyVasseur, Président des Chambres d'Agriculture et Etienne Gangneron, lui-même exploitant agricole bio dans le Cher, vont déployer toute leur énergie pour que l'agriculture bio française porteuse de valeurs environnementales, éthiques et de santé publique, retrouve ses couleurs.

Le programme " Ambition Bio 2017 ", visant à redynamiser les conversions, sera présenté d'ici juin 2013 par le Ministre de l'Agriculture. 
Enfin, le Salon des techniques bio et alternatives (Tech&bio) se tiendra les 18 et 19 septembre 2013 à Bourg- les- Valence dans la Drôme.

Hervé de Malières

www.chambres-agriculture.fr
www.tech-n-bio.com


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