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Stratégie et réseaux (Colloque - 27 mai)

Publié le 15 avril 2013 par Egea
  • Colloque
  • Réseaux
  • Stratégie

Le cyberespace est d'abord constitué de l'informatique en réseau. Si chacun pressent l'importance de la dimension informatique, rares sont ceux qui s'intéressent aux réseaux en tant que tels. Ils sont pourtant essentiels, et ne sauraient être limités au cyberespace.

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Cette interrogation a incité le club Participation et progrès, en partenariat avec Stonesoft, à organiser un colloque sur le thème "Stratégie et réseaux".

Il se tiendra le lundi 27 mai à l'école militaire (amphithéâtre Desvallières), avec les principaux spécialistes de cyberstratégie : CA Coustillère, F. Douzet, FB. Huyghe, O. Kempf, K. Salamatian, D. Ventre .... Programme et thème détaillé ci-dessous. Je suis reconnaissant à tous si vous faites circuler l'info (vos blogs, FB , twitter, etc...)

inscription Obligatoire et gratuite

  • 13H30 : Accueil amphi Desvallières
  • 13H50 : Introduction : Daniel Ventre, titulaire de la chaire de Cyberdéfense Saint-Cyr, Thalès et SOGETI
  • 14h00 : Première table ronde : La réticulation du monde affecte-t-elle la stratégie ? Présidée par FB Huyghe, directeur de recherche à l’IRIS
    • Olivier Kempf, auteur de « Introduction à la cyberstratégie » : « La notion de réseau modifie-t-elle la stratégie ? »
    • Frederick Douzet, titulaire de la chaire de cyberstratégie, Institut Français de Géopolitique, Université Paris 8  : « Stratégie de dissuasion et réseaux »
    • Sylvain Hercberg (à confirmer), directeur du pôle prospective, EDF : « Stratégie et smart grids »
    • Nicolas Vanbremeersch, directeur de l’agence Spintank : « réseaux numériques et démocratie ? »
    • Nicolas Mazzucchi, professeur à l’Ecole de guerre économique : «Asie centrale : les réseaux de tubes, effet d'une stratégie géoéconomique de l'énergie  »
  • 15h20 : Débat avec la salle
  • 16h00 : Deuxième table ronde : Cybernétisation du monde et stratégie Présidée par Olivier Kempf, maître de conférences à Sciences Po
    • Jarno Limnéll, Directeur de la cyber-stratégie, Stonesoft Corporation : « Defining the Qualities of Cyber Warfare. »
    • Kave Salamatian, professeur à l’université de Savoie : « De la cyberdéfence à la cyberstratégie: qu'est qui change ? »
    • Eric Hazane, blogueur et membre d’Alliance géostratégique : « De la stratégie intégrale aux méta-réseaux »
    • Dominique Lacroix, Présidente de la Société européenne de l'Internet (IES France) : « Le nommage des domaines, expression de la stratégie américaine de domination des réseaux ? ».
  • 17h20 : Débat avec la salle
  • 17h45 : Conclusion générale : CA Coustillère, OG CYberdéfense
  • 18h00 : Fin du colloque

Thème scientifique

Le préfixe « cyber » est désormais très fréquent, que ce soit dans les médias ou dans le monde académique. Le plus souvent, il incorpore deux notions : celle d’informatique et celle de réseau. L’association des deux (l’informatique en réseaux) constituerait le cœur du cyberespace.

Le cyberespace a suscité l’intérêt grandissant des stratégistes. Les Américains ont été précurseurs dès les années 1990, et l’on observe depuis quelques années en France un intérêt soutenu pour la stratégie du cyberespace, avec des auteurs (D. Ventre, F.-B. Huyghe, O. Kempf, St. Dossé, B. Boyer, N. Arpagian), des chaires instituées sur la question (F. Douzet, D. Ventre) ou les nombreux dossiers de revues spécialisées (Politique Étrangère, RIS, RDN, NRG, Sécurité Globale).

Or, les analyses ont souvent porté sur la dimension « informatique » du cyberespace, au besoin pour l’enrichir et la dépasser par ses aspects sémantiques ou politiques. Or la notion de réseau est souvent relativisée dans ces approches. Elle mérite pourtant de faire l’objet de plus d’attention, notamment pour ce qui concerne sa dimension stratégique. La relation entre la stratégie et les réseaux mérite d’être soumise à l’attention des analystes et au-delà du public.

Plusieurs prismes sont en effet possibles, surtout si justement l’on décide de s’éloigner de l’environnement « cyber », pour pouvoir mieux y revenir ensuite : le décentrement permet de mieux percevoir les reliefs, les constantes et les nouveautés. Ainsi, les stratégistes, les économistes, les sociologues, les philosophes et les politistes devraient pouvoir exprimer, en sus des informaticiens, des vues originales sur la question.

Parmi les sources possibles d’inspiration, il faut tout d’abord revenir à des penseurs comme Forget et Polycarpe -1- qui ont très précocement exploré la question du réseau et de la réticulation -2- de notre société. Non loin, un Paul Virillo -3- a lui aussi remarqué l’accélération du temps que permet l’informatique, et donc le risque d’un monde « globalitaire », qui serait dominé par un « complexe militaro-informationnel ».

Les stratégistes gardent quant à eux le souvenir de la révolution dans les affaires militaires, initiée dans les années 1990, et qui a produit la théorie du « Network Centric warfare », ou guerre réseau-centrée -4- à partir de l’observation de la première guerre du Golfe. Évidemment, il s’agit là de la matrice directe de la cyberstratégie, du moins chez la plupart des auteurs américains. Toutefois, constatons que d’autres inspirations militaires ont très tôt utilisé la notion de « réseau » pour définir leur mode d’action : il s’agit de la guerre électronique.

Les économistes -5- ont également appréhendé cette notion de réseau, comme une catégorie de l’économie industrielle, développée à partir des années 1980 : il s’agit en effet, d’étudier les conséquences liées à la dérégulation des industries de réseau. Elle est d’ailleurs à la source de nombre de politiques européennes qui ont voulu développer la concurrence dans les industries « en réseau », avec d’ailleurs des succès divers selon les secteurs (banque, électricité, téléphonie, transport aérien, voie ferrée).

Pour les géographes, un débat majeur oppose le territoire au réseau -6-. Et nombreux sont les auteurs pour expliquer que la mondialisation s’explique par l’exploitation des réseaux, et que cette caractéristique est au fond le signe de toutes les mondialisations -7-.

Ainsi, la mise en relation de la stratégie et du réseau pose deux questions : celle du pourquoi et celle du comment.

  • Pourquoi, en effet, les réseaux – ou plus exactement la réticulation du monde, quelle qu’en soit la forme- affectent-ils la stratégie ?
  • Comment, dès lors, la stratégie s’adapte-t-elle à la réticulation du monde ?
  1. Ph. Forget et G. Polycarpe, « Le réseau et l’infini, essai d’anthropologie philosophique et stratégique », Economica, 1997.
  2. Qu’il soit ainsi précisé, si besoin était, que l’adjectif correspondant au substantif « réseau » n’est pas « réseautique », comme on peut le lire parfois, mais « réticulaire ».
  3. P. Virilio, « L’administration de la peur », textuel, 2010.
  4. Voir sur le sujet Alain de Neve et Joseph Henrotin, "La Network Centric Warfare", Stratégique, n°86, avril 2006.
  5. Michael L. Katz; Carl Shapiro, “Network Externalities, Competition, and Compatibility”, The American Economic Review , Vol. 75, No. 3. (Jun., 1985), pp. 424-440
  6. Au constat de Bertrand Badie (La Fin des territoires, Fayard, 1995) répond Roger Brunet (Le Développement des territoires, L'Aube, 2004). Comme si les territoires s’adaptaient au développement des réseaux.
  7. Ch. Grataloup, « Géohistoire de la mondialisation », Armand Colin, 2007.

O. Kempf


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