Top of the Lake // Mini-series. Part 6.
"He's not the father. He can't be. He wasn't attracted to girl. He was gay"
Je ne saurais dire ce qu'il y a de plus terrible dans cet épisode tant les émotions décrites par Jane Campion sont terrifiantes de cruauté. Dans l'épisode précédent, j'avais
remarqué tout le talent de l'acteur qui incarne Jamie. Et le cliffangher de l'épisode laissait aussi le téléspectateur avec l'envie d'en savoir bien plus. Je me suis donc logiquement demandé
comment tout cela pouvait évoluer et dans quelle direction. Nous savons que Jamie aide Tui. C'est d'ailleurs l'une des relations les mieux développées dans Top of the Lake. C'est
touchant et tellement mignon à la fois. Jamie ne peut donc pas être le père de l'enfant que porte Tui. Je n'ai jamais douté de ça et j'avais déjà senti depuis sa première apparition qu'il était
du genre à préférer les frites aux moules. Mais ce que Jane Campion parvient à faire c'est surtout à surprendre le téléspectateur dans cet univers qui avance pourtant de façon
tranquille et paisible. Car mine de rien, les rebondissements arrivent à espace assez différents.
J'ai été touché par la mort de Jamie. Surtout qu'elle est terrible. Il a sacrifié sa vie pour sauver Tui de ces hommes. Le tout était tellement choquant que je suis alors resté sur les fesses
jusqu'à la fin de l'épisode. Je ne voulais pas croire en le fait qu'il était mort. Je suis resté stoïque. Bien évidemment que le retour de Jamie (ou plutôt de son corps) sur la terre ferme créé
là aussi un sentiment déchirant. Aussi bien du point de vue de sa mère que du point de vue de la communauté. Surtout que pendant ce temps Matt choisit de donner de l'argent afin d'apaiser la
douleur. Sauf que la mort de quelqu'un ne peut pas s'acheter. Je ne sais pas quelle notion de morale semble vouloir nous déride Jane Campion dans Top of the Lake
mais pour le moment l'ensemble rutile tellement bien. On se laisse assez rapidement prendre par cette ambiance d'autant plus que cet épisode est à mon sens le plus rythmé que la série ait pu nous
offrir jusque là.
Quand Top of the Lake nous habitue à un certain rythme, forcément le téléspectateur se sent piégé dans la tourmente avec un tel épisode. Le tout commence à s'agiter. Même
du point de vue de Robin et Al dont l'enquête commence à avancer. Enfin, c'est ce que l'on veut bien nous faire croire. Le fait que Matt ait une emprise aussi importante sur la communauté ne
plait pas à Robin et je peux la comprendre. Elle ne veut pas se laisser avoir par le jeu de cet homme sénile. Car c'est ce que ce dernier nous prouver lorsqu'il explose sans remord une tasse qui
avait de la valeur pour sa mère. En meneur de troupe il est parfait Peter Mullan. Je dirais même plus que l'acteur incarne son personnage avec une telle énergie qu'il en devient
effrayant. Je ne voudrais pas croiser un tel personnage sur mon passage. Et encore moins ses hommes de mains qui sont partis à la recherche de Tui dans les bois. Je me demande comment la suite de
Top of the Lake évoluera (surtout qu'il ne reste qu'un seul épisode).
C'est intéressant de voir l'évolution de cette série au fil des épisodes. On se rend bien vite compte que tout n'est pas aussi simple. La vie de Robin non plus. D'ailleurs, ce que j'aime bien
dans la vie tumultueuse de Robin c'est sa vie amoureuse et son côté très emphatique vis à vis de ce qui est arrivé à Tui (son passé se rapproche de ce que Tui a pu vivre, à un âge différent j'en
conviens). Mais voilà, Robin est quelqu'un de très humain et je pourrais presque dire que c'est la seule adulte qui est vraiment humaine dans cette série. L'attente vis à vis du dernier épisode
de Top of the Lake c'est de démêler le vrai du faux, et surtout comprendre qui est réellement le père de l'enfant de Tui (je suppose qu'il s'agit de quelqu'un d'important mais
pas que l'on soupçonne forcément et ce même si les photos découvertes au début de l'épisode pourrait en incriminer d'autres). Allez, j'ai déjà hâte de lancer la suite et fin de cette mini série
qui m'aura réellement retourné.
Note : 9.5/10. En bref, un épisode terrifiant aux émotions justes et à l'ensemble rythmé et affolant. L'avant dernier épisode d'une mini série fascinante.
