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Galerie de portraits (5) : Patrick Balkany

Publié le 30 avril 2013 par Legraoully @legraoully
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Devezh mat, Metz, mont a ra ? J’avais bien cru un moment qu’une fois la polémique sur le mariage pour tous enterrée par le vote des députés, on pourrait enfin parler de l’ANI, cet accord scélérat qui donne droit au patron de virer un salarié sans motif et de le muter du jour au lendemain à l’autre bout du pays (il faudra plus que la loi Florange pour que je pardonne ça aux socialistes, d’autant que cette loi est moins une réforme de gauche qu’une mesure de bon sens, même s’il est vrai que Sarkozy ne l’aurait jamais fait mais je m’égare). J’en suis pour mes frais encore une fois, j’ai à nouveau sous-estimé l’imagination dont font preuve les « journalistes » payés par le grand capital dès qu’il s’agit de mettre en évidence une polémique bidon dont le seul mérite est de distraire l’attention du public des vrais problèmes ! Leur dernière trouvaille pour éviter de parler de la trahison du gouvernement ? Le « mur des cons » du syndicat de la magistrature ! Tout ce tintouin pour une blague de potaches, je vous demande un peu !

Il n’empêche que quand j’ai appris l’existence de ce mur dans les locaux de ce syndicat, j’ai tout de suite pensé que Patrick Balkany devait y figurer en bonne place ; au-delà de toute considération idéologique, les émissaires de dame justice ont quand même un tas de bonnes raisons pour ne pas vouer une estimé démesurée au maire de Levallois-Perret qui mérite d’autant plus sa place sur le mur des cons qu’il ne se contente pas d’être malhonnête. En effet, il est monnaie courante aujourd’hui de considérer Nicolas Sarkozy comme le père de ce qu’on appelle aujourd’hui la « droite décomplexée », mais monsieur Balkany était certainement un précurseur de cette frange de la droite qui ose revendiquer franchement son racisme, son égocentrisme, son obsession pour l’argent et autres brillantes qualités morales que la génération des Chirac-Balladur-Pasqua dissimulait encore sous un vague vernis de souci pour l’intérêt général dont la génération des Copé-Sarkozy-Estrosi ne s’embarrasse guère plus. Il faut cependant souligner à quel point Balkany, qui n’est plus précisément un jeune loup, s’insère à merveille dans cette génération de petites hyènes, ayant déjà atteint les sommets de la crapulerie et de la beauferie bien avant que Sarkozy et ses sbires ne l’y rejoignent.

En raison de la perte par la droite de tous les complexes qui l’empêchaient de laisser libre cours à ses pires démons, le cas Balkany paraît presque banalisé, à croire qu’il avait anticipé l’évolution de la droite anciennement républicaine – ce qui serait bien son seul éclair de génie. Sa ville de Levallois-Perret partage avec sa voisine de Neuilly-sur-Seine le douteux privilège de constituer l’un des plus grands bourgeoisland de France dont la population aisée a moins besoin d’un gestionnaire compétent et dévoué à la cause publique que d’un chien de garde qui veille sur les privilèges de ses administrés et les laisse magouiller en paix à l’abri des lambris dorés de leurs salons feutrés, armure qui met leurs turpitudes, si bien dépeintes par Zola dans Pot-Bouille, à l’abri des attaques du peuple excédé : ce chien de garde, ils semblent l’avoir trouvé en la personne de ce gangster mal embouché qui rassemble quand même à lui seul tous les pires travers pouvant être attribués à un politicien de droite : dédain, mensonge, démagogie, et clientélisme sont les quatre mamelles de cette vache qui garde tout son lait pour lui. Prompt à dénoncer les délires chauvins de Marie-Luce Penchard mais beaucoup plus indulgent envers les dérapages racistes de son ami Hortefeux, il n’a pas hésité à mette au service de son seigneur et maître Nicoléon 1er l’expérience du mensonge qu’il a accumulée dans les prétoires, au point d’affirmer super à l’aide à la presse étrangère qu’il n’y a « pas de misère en France » et de défendre la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD en présentant comme un surdoué un fils à papa même pas fichu d’avoir sa licence de droit. Je n’oublierais pas non plus de sitôt le jour où il a fait embarquer par la police deux lycéens de 17 ans militants pour le droit au logement qui perturbaient le conseil municipal, « oubliant » au passage le caractère public d’une telle réunion et offrant ainsi une illustration saisissante du cas qu’il fait de la liberté d’expression et de la justice des mineurs dès qu’il s’agit d’arraisonner des empêcheurs de protéger les riches en rond… Bref, Patrick Balkany est une vraie saloperie, une caricature vivante ; pour reprendre l’expression de Victorin Lurel, le monde se porterait mieux s’il y avait moins de démocrates comme lui.

En fait, il n’a qu’un seul point faible, qui explique que vous avez peut-être le sentiment que je tire sur une ambulance : il est exécrable communiquant. Autant Sarkozy est un habile baratineur qui a réussi à faire oublier (au moins le temps de se faire élire) qu’il avait été maire de Neuilly, autant l’image de maire de Levallois colle à Balkany comme le sparadrap au capitaine Haddock. Il n’est pas seul à diriger une ville de riches, mais contrairement à Estrosi (maire de Nice), il n’a pas réussi à le faire suffisamment oublier pour devenir un ministre que le peuple peut supporter plus de deux secondes. Il n’est pas le seul à mentir comme il respire, mais ça se lit littéralement sur son visage, il a l’air d’être le seul à croire aux conneries qu’il profère. Il n’est pas le seul à avoir trempé dans des magouilles, mais contrairement à Chirac, il ne parvient pas à faire faire « pschitt » aux affaires où il est empêtré : ses relations bien placées lui évitent la prison mais pas le mépris de la majeure partie de la population. De ce fait, son nom a beau être cité par les journalistes (qui ne veulent probablement pas fâcher leurs patrons qui le fréquentent dans les soirées mondaines) comme celui d’un homme politique « normal », il sonne irrémédiablement aux oreilles du peuple comme synonyme de « politico-magouillard régnant sur une république bananière » et de « bourgeois se donnant des airs de respectabilité pour dissimuler sa bassesse morale et sa rapacité financière », comme Ted Holworth dans la chanson de Graeme Allwright, à cette différence près que Balkany échoue systématiquement à cacher ce qu’il aimerait bien dissimuler.

De ce fait, Balkany ne pourra jamais être autre chose que maire de sa commune de bourgeois (la plus endettée de France juste avant Cannes) et, franchement, c’est aussi bien comme ça : laissons-le à sa niche en attendant le jour où le peuple excédé prendra d’assaut les villes riches… On peut rêver, non ? Kenavo, les aminches !


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