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Aspects opérationnels des réseaux

Publié le 30 avril 2013 par Egea
  • Réseaux
  • Stratégie

J'aimerais m'interroger sur la notion de réseau. Je précise : pas de "réseau informatique". J'ôte l'adjectif qualificatif, et raisonne "hors du cyber". Ou plutôt, j'émets des hypothèses et teste auprès des vous quelques idées. Sentez-vous libres de m'expliquer que comme d'habitude, je raconte n'importe quoi...

Aspects opérationnels des réseaux
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Le réseau a depuis longtemps été une réponse tactique ou opérative à des défis stratégiques. Que l'on pense à ces exemples :

  • le réseau de places fortes du pré carré, installé par Vauban sur la frontière nord
  • les réseaux de citoyens organisant la défense suisse aujourd'hui, ou autrefois les réseaux de partisans yougoslaves
  • les réseaux armés de résistants de tout poil (résistants de la deuxième Guerre mondiale, guerre révolutionnaire de Mao Tsé Toung, réseaux terroristes enracinés - Palestine, Algérie , Irlande du nord - ou déracinés - les multiples franchises d'Al Qaida-)

Quels points communs en tirer ? La conjonction d'une organisation le plus souvent territoriale, de systèmes d'armes, de dispositifs humains, et de maîtrise de l'information qui structure le réseau.

Constatons également que des fonctions militaires ont très tôt utilisé la "notion" (le dispositif ?) de réseau :

  • la fonction renseignement, bien sûr, qui essaye de décrypter les réseaux ennemis : réseaux de commandement, réseaux d'insurgés....
  • la fonction transmissions (ce mot est bien oublié et négligé, malheureusement, mais on y reviendra quelque jour) : qu'on pense au RITA, novateur à son époque, parce qu'il était un "Réseau Intégré de Transmissions Automatiques" (voir fiche wiki pour ceux qui n'ont jamais entendu parler de ce truc antédiluvien, puisque datant des années 1980)
  • la fonction logistique : qu'on pense au rôle des chemins de fer dans la conduite des guerres de la deuxième partie du XIX° siècle (la "mobilisation" n'est possible que grâce aux réseaux de chemin de fer). Qu'on pense, de façon plus moderne, aux réseaux d'aéroports qui fondent les lignes aériennes aujourd’hui.

Il doit y en avoir d'autres, probablement. Constatons que le réseau n'est pas un schéma qui appartient au combat ou au soutien : les deux peuvent l'utiliser.

Quels sont les avantages du réseau ?

  • il compense l'absence d'obstacle : il donne donc de la profondeur
  • a priori, il paraît plus économique qu'un front continu. C'est bien tout l'enjeu du combat lacunaire, où la technologie vient compenser l'impossibilité de disposer des ressources le long de la ligne de front ou sur le terrain pour contrôler la zone.
  • la plasticité : un réseau paraît, par construction, plus adaptable à l'imprévu.

Quels sont ses inconvénients ?

  • Il ne permet que rarement la concentration des efforts (contre partie de sa plasticité) : quand on concentre, c'est qu'on affaiblit la structure réticulaire.
  • il est peu accroché au terrain : le réseau dépend du nombre de nœuds.
  • Si le réseau est simple, casser un ou deux nœuds permet de l'affaiblir sensiblement. Mais augmenter le nombre de nœuds revient à étoffer le réseau, au point d'en faire une structure continue.

Z'en pensez quoi ?

O. Kempf


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