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Moi Président de la République

Publié le 06 mai 2013 par Legraoully @legraoully

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Moi Président de la République, j’en foutrai pas une rame. D’une part, il y a un gouvernement pour ça, d’autre part il faut bien que les caves à vin de l’Élysée servent à quelque chose. Avant, on n’avait pas de pétrole mais on avait des idées, aujourd’hui on n’a pas de boulot mais on a du temps.

Moi Président de la République, j’obligerai tous mes concitoyens à avoir un chat. Si t’es allergique, ça te fera une bonne raison d’entrer dans l’opposition.

Moi Président de la République, j’inciterai les gens à voter bourré et à conduire dans le secret de l’isoloir. Ça rendra les rues plus sûres et la vie politique plus amusante.

Moi Président de la République, je conditionnerai les allocations familiales à l’obligation d’élever les enfants des autres. Comme ça, on y réfléchira à deux fois avant de procréer à l’aveuglette.

Moi Président de la République, je ferai fermer les écoles et les prisons. Dans ta gueule, Victor Hugo.

Moi Président de la République, je ferai virer les mânes de tous ceux qui moisissent au Panthéon, ainsi que les antiquités qui dépérissent à l’Académie Française et au Sénat. J’en profiterai pour raser les hospices abritant tout ce petit monde pour faire construire des piscines municipales, car couler une brasse est autrement plus bénéfique pour la santé que remuer les cendres des glorieux anciens. Même pour un sénateur.

Moi Président de la République, pour les mêmes raisons, je ferai démolir tous les monuments aux morts sur tout le territoire. A la place, on fera des monuments aux vivants.

Moi Président de la République, j’ouvrirai des salles de shoot pour les drogués à l’opium du peuple. Les Églises de toutes les obédiences seront repeintes en couleurs gaies et seront reconverties en salles des fêtes et en marchés de la drogue.

Moi Président de la République, je ferai replanter des forêts partout où la route nous gâche le paysage. La France deviendra la Patrie des Droits de l’Homme (amputée du droit au travail et du droit de chasse), de la Femme, du Transgenre et des Animaux.

Moi Président de la République, j’encouragerai les résidents de notre Glorieuse Nation à passer un examen mensuel chez l’ORL pour que plus jamais personne ne puisse affirmer de façon péremptoire que Céline Dion et Francis Cabrel sont de grands artistes.

Moi Président de la République, j’organiserai un concours mensuel dans les garderies pour donner un coup de jeune à notre drapeau qui, il faut l’avouer, est bien tristounet avec ses trois sempiternelles couleurs. Les bambins auront carte blanche pour représenter ce qui leur fait plaisir. Idem, j’abaisserai l’âge du droit de vote à 5 ans, car la démocratie est une chose trop sérieuse pour être laissée à des adultes.

Moi Président de la République, je nommerai un ministre du Père Noël et je ferai remplacer le Père Fouettard par Nadine Morano. Parce la magie de Noël est une chose trop importante pour être laissée à des enfants.

Moi Président de la République, avec l’accord de nos partenaires européens, je ferai déplacer notre beau pays de cinq cents kilomètres vers le sud. Parce que vraiment, y’en a marre de ce temps dégueulasse.

Moi Président de la République, je n’irai pas crécher à l’Élysée. J’irai prendre l’apéro tous les soirs chez un de mes concitoyens, chez qui je passerai la nuit, pour être au plus proche des préoccupations des Français.

Moi Président de la République, je ne me coucherai pas devant les diktats de Mme Merkel et du FMI. Je recevrai les ambassades déjà allongé au plumard, mais je mettrai quand même une cravate avec mon pyjama, car la France est quoi qu’on en dise le pays de la haute couture.

Moi Président de la République, je permettrai aux fumeurs de cloper où bon leur semble pendant un an. Les non-fumeurs seront priés d’aller respirer leur air pur dégoûtant sur le trottoir. Au bout d’un hiver, si ces derniers ont un tant soit peu appris la tolérance, j’organiserai un Grenelle de la Clope et on ouvrira des négociations pour voir si on proroge la mesure.

Moi Président de la République, les syndicats ne seront plus des partenaires sociaux impuissantset bien content de ramasser les miettes à la table des grands. Je leur confierai l’immense tâche d’aller démolir les usines et les bureaux qu’ils s’acharnent à sauvegarder au mépris du bon goût, puis une fois leur labeur accompli, d’ouvrir des centres de vacances. La CFDT, la CGC, la CFTC, la CGPME, et le Medef y seront de corvée de chiottes.

Moi Président de la République, il n’y aura plus de gauche et de droite mais un vrai gouvernement d’union nationale. Tous les membres de ce gouvernement seront d’ailleurs mariés tous ensemble pour être encore plus unis. On ne parlera plus de remaniement quand j’en aurai marre de leurs têtes, mais de divorce collégial.

Moi Président de la République, on ne comptera plus les mandats locaux, régionaux, nationaux en années. J’instaurerai un permis de dire des conneries, et à la dixième, tu dégages et tu ne te représentes jamais plus à rien. Quoique cette mesure pourrait à première vue constituer un facteur d’instabilité , elle devrait dissuader suffisamment les carrières e à terme nous débarrasser du personnel politique.

Moi Président de la République, je ne présenterai pas de Première Dame pendant la durée de mon mandat. D’abord parce que le titre sent son paternalisme réac et moisi à des années-lumières, et en plus parce qu’on ne mélange pas boulot et vie privée. Non mais de quoi je me mêle?

Moi Président de la République, j’accorderai leur indépendance à toutes nos possessions d’Outre-Mer, sauf aux Kerguelen et à Saint Pierre et Miquelon. Je compte bien y expédier tous ceux qui dérogeraient à ma dixième proposition.

Enfin, moi Président de la République, j’engagerai ma responsabilité et même, pour prouver la force de mon engagement, ma vie devant l’Assemblée Nationale tous les trois mois. A cette profession de foi, j’ajouterai simplement une dernière volonté: si faute d’avoir réussi à rassembler mes concitoyens autour du projet commun de ne rien foutre si ce n’est profiter de la vie les députés décident de se débarrasser de moi, et bien

Moi Président de la République j’aimerais bien mourir comme Félix Faure.


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