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Ces femmes qui disparaissent...

Publié le 07 mai 2013 par Quiricus
Ces femmes qui disparaissent...

D’après le psychiatre Serge Lopez, les trois Américaines comme leurs proches devront être aidés psychologiquement afin de se reconstruire...


Amanda  Berry était très claire et lucide lorsqu’elle s’est échappée de la maison. Cela vous a-t-il surpris?
Après une prise d’otages, on traverse une période d’euphorie. Mais la façon dont elle s’est comportée n’est pas représentative des épreuves qui l’attendent. Les conditions de détention ont un rôle important. Même si elles ont heureusement pu se soutenir mutuellement, les trois femmes ont vécu des privations, des viols et certainement des humiliations pendant une détention extrêmement longue. Cela va générer de graves troubles de la personnalité.
Lesquels?
Les complications les plus classiques sont la dépression avec risque suicidaire, une perte totale de manque de confiance en soi -puisque les victimes ont été traitées comme des objets pendant dix ans- la difficulté à affronter le monde, et le fait de revivre encore et encore ces événements traumatisants, ce qui correspond au syndrome de stress post-traumatique. Ces trois victimes vont sans doute aussi développer des cauchemars et de l’agoraphobie.
Comment peuvent-elles se reconstruire après une telle épreuve?

 
Elles vont devoir se réadapter au monde extérieur, dont elles ont une vision totalement perturbée, trouver un travail, un appartement… Ce sera une épreuve sociale énorme. Elles auront besoin de beaucoup d’aide et d’un bon réseau. Mais ne soyons pas trop pessimistes, il existe aujourd’hui des techniques thérapeutiques pour les aider.
Comment doit se comporter l’entourage pour les aider et quels sont les pièges éviter?
Il faut trouver un équilibre dans l’attitude à adopter, ce qui n’est pas évident. Il faut être empathique, mais pas trop. Ne pas abuser de «ma pauvre chérie, avec ce qui t’est arrivé» sinon il y a un risque de régression. Mais il ne faut pas faire preuve d’incompréhension et dire: «Tu t’en es sorti, tu vas bien, donc maintenant secoue-toi.» Eviter les «y’a qu’à» et «faut que». Pour la famille et les proches, ce sera aussi une épreuve, passée l’euphorie des retrouvailles. Les victimes comme les proches auront certainement besoin d’une aide psychologique.
Les victimes peuvent-elle avoir développé le syndrome de Stockholm (l’attachement à leur bourreau)?
Il y a peu de chances. C’est possible parce que c’est la seule façon de survivre, et que dix ans de détention, cela crée des liens, même pervers. Mais cela sera facile à déconstruire en thérapie.

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