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Quand l’Etat brade son patrimoine pour engraisser encore les porcs

Publié le 07 mai 2013 par Gédécé @lesechogaucho

 

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La réponse du gouvernement n’a pas été à la hauteur de cette formidable aspiration. Au lieu de rassurer celles et ceux qui ont permis la défaite de Nicolas Sarkozy il y a un an, Jean-Marc Ayrault a préféré dire une fois de plus sa sollicitude pour les chefs d’entreprise et annoncer la privatisation partielle d’entreprises publiques ! De son côté Manuel Valls joue de la provocation en minorant outrageusement le nombre de manifestant-e-s. (Communiqué du Front de gauche : le 5 mai et ses suites)

 Encore un exemple si besoin en était de la fracture de plus en plus béante entre le PS et le Front de gauche. Et c’est là où certains se trompent, ne parvenant chroniquement pas à prendre en compte la mesure des enjeux sociétaux majeurs. Je veux parler ici de la décision  stupide de ce premier ministre qui au lendemain d’une manifestation exprimant un refus des orientations économiques actuelles, clairement libérales, ne trouve rien de mieux pour calmer le jeu que d’annoncer des privatisations rampantes comme seul le PS en a le secret. On a en effet  déjà connu cela du temps de Jospin, qui se vantait tout autant de ne pas être socialiste qu’Hollande… Une véritable provocation, et un signe de mépris invraisemblable comme on en connaît trop depuis le début de ce gouvernement. Si le PS veut être respecté, qu’il prenne des décisions respectables et concertées, ce qui n’est pas franchement pas le cas dans un temps ou l’on parle pourtant avec tant d’hypocrisie d’union nationale alors que l’on fait tout pour ostraciser le Front de gauche.  Cette fois, trop c’est trop. Oui, nous claquons la porte du débat avec le PS car ce dernier préfère pactiser avec les franges droitières de son électorat qu’avec les 4 millions de personnes qui ont permis l’élection de Hollande, ce dont aujourd’hui il se fout manifestement royalement… dans sa dérive monarchiste. Voire nous crache à la figure. Car autant avec ces privatisations qui ne veulent pas dire leur nom par pure tartufferie, et même si nous y sommes opposés par principe,  nous pourrions concevoir que leurs fruits servent à financer des dépensessocialement utiles, autant nous ne pouvons pas accepter qu’elles servent encore et encore à faire des cadeaux aux entreprises, comme l’espèrent certains prétendants au trône du Medef, ce qui est fort probable. On dira que c’est une aide à l’investissement, que cela créera des emplois, comme on nous en a assez bassiné en Lorraine, où on connaît le sujet de la ré industrialisation… On voit ce que cela a donné : un secteur aussi stragique de nature que celui de l’acier confié à des intérêts pour de biens catastrophiques issues…  En outre, céder des capitaux d’entreprises aux activités aussi stratégiques que sensibles, et à l’évidente utilité collective et d’intérêt public que le sont EADS, GDF-Suez et  EDF ou France Télécoms, n’est à mon sens pas seulement un pêché contre la gauche, mais aussi et surtout d’une bêtise crasse pour des raisons telles que  celles développées notamment par ce blogchévik injustement méconnu. Cela s’appelle ni plus ni moins que vendre ses bijoux de famille et l’on connaît trop bien cette route là, celle de la récession, tracée par nos frères et sœurs grecs. On sait où cela mène : Un désir d’Aube dorée, Monsieur Hollande, peut-être ? Déjà, le FN qui n’avait pas besoin de cela pour se dresser sur ses ergots (de seigle ?) se délecte outrageusement de cette incurie étatique (et je me sens assez triste de me voir contraint d’être en partie d’accord avec ce ramassis de fachos sur certains points précis), à l’heure où Montebourg a tenté bien maladroitement de faire dans le registre de la souveraineté économique nationale avec Dailymotion. Tout cela manque terriblement de cohérence.


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