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CROCS prend une mordée au Québec!

Publié le 19 avril 2008 par Raymond Viger

CROCS prend une mordée au Québec!
Publié le 15 avril 2008

Les CROCS, vous connaissez? Ce sont des espèces de sandales en plastique munies de trous d’aérations un peu partout dans la chaussure. Pour un aperçu, cliquez ici.

L’idée, le concept vient de créateurs du Québec. Le produit a rapidement fait son bout de chemin à travers le monde pour sa simplicité, sa légèreté, son look bon enfant. En été, ils sont parfaits pour quelconque activité de plage. Dans les hôpitaux, il n’est pas rare de croiser une infirmière en porter.

L’entreprise, aujourd’hui entre les mains de propriétaires américains du Colorado, semble en vouloir particulièrement à sa famille créatrice, le Québec.

Un lieu culturel déchiqueté
Dans la capitale provinciale, sur la rue Saint-Jean, CROCS est propriétaire d’une boutique où on vent la fameuse chaussure ainsi que ses produits dérivés tous aussi ridicules les uns que les autres, allant de la chaussure de luxe à la botte de pluie. Jusqu’en janvier dernier, cette boutique avait comme voisin d’en haut un bar chansonnier dénommé Chez son Père. Un bar qui roulait sa bosse modestement depuis plus de 25 ans dans la capitale. Une boîte à chansons qui avait reçu les plus grands: Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Bob Walsh, etc.

L’endroit a ensuite servi de bar de prédilection à bon nombre de résidents de la ville de Québec. On pouvait y entendre plusieurs soirs par semaine des chansonniers sympathiques mener une foule à la fête avec la seule aide d’une guitare, d’un micro et d’un répertoire musical francophone. Un arrêt obligé pour n’importe quel touriste visitant la vieille capitale et souhaitant vivre une expérience typiquement québécoise.

Eh bien, vu l’importance que prenaient les produits CROCS dans la capitale, l’entrepreneur est devenu envahisseur. Alors que Chez son père s’apprêtait à négocier un nouveau loyer avec son propriétaire, les voisins d’en bas sont venus jouer les trouble-fêtes. Ils ont offert à ce même propriétaire une somme faramineuse pour le loyer d’en haut, un montant que le bar chansonnier n’avait certes pas les moyens de concurrencer. CROCS a tout calculé. Le bar a fermé ses portes. Les lieux vont désormais servir…d’entrepôt pour chaussures en plastique!

Déjà là, il y a matière à détester l’entreprise. J’ai passé des soirées au bar Chez son père. Je ne suis pas de la ville de Québec. Mais chaque fois, l’ambiance était des plus divertissantes et chaleureuses. On s’y sentait chez soi. J’ai de beaux souvenirs logés dans cet endroit et je sais que c’est le cas de bien des gens. La fermeture du bar a fait bien des malheureux à Québec, et donne une franche claque en pleine figure à notre culture.

Ce n’est qu’un début
L’envahisseur CROCS n’avait pas l’intention de s’arrêter ici. Ça non. Après être passé d’entrepreneur à envahisseur, l’envahisseur est devenu déserteur.

Sur le site de Radio-Canada, j’apprends aujourd’hui même la fermeture de l’usine CROCS de Québec. L’usine fonctionnait bien, on avait dû rappeler des anciens travailleurs dernièrement pour faire face à la grande demande de production. Le syndicat était en discussion pour un nouveau contrat, mais semble-t-il que tout se déroulait bien. Le siège social à Denver, probablement très conscient de la situation (sentez-vous le sarcasme?), a tout simplement préféré transférer on ne sait où pour l’instant, à Atlanta ou au Mexique… On ne sait pas plus pourquoi.

Ça me dépasse tout ça. L’entreprise est née ici. Et l’acheteur américain ne se donne même pas la peine de respecter l’origine du produit. Un vrai de vrai requin. Ou un vrai de vrai crocodile devrais-je plutôt dire!

Que faire maintenant? Personnellement, j’ai décidé de vouer une haine sans vergogne aux chaussures CROCS. Les faits énoncés ici, je ne me gêne pas pour les chanter à quiconque croise mon chemin avec ces chaussures aux pieds. Et pas besoin de vous préciser que du fin fond de mon bureau, mes grands pieds ne se vautrent pas dans le confort d’une paire de CROCS. À ça non, plus jamais! Elles sont peut-être jolies et pratiques ces chaussures, mais elles sont aujourd’hui trop entachées à mon goût…


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LES COMMENTAIRES (1)

Par Maxime
posté le 24 mai à 05:49
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Premièrement, le 2e étage n'est pas un entrepôt à chaussure, mais bien la continuité du magasin. Il est donc normal, pour un magasin qui a investi des dizaines de millier de dollars dans un local de pouvoir d'aggrandir. Comme le seul local qui était ''disponible'' était le 2e étage, ils l'ont pris. Oui c'est dommage pour le bar, mais c'est des choses qui arrivent.

Deuxièmement, la compagnie Crocs est, et a toujours été une compagnie AMÉRICAINE. Création Foam était québécois avant que la compagnie CROCS achète le matériau en 2002. Si ce n'avait pas été de ces américains, la compagnie n'aurait jamais été aussi florissante. De plus, si les inventeurs du produits voulaient absolument garder ca Québécois, ils n'avaient qu'à justement garde ca québécois en gardant l'entreprise.

Troisièmement, payer 20$ de l'heure pour fabriquer des chaussures ou payer 20$ par jour, le choix est pas trop difficile à prendre. Est-ce que quelqu'un chiale quand il s'achète du linge Louis Garneau et qu'il est fait en chine, au bangladesh ou au mexique?? Non, il préfère se pavaner dans ses chaussures salomon avec son manteau The North Face en parlant de Crocs comme s'il savait de quoi il parle quand, au fond, il n'en a aucune idée. Se faisant, je ne suis pas pour le transfert de production au mexique (oui oui, je dis transfert car lorsque l'usine a fermé ses portes en 2008, 8 autres usines existaient dans le monde et celle de Québec ne faisait que quelques pourcentages de 3-4 modèles sur une centaine que la gamme avait déjà à l'époque), mais il faut se rendre à l'évidence quand des entreprises responsables telles Mountain Equipment Coop vend des produits qui sont fait un peu partout dans le monde.

Il se fait un peu tard pour poster ce commentaire, mais il est dans ma nature de dénoncer les propos qui sont basés sur des émotions plutôt que sur des idées qui sont fondées hors du contexte de la ''frustration''.

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