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Fêtes et culture

Publié le 19 avril 2008 par Jfa

Sans retourner aux villes anciennes, au coeur de leurs fortifications, les évolutions contemporaines de la ville sont marquantes.

Dans les anciennes villes, les quartiers dotaient leurs habitants d’une identité forte, de leurs saints, de leurs fêtes, de leurs appartenances et des leurs liens sociaux. On en distingue encore les traces dans certaines fêtes et c’est resté vivace dans certaines grandes villes de l’Italie voisine. L’ancienne ville se centrait et se différenciait presqu’uniquement sur des productions, du travail localisé géographiquement.

L’explosion des mobilités, des transports en commun d’abord, puis de l’automobile, celle d’une urbanisation peu régulée, l’évolution des modes de production, … ont cassé ces anciennes sociabilités de quartier. Désormais, la grande ville explose entre différents archipels plus ou moins bien connectés entre eux, phénomène yechnocratiquement nommé “métropolisation”.

Conséquences de la mobilité, ce n’est plus la proximité des quartiers qui fonde la sociabilité. On n’a plus guère de culture ni de repères communs avec ses voisins de quartier, ni même avec ses voisins d’immeuble. Mobilité le permettant, on devient plus proche des gens avec lesquels on se découvre des affinités de tous ordres qu’avec nos voisins géographiques, y compris pour des manifestations populaires de masse. Internet redéploie encore davantage ces proximité, à l’échelle cette fois non plus d’un territoire élargi, mais d’un pays, voire du monde.

C’est une des raisons pour lesquelles, avec regret d’ailleurs, je ne crois pas à la renaissance d’anciennes fêtes locales, y compris fortement subventionnées. Leurs fonctions sociales initiales de refondation de l’identité commune, de catharsis des tensions entre voisins, sont irrémédiablement devenues inopérantes.

Alors certes, on peut toujours nommer ces évènements en référence à un quartier, ils n’auront plus rien à voir avec ce qu’ils étaient et devront donc prendre d’autres formes, concerner d’autres populations, et s’insérer, hélas, dans le spectacle tel que le définit Guy Debord.


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