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Sortir du pessimisme social ?

Publié le 20 avril 2008 par Edgar @edgarpoe
Pour moi c'est une question. Pour Gérard Grunberg, c'est une certitude : tout va très bien. J'avais lu un article de Grunberg après les municipales, qui m'avait déjà interpellé. Il réussissait l'exploit de conclure à un renforcement du bipartisme après les municipales, sans même écrire une fois le mot "abstention" (record pourtant sous la Vème). Il jetait également Bayrou aux oubliettes, alors que le score du Modem est bon là où il avait des candidats, et que l'acharnement de Sarkozy à planter Bayrou montre que Sarko ne s'y est pas trompé. Essayant de retrouver cet article, je suis tombé sur l'analyse du livre de Grunberg et Laïdi, "Sortir du pessimisme social". J'y retrouve toutes les idées qui font perdre la gauche d'aujourd'hui. Pour Laïdi et Grunberg, le pessimisme indû c'est "le rejet de la mondialisation, la méfiance vis à vis du projet européen ou encore la crainte des nouvelles technologies." Pour eux, la solution principale est là : "De fait, la critique sociale de l’État a basculé de gauche à droite. C’est aujourd’hui le néolibéralisme qui met en évidence les inégalités que l’État produit ou garantit, quitte, naturellement, à sous-estimer les inégalités de marché qu’il tend à naturaliser. On peut donc imaginer qu’une critique d’inspiration social-démocrate puisse mettre en évidence à la fois les inégalités de marché et celles générées par la protection statutaire de certaines catégories." Voilà comment la gauche doit s'aligner sur la position du courrier des lecteurs du Figaro pour dénoncer la protection statutaire de certaines catégories. Comme j'imagine qu'il ne s'agit pas de critiquer les golden parachutes, je pense que l'avenir de la gauche selon eux c'est de taper sur les enseignants, les cheminots et autres scandaleux privilégiés. Sarkozy fait ça très bien tout seul pourtant. Les deux auteurs, toujours pour suivre le résumé de leur ouvrage, dénonçaient les économistes institutionnalistes de gauche (Aglietta, Boyer, Amable), toujours trop prompts à souligner les fragilités du capitalisme américain. Je pense que sur ce sujet Laïdi et Grunberg n'ont pas à faire la leçon à qui que ce soit sur la force inébranlable du modèle américain. Les USA, s'ils continuent à jouer au chêne inébranlable s'engageant en Iran, risquent fort de faire rire les roseaux... Pour conclure, l'article rappelle que l'ouvrage  de Grunberg et Laïdi se terminait par un chapitre expliquant combien toutes ces idées modernes qui vont faire gagner la gauche optimiste (vive l'Europe, vive le marché, vive la mondialisation dérégulée) sont incarnées par Ségolène (CQFD). Tout faux donc. Je crois qu'en sens inverse la gauche gagnera si elle sait : 1. être inflexible sur le fait que les fondements de la société ne sont pas régis par le droit des contrats, et que donc la puissance publique peut décider de faire de secteurs comme la santé, l'éducation, les transports, l'énergie, des secteurs partiellement ou complètement publics (malheureux d'en arriver là), 2. refuser l'Europe qui ne sert qu'à imposer le marché partout, dans l'ensemble des relations sociales, 3. considérer que les pays en développement ne sont pas nos ennemis mais nos alliés dans le combat pour un monde ouvert mais régulé. En attendant, il n'y a pas de raisons aujourd'hui d'être particulièrement optimistes... (j'espère pour mon ami écryvain renouer ainsi avec une veine plus posée, quoique plus fatiguante...)

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