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Juan, j'ai toujours peur

Publié le 20 avril 2008 par Nicolas J
Certains blogueurs politiques ont pété une durit. Commençons par Peuples. Il a décidé de se marier. Ca montre une confiance dans l’avenir que semble partager Sarkofrance : « Un an après ce funeste 6 mai, je n’ai plus de haine. Nicolas Sarkozy m’amuse. Je ne cache pas ma désapprobation de sa politique. Je ne cache pas non plus ma surprise. Un échec en rase campagne aussi rapide et incompréhensible. J’avais peur, il y a un an. »
Je n’ai jamais eu de haine mais j’ai toujours autant peur. Peur parce que la politique menée est complètement confuse, n’est dictée par aucune ligne visible hormis la communication. Peur parce qu’aucune mesure prise ne semble aller dans le bon sens. Peur parce que les singeries bling bling ont cessé en apparence et parce que les Français vont oublier.
L’oubli ! J’ai surtout eu deux belles peurs en trois jours devant ces Français qui oublient.
La deuxième fois c’était hier soir avec mon copain Serge. Serge est ouvrier dans le Centre Bretagne (je ne précise pas ça par mépris, juste pour montrer qu’il est aux antipodes de mes fréquentations habituels). Nous étions en semble en classe il y longtemps. Très longtemps. Environ 35 ans. Nous passons une soirée ensemble tous les deux mois environ.
Hier, il me dit « Toi, Nico, qui fais de la politique avec ton blog, t’en penses quoi : j’ai deux collègues entre 25 et 30 ans qui ne lisent jamais le journal, ne sont jamais au courant de rien. C’est moi qui suis obligé de les mettre au courant des bricoles qui les concerne. L’autre jour, un des deux, qui a trois enfants, n’avaient pas entendu parler de la suppression de la carte Famille Nombreuse… et surtout m’a avoué qu’il ne savait pas ce qu’était cette carte ? ».
Ouais…
La première fois, c’était vendredi pendant le repas avec 3 collègues (2 femmes, 1 hommes), avec mes 41 ans (j’en profite, le 23/04, j’en prends un de plus), j’étais le plus jeune. Le plus vieux à 43. Tous cadres.
Nous devisions de choses et d’autres quand une collègue me dit « jusque là, ça allait encore la politique du gouvernent, aux moins ils ont fait les trucs qu’ils avaient annoncé, mais là c’est très mauvais depuis quelques jours, au niveau économique, c’est notre portefeuille qui trinque trop ».
Me voilà réjoui ! Néanmoins, j’en rajoute : « oui, mais ils cherchent à récupérer le pognon qu’ils ont dépensé cet été avec les mesures que tu jugeais bonnes, celle du fameux paquet fiscal ».
Une autre collègue. Cadre. 42 ans. Deux enfants. : « Ah ? C’est quoi le paquet fiscal ? ».
Ca, ça me fait peur !

La discussion s’est poursuivie, je vous en narre deux ou trois extraits bien que l’heure de l’apéro approche.
Nous avons étudié ensemble, chacun des éléments du paquet fiscal (ou du moins ceux importants). Pour chacun, ils étaient persuadés du bien fondé, mais ont changé d’avis pour la plupart au cours de la discussion.
Ils étaient victimes de la communication gouvernementale mais sont maintenant victimes de mon bon sens…
Ensuite, la conversation a dévié sur les effectifs scolaires. Ma collègue (la première que je cite) : « C’est normal qu’ils diminuent le nombre de profs, le nombre d’élèves diminue ». Moi : « Non, il ne diminue pas ». Elles : « Si, c’est le ministre qui l’a dit à la télé ».
Une fois le repas terminé, je me suis précipité sur google. En moins de trente secondes, j’ai trouvé une information (sur un site gouvernemental, en plus) montrant que j’avais raison, je l’ai communiquée à mes collègues. Un beau document avec le logo « République Française, Ministère de l’Education Nationale ». Ils sont tombés sur le cul.
Voilà, les Français sont victimes d’un mensonge permanent. Enfin ! Ceux qui s’intéressent un peu à l’actualité.
Les vigilants ont encore du boulot.
Et ça me fait peur.
(illustration)

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